Envoyé par shehzad (suite)
Une très grande majorité de palestiniens a aujourd’hui admis
l’existence de l’Etat d’Israel, Arafat avait reconnu Israel depuis
très longtemps, mais les choses sont coincées ici : l’occupation, les
colonies, la question du droit au retour des réfugiés…
Coté israelien, ce qui bloque toute avancée, notamment la question du
droit au retour des réfugiés, c’est la peur que l’Etat d’Israel a de
la démographie arabe (voir premier carnet de voyage). Les arabes,
culturellement, ont de nombreux enfants par famille. Et les
sionistes, qui veulent un Etat 100% juif, ont peur d’être demain
noyés sous le nombre d’arabes.
Actuellement, à Ramallah, c’est calme, accueillant, et agréable pour
celui qui passe quelques jours ici. Si on fait abstraction des check
points sur les routes et des soldats armés un peu partout. Nous avons
surtout discuté pour comprendre les choses. Pour l’instant, nous
n’avons assisté à aucune incursion de l’armée israelienne à Ramallah.
Mais il y en a très souvent, des français que nous croisons qui
habitent ici nous en ont parlé : fréquemment, des jeeps, des tanks,
des hélicoptères de l’armée israelienne rentrent à Ramallah pour
arrêter ou exécuter des leaders politiques palestiniens. L’armée
boucle tout un quartier, et les soldats palestiniens, prévenus à
l’avance, n’ont pas intérêt à s’en mêler sinon ils deviendront cibles
à leur tour. Dans ce genre d’incursions, selon des amis français
d’ici, les « dommages collatéraux » peuvent être nombreux : les
victimes civiles sont fréquentes, l’armée israelienne agit
brutalement, comme elle l’a fait au Liban l’été dernier.
Pour conclure ces lignes (j’ai été un peu long, pardon), je voudrais
juste dire que les palestiniens avec qui nous avons discuté sont
parmi les gens les plus intéressants et parmi les plus « humains »
que nous avons croisés, toutes cultures confondues. Au-delà de toutes
les différences culturelles, au final bien moins grandes que ce que
je pensais avant de venir ici il y a deux ans, nous avons partagé,
tout simplement. Je n’ai jamais trouvé qu’il y avait un fossé entre
nos amis de Ramallah et nous. Nous avons tout de suite eu les mêmes
envies d’aller sortir nous poser quelque part ou boire un coup
ensemble, tout s’est fait naturellement.
Il y a une chose stupéfiante : nos amis veulent toujours tout nous
payer ici, je n’ai jamais vu ça ailleurs.
Aujourd’hui, nous partons vers Bethléem, et demain à Hébron, deux
villes chargées d’Histoire, des amis de nos amis nous y attendent.
Vincent et Fred |