La pizza de Bagdad


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Vieux 30/11/2003, 23h07
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Avant la chute de Saddam Hussein, Salam Pax, le célèbre "blogueur de Badgad", avait l'habitude d'emmener les journalistes occidentaux dont il était le traducteur manger "une pizza à 6 000 dinars" pour se plaindre ensuite sur la Toile de l'inflation galopante provoquée par leur présence dans la ville : "Savez-vous combien coûtait une pizza avant ? L'équivalent d'un dollar US.




Aujourd'hui, c'est six fois plus cher." Depuis l'entrée des troupes américaines dans Bagdad, quelques nouvelles pizzerias ont vu le jour pour devenir immédiatement les cantines attitrées de tout ce que cette ville compte désormais d'humanitaires, de personnels expatriés, de journalistes de passage et de militaires en goguette. Ces lieux quelque peu surréalistes font l'objet de recensions dans la presse anglo-saxonne.

Ainsi, dans les pages voyage du magazine Time, à côté d'un article sur les suites présidentielles des hôtels les plus prestigieux du monde, on découvre une étude comparative des trois pizzerias de Bagdad : Al-Sa'ah, Al-Ferdan et Napoli. Dans la première, on peut déguster de "larges pizzas couvertes de fromage" (2,50 dollars) mais manquant de sauce tomate, selon les GI de passage. Dans la deuxième, Al-Ferdan, où les prix sont plus élevés (5 dollars, incluant un Coca), les pizzas ont l'avantage d'être "plus croustillantes et plus fraîches".

Mais c'est certainement le patron du Napoli, Walid Mahmoud, un Irakien qui a fait ses classes dans une pizzeria romaine, qui remporte la palme de la meilleure pizza à Bagdad. Des ingrédients toujours frais, du fromage local et, surtout, ses excellentes épices sont le secret de son succès. Selon le Wall Street Journal, M. Mahmoud vendrait, les "meilleurs jours", à savoir sans trop d'attaques terroristes, jusqu'à deux cents de ses succulentes pizzas. "Grâce à Walid Mahmoud, les GI à Bagdad peuvent manger comme à la maison" titre de son côté l'agence Associated Press dans une dépêche consacrée à la pizzeria Napoli. Son propriétaire y exprime néanmoins les craintes de voir ses principaux clients bientôt plier bagage et il n'est pas certain que ses compatriotes aient suffisamment acquis le goût de la pizza pour qu'il puisse pérenniser son commerce.

C'est en lisant le blogue du mystérieux "Captain L", un officier américain qui témoigne sous ce pseudonyme de la vie quotidienne à Bagdad, que l'on découvre l'ambiance d'une de ces "soirées pizza" si prisées à Bagdad. "Sachant que j'allais avoir une pizza du Napoli, je n'ai pratiquement rien mangé de la journée", écrit-il. Il en déguste plusieurs, au fromage, à la saucisse de bœuf et aux légumes, en compagnie d'un ingénieur sud-africain, d'un employé d'une entreprise de sécurité et de deux membres du département d'Etat américain, en sirotant des canettes de bière fraîches. Un pur moment de bonheur, quelque peu perturbé par le bruit des hélicoptères qui survolent la ville et les rafales d'armes automatiques. "Tout en mastiquant nos pizzas, nous nous amusions à reconnaître le bruit, d'un canon de 50, d'un M16 ou d'un lance-grenades."

La pizza, dit-on, fut le premier plat mondialisé. Et Bagdad en témoigne, avec ses trois pizzerias où les étrangers peuvent trouver un semblant de paix et de normalité dans une ville de plus en plus dangereuse. "C'est l'endroit idéal pour échapper au chaos et aux carnages quotidiens", écrit un journaliste américain. En revanche, pas une ligne dans la presse française sur leur existence. Sujet trop "léger" ou trop peu représentatif de la réalité irakienne ? Souvent accusés de ne voir que le mauvais côté des choses, les journalistes français sont peut-être aussi hantés par la polémique provoquée en 1999 lors du conflit au Kosovo par la "Lettre d'un voyageur au président de la République" de Régis Debray. Il y écrivait au moment même où les preuves des exactions commises par les forces serbes s'accumulaient qu'à "Pristina, où vivent encore des dizaines de milliers de Kossovars, on peut déjeuner dans des pizzerias albanaises, en compagnie d'Albanais". Cette phrase, et a fortiori cette pizzeria-là, ont été, pour nombre de journalistes, difficiles à avaler.

LEMONDE.FR | 28.11.03

Alexandre Lévy

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  #2  
Vieux 01/12/2003, 02h35
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nimmpoooorrrteuuuuukkkoiii!!!
mais kes ta bien pu vouloir dire?
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  #3  
Vieux 01/12/2003, 04h15
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Par défaut La pizza de Bagdad

Citation:
celsoufre a écrit*:
nimmpoooorrrteuuuuukkkoiii!!!
mais kes ta bien pu vouloir dire?

tu vois bien que c'est un article..
ce n'est pas alkhansa
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