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Répondant à l'invitation des promoteurs du Pacte de Genève pour le Moyen-Orient et à celle des autorités suisses, S.M. le Roi Mohammed VI a désigné son Conseiller, M. André Azoulay, pour représenter le Maroc aux différentes manifestations qui sont organisées ce lundi 1er décembre à Genève à l'occasion du lancement du nouveau plan de paix mis au point par le Palestinien Yasser Abed Rabbo et l'Israélien Yossi Beilin, tous deux anciens négociateurs des accords d'Oslo. La présence du Royaume du Maroc dans la capitale helvétique, transformée aujourd'hui en capitale du monde, sur laquelle sont projetés les espoirs de la communauté internationale, s'inscrit en effet dans le cadre des efforts qu'il n'a cessé de déployer depuis plus de trente cinq ans en faveur d'une paix juste et durable au Moyen-Orient. Le Conseiller de S.M. le Roi participera à toutes les cérémonies qui réunissent quelque 1.000 personnalités du monde entier dont Jimmy Carter, ancien Président des Etats-Unis. Ces cérémonies marqueront , selon les organisateurs, «le début d'une campagne de la société civile internationale en faveur de la paix entre Palestiniens et Israéliens». Ce plan, élaboré et négocié en détail par des groupes d'experts palestiniens et israéliens, constitue en effet un document unique en son genre qui prendra date dans l'histoire du conflit. Il en dresse l'inventaire étape par étape et aborde tous les problèmes sous tous les angles, passant au crible les questions les plus sensibles et les tabous ayant constitué jusqu'ici de sérieux blocages. Le Plan de paix ou Pacte de Genève, quand bien même il resterait un document indicatif – et, somme toute, non officiel, aura raison cependant de l'ensemble des difficultés rencontrées jusqu'ici pour la mise en œuvre d'une paix globale et définitive. L'hebdomadaire parisien Jeune Afrique le qualifie du «plus complet et le plus consensuel jamais émis». En chargeant M. Azoulay de représenter le Maroc à Genève, S.M. le Roi Mohammed VI confirme de nouveau le rôle que notre pays ne cesse de jouer en faveur de la paix au Moyen-Orient. La présence et la participation du Maroc symbolisent également une reconnaissance des efforts qu'il a déployés depuis quatre décennies pour créer et favoriser un dialogue responsable entre les deux peuples, palestinien et israélien. C'est à Rabat, lors du premier Sommet panarabe convoqué par feu S.M. Hassan II en 1974, que l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) avait été officiellement reconnue comme représentant officiel du peuple palestinien. La même année, Yasser Arafat, reconnu lui aussi comme seul leader, avait été reçu triomphalement à l'ONU et entama un parcours du combattant officiel, respecté , soutenu et parfois admiré. Feu S.M. Hassan II avait été aussi l'initiateur, d'abord discret ensuite officiel, des tout premiers contacts entre Israéliens et Palestiniens. La diplomatie marocaine, de l'avis même de beaucoup d'observateurs, avait fait de la question israélo-palestinienne, et donc de la paix au Moyen-Orient, l'une de ses principales causes à défendre. Les émissaires des deux parties en conflit , officieux ou officiels, mais aussi tous ceux qui se trouvaient impliqués par ce problème, n'avaient de cesse de se rendre à Rabat et d'y recueillir les avis et les conseils du Roi du Maroc, feu S.M. Hassan II, qui était devenu l'artisan de la paix au courage admiré. Visionnaire et messager de la paix, il préconisait le dialogue et la concertation, prenait sur lui de secouer les frilosités des uns et des autres et mettait en œuvre une seule et unique méthode : la négociation responsable, juste et légale. Après Nahum Goldmann, ancien président du Conseil mondial juif, le Souverain défunt avait reçu également, quelques années plus tard, en 1983 à Ifrane, Shimon Peres, venu au Maroc plus d'une fois d'ailleurs. Avant que les Etats-Unis ne prennent le relais et marquent leur intérêt croissant pour la région, le Maroc ne s'est jamais départi de ce qu'il considère comme une mission de paix. Henry Kissinger, ancien secrétaire d'Etat, avait fait le voyage à Rabat et s'était entretenu avec feu S.M. Hassan II. Il sera suivi par plusieurs autres émissaires américains, égyptiens, arabes et européens. "Croire en Genève, soutenir Genève", le Maroc se sent d'autant plus impliqué que S.M. le Roi Mohammed VI a hérité aussi de ce dossier dont son auguste père faisait l'une des pierres angulaires de notre politique étrangère. Depuis son accession au Trône, il y a maintenant quatre ans, il n'a ménagé aucun effort pour parachever la mission historique de paix. Il a reçu les responsables israéliens, notamment les chefs de la diplomatie, souligné à chaque fois, dans ses discours comme dans ses messages, la volonté du Maroc de contribuer à l'instauration d'une paix globale, juste et durable. Le Matin |