Massacres du peuple Afghans par les talibans


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Vieux 13/09/2007, 16h38
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LA VERITE SUR LES TALIBANS ET BEN LADEN

Qui sont les talibans ?

Les talibans, mot qui signifie « étudiants » en arabe, sont un mouvement armé, créé au début des années 1990, composé de moudjahidin pachtounes démobilisés, de jeunes réfugiés afghans et de Pakistanais défavorisés endoctrinés dans un réseau d'écoles coraniques (madrasas) établies le long de la frontière afghane. Financées par l'Arabie Saoudite, ces écoles coraniques dispensaient à leurs jeunes disciples un islam obscur et primaire, inspiré des principes les plus durs de la charia, loi canonique islamique. Également formés pour la guerre, ces jeunes « théologiens », dont la majorité était d'origine ethnique pachtoune, ont rallié par milliers les troupes de mollah Omar, leur chef, qu'ils ont élevé au rang de demi-dieu.

Qui est leur chef ?

Chef suprême des talibans depuis 1996, Amir-ul-Mumineen Mollah Mohammad Omar Muhadjid, dit mollah Omar, a établi le siège de son gouvernement dans la ville de Kandahar. Presque jamais filmé ni même photographié, il a été vu par très peu de gens. Mollah Omar serait marié à trois femmes et père de cinq enfants. Issu d'une famille de paysans pachtounes, il serait né vers 1959, dans le village afghan de Nodeh. Obligé de se réfugier avec sa famille au Pakistan sous l'occupation soviétique, c'est là qu'il aurait été endoctriné par le djihad. Son charisme et ses prouesses militaires lui vaudront par la suite la plus haute estime de ses compatriotes talibans, qui feront de lui leur chef spirituel et politique.

Pendant son « règne », mollah Omar vivait officiellement dans la ville de Kandahar, dans un bunker construit et payé par le milliardaire terroriste saoudien, Oussama ben Laden. Ce dernier serait d'ailleurs marié en sixièmes noces à l'une des sœurs de mollah Omar. Ces derniers temps, des sources affirment que le mollah Omar aurait quitté Kandahar pour échapper à l'avancée des forces de l'Alliance du Nord et des bombardements américains.



Ainsi, toute parole du mollah Omar avait force de loi. Et c'est avec un zèle fanatique que les talibans veillaient à ce que la population afghane se plie de gré ou de force à tous les interdits et devoirs religieux que décrétait le mollah Omar. On ne compte plus, dans les rues des villes d'Afghanistan, les exécutions publiques, les lapidations, les mutilations de toutes sortes et les flagellations. Vivre en Afghanistan était déjà périlleux sous le régime soviétique; sous les talibans, c'était un enfer.


Un retour au Moyen Âge

Le 27 février 1998, une foule de 30 000 hommes et adolescents a été rassemblée dans un stade de Kaboul pour assister à la flagellation d'une jeune femme, coupable d'avoir marché dans la rue avec un homme qui n'était pas de sa famille. Si elle avait été mariée au moment de son « crime », on l'aurait lapidée à mort plutôt que fouettée. Également au programme, l'amputation de la main droite de deux hommes accusés de vol.


Quel était leur but ?

Profitant du vide idéologique laissé par la guerre civile qui a succédé au départ des Soviétiques, les talibans se sont donné comme mission de pacifier l'Afghanistan et d'y rétablir l'ordre et la morale. Une morale en tout point conforme aux principes de la charia, la loi islamique. Porteurs d'une idéologie forte et astreints à des principes moraux très stricts, les talibans ont rapidement gagné la sympathie des populations souvent opprimées et rançonnées par les bandes de moudjahidin qui se disputaient le contrôle du pays. On voyait alors en mollah Omar un réunificateur puissant. Une perception qui n'a guère duré.

Une conquête commandée à distance

Sur les plans politique et stratégique, toutefois, le règne des talibans ressemblait plus à une prise de contrôle du territoire afghan par le Pakistan qu'à une quelconque croisade unificatrice. En effet soucieux d'étendre son influence en Asie centrale et de régler à son avantage l'épineuse question de la ligne Durand — frontière tracée par les Britanniques en 1919 entre les deux pays —, le Pakistan a profité du chaos en Afghanistan pour y instaurer, par l'entremise des talibans, un régime fidèle à ses intérêts.

Comme le Pakistan ne pouvait directement envahir l'Afghanistan sans déclencher une crise majeure dans la région, il a trouvé dans les milliers de réfugiés afghans qui s'entassaient à sa frontière la clé qu'il lui fallait pour entrer chez son voisin. Pourquoi, en effet, ne pas confier à des Afghans la tâche de conquérir l'Afghanistan ? Les talibans étaient nés.

Une question d'influence

Endoctrinés dans les écoles coraniques (madrasas) et lourdement armés par les services secrets pakistanais, ces jeunes qu'on envoyait à la conquête de leur propre pays allaient en fait offrir au Pakistan, sur un plateau d'argent, un accès à l'Asie centrale qui lui permettrait d'étendre son influence idéologique et militaire jusqu'aux portes des ex-républiques russes et au Nord de l'Iran. De plus, en satellisant l'Afghanistan, le Pakistan — une puissance nucléaire — trouvait dans le régime taliban un allié important dans sa lutte de plusieurs années contre l'Inde, au Cachemire.

Quant aux talibans, ils trouvaient également leur compte dans cette opération puisque, en plus d'obtenir le contrôle des deux tiers du pays, ils pouvaient alors étendre à l'ensemble du territoire afghan la domination des Pachtounes (patrie des talibans) face aux autres ethnies qui composent la population afghane. Les Pachtounes, qui parlent une langue indo-iranienne, le pachto, tentent en effet depuis longtemps d'imposer leur langue aux autres ethnies, qui elles parlent majoritairement le dari (persan), langue véhiculaire de l'Afghanistan.

« En faisant éclater le pays selon les lignes de partage ethniques et religieuses, la guerre civile a réduit à néant cette tradition de tolérance. Alors qu'il avait été un facteur d'unité, l'islam est devenu une arme mortelle entre les mains d'extrémistes, une force de division et de fragmentation. »

Ahmed Rashid, « Les talibans au cœur de la déstabilisation régionale »
Le Monde diplomatique, novembre 1999



Et les Saoudiens dans tout cela ?

Pour les Saoudiens, les talibans étaient, grâce aux écoles coraniques qu'ils financent au Pakistan et en Afghanistan, un puissant vecteur de propagation en Asie centrale de la doctrine orthodoxe wahhabite, ligne idéologique des émirs saoudiens prônant un islam fondamental et rigoriste. De plus, les talibans étant majoritairement sunnites — tout comme les Saoudiens — ils maintenaient une pression constante sur leurs voisins chiites iraniens qui, comme par hasard, sont de farouches opposants de la monarchie saoudienne.


Washington, toujours à l'affût de bonnes affaires

Les États-Unis, qui ont soutenu les talibans jusqu'en 1997, voyaient dans cette milice religieuse un allié qui leur permettrait d'obtenir les droits de passage et les contrats liés à la construction, par la compagnie Unocal, d'un important oléoduc reliant l'Asie centrale et le Pakistan via le territoire de l'Afghanistan. De plus, la haine farouche que vouent les talibans aux Iraniens servait également assez bien les intérêts stratégiques de Washington dans la région.

Mais après les attentats à la bombe contre les ambassades américaines du Kenya et de Tanzanie, en août 1998, par les hommes d'Oussama ben Laden, Washington s'est distancié du Pakistan et des talibans, qui refusent catégoriquement de livrer le milliardaire terroriste à la justice occidentale. À la suite des attentats du 11 septembre 2001, menés contre les tours du World Trade Center et le Pentagone, Oussama ben Laden et les talibans sont devenus les ennemis jurés de l'Amérique.


Source:
http://www.radio-canada.ca/nouvelles...n/taliban.html



Leurs assises économiques

Pour mener une campagne militaire comme l'ont fait les talibans et se maintenir ensuite au pouvoir malgré une économie nationale totalement improductive et autarcique, les talibans ont eu besoin de beaucoup d'argent. Comment finançaient-ils leurs opérations ?

Tout d'abord, bien que la production de pavot en Afghanistan ait été officiellement réduite à néant par les talibans (le pays fournissait auparavant 75 % de la production mondiale d'héroïne et d'opium), les talibans tiraient tout de même des redevances substantielles (impôt de 20 %) sur la drogue et les produits de contrebande qui transitaient par leur territoire. À ces redevances s'ajoutait un financement occulte considérable en provenance des États amis des talibans.

Par ailleurs, les troupes de l'Alliance du Nord percevaient, elles aussi, des redevances sur les cargaisons de drogue transitant par leur territoire.

Des amis bienveillants

Bien que le Pakistan ait nié toute implication dans le régime des talibans, selon l'auteur et journaliste Ahmed Rashid*, Islamabad aurait fourni, seulement entre 1997 et 1998, une aide de plus de 30 millions de dollars aux talibans. Une somme qui comprend des chargements de céréales, mais aussi de l'armement, des munitions, des pièces de rechange pour les blindés, etc. De bonnes réserves de carburants de toutes sortes étaient également fournies aux talibans par l'Arabie Saoudite, qui finançait aussi les écoles coraniques (madrasas) de la région.
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Oussama ben Laden

Le milliardaire saoudien Oussama ben Laden, marié à l'une des sœurs de mollah Omar, fut également une source importante de financement et de soutien pour le régime des talibans par le biais de son organisation terroriste, Al-Qaïda. Cet homme, désormais ennemi juré du monde libre, utilise depuis des années son immense fortune pour financer les opérations terroristes du djihad islamique dans le monde entier grâce à un réseau criminel complexe et structuré (Al-Qaïda). À tout cela s'ajoutait le trésor de guerre des talibans, amassé au fil de leurs conquêtes. L'économie nationale étant pratiquement absente, ironiquement, le seul secteur économique en expansion en Afghanistan était la fabrication de membres artificiels en raison des millions de mines antipersonnel qui jonchent le sol du pays.

*« Qui sont les bourreaux talibans ? », Courrier international, 22-03-2001, Numéro 542

Leurs adversaires :
le général Massoud et l'Alliance du Nord

Parmi les principaux adversaires des talibans, on retrouvait, dans la partie nord-est du pays, les troupes de l'Alliance du Nord, qui ont livré pendant des années une guerre désespérée aux talibans. Composée d'anciens moudjahidin, de Tadjiks et d'anciens sympathisants du gouvernement Rabanni, cette coalition de résistants a longtemps été le seul rempart pour empêcher les talibans de s'emparer de l'ensemble du territoire afghan. Considérée par beaucoup d'Afghans comme une milice de criminels de guerre, l'Alliance du Nord s'est tout de même juré de combattre les talibans par tous les moyens et de leur reprendre mètre par mètre le territoire conquis. Ce qu'ils ont fait à l'automne 2001, avec l'assistance des Américains et des Britanniques.

« Les talibans et le Pakistan veulent nous vaincre. Mais nous les attaquons en plusieurs endroits, au nord, à l'ouest, à l'est et au centre. Ils ne peuvent concentrer leurs forces sur un front. Le combat continue partout. »

Général Ahmad Shah Massoud, assassiné le 9 septembre 2001



Majoritairement composée de Tadjiks, l'Alliance du Nord regroupait aussi plusieurs factions combattantes ouzbèques et hazaras, qui avaient uni leurs forces sous l'égide du général Massoud, chef et symbole charismatique de la résistance, pour combattre les talibans.

Des femmes afghanes ont même été vues, fusil à la main, combattant aux côtés des hommes de l'Alliance. Mais, en dépit des efforts et des sacrifices de son armée pour renverser les talibans, le général Massoud n'entrevoyait la paix en Afghanistan qu'avec des pressions sérieuses, voire des sanctions prises par la communauté internationale à l'égard du Pakistan, qui soutenait les talibans et attisait la guerre dans la région. L'histoire lui donna raison, peu de temps après sa mort, avec l'arrivée des forces américaines et britanniques en Afghanistan venues mettre un terme au régime des talibans et capturer Oussama ben Laden.

Pour leur part, les pays limitrophes, dont les anciennes républiques soviétiques ainsi que l'Inde, la Chine et l'Iran, étaient particulièrement inquiets devant la propagation, en Asie centrale, de l'idéologie des talibans. C'est pourquoi certains d'entre eux sont venus en aide massivement aux troupes de l'Alliance du Nord en leur fournissant asile et soutien technique.

Le lion du Panjshir

Décédé le 9 septembre 2001, à l'âge de 47 ans, à la suite d'un attentat, Ahmad Shah Massoud était l'une des figures légendaires de l'histoire militaire afghane. Surnommé le « lion du Panjshir », sa région natale, il était l'un des tacticiens militaires les plus redoutables d'Afghanistan.

De nationalité tadjike, le général Massoud a d'abord combattu l'armée soviétique avant de croiser le fer avec les fondamentalistes afghans, et même avec l'armée pakistanaise, au cours de la guerre civile qui a suivi le retrait des Soviétiques, en 1989. Avant la prise de Kaboul par les talibans, Massoud occupait le poste de ministre de la Défense au sein du gouvernement du président Rabbani.

Seul homme à avoir réussi à stopper l'avance des talibans, le général Massoud et son armée, l'Alliance du Nord, ont mené aux talibans une lutte féroce que Massoud finançait à partir des mines d'émeraudes de sa vallée natale du Panjshir.

Le 9 septembre 2001, le général Massoud a été victime d'un attentat mené par des tueurs déguisés en équipe de télévision marocaine. La caméra, piégée, aurait explosé dans le bureau du général. La perte soudaine de leur chef charismatique a profondément déprimé les partisans de Massoud, mais l'appui des forces militaires américaines et britanniques dans la conquête contre les talibans a vite fait de ranimer la ferveur des combattants de l'Alliance du Nord, qui faisaient leur entrée dans Kaboul deux mois à peine après la mort de leur regretté chef.

Sunnites, chiites ou wahhabites ?

Tout comme la chrétienté, l'islam a connu au cours des siècles des conflits idéologiques et des schismes qui ont engendré plusieurs « familles » de musulmans. En voici quelques-unes :

Les sunnites

Constituant la grande majorité de la communauté musulmane (près de 90 %), les sunnites sont considérés comme des orthodoxes par rapport aux autres branches de l'islam, notamment les chiites. Chez les sunnites, on estime qu'il était légitime que les successeurs de Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) (fondateur de l'église musulmane) émanent de la descendance des quatre premiers califes de l'islam (Abou Bark, Omar, Othman et Ali). Les successeurs du prophète Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) sont désignés par investiture ou élection, et non selon les règles de la descendance.

Pour les sunnites, il est possible, donc, d'obéir à un chef religieux institué, en autant que ce dernier ne commande rien de contraire aux lois du Coran. En outre, le sunnisme ne tolère aucun mysticisme et ne possède aucun sacrement ni aucune organisation rappelant un quelconque clergé.

Les chiites

Représentant environ 10 % des musulmans, les chiites se distinguent des sunnites par des caractéristiques plus politiques que religieuses. En effet, chez les chiites, on refuse de reconnaître la légitimité de trois des quatre califes reconnus par les sunnites comme successeurs de Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui). Pour les chiites, la succession du Prophète à la tête de l'Église musulmane ne pouvait être confiée qu'aux descendants du calife Ali, époux de Fatima, fille de Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui).

Suivant cette ligne de pensée, tout principe d'élection ou d'investiture visant à désigner un successeur autre qu'un descendant de la fille du Prophète est rejeté. Plus mystiques que les sunnites, les chiites vouent un culte très fort à Fatima; l'image de sa main constitue un objet de protection divine. Les chiites croient également en la venue de « l'imam caché », rédempteur de la fin des temps.

Les wahhabites

Le wahhabisme est un mouvement religieux réformateur, d'allégeance sunnite, qui a vu le jour en Arabie, au XVIIIe siècle. Fondé par Muhammad Abd al-Wahhâb, ce mouvement vise à épurer l'islam de toute pratique jugée déviante ou innovatrice. Se basant sur une interprétation littérale de la charia (loi coranique), les wahhabites réprouvent notamment les philosophes, les soufis et les chiites, qu'ils accusent d'avoir introduit des changements néfastes dans la pratique de l'islam. C'est en l'honneur du wahhabisme et de ses principes que Saoud créa le royaume d'Arabie Saoudite, en 1932.

La charia, ses effets... ses victimes

Pour les talibans, tout ce qui représentait de près ou de loin le mode de vie ou la pensée occidentale était perçu comme une source de perversion engendrant le chaos. C'est pourquoi les talibans, dans un effort aveugle de retour aux sources et de réforme, ont fait de la charia l'ultime référence en matière de justice et de vie religieuse, politique et sociale.

Soucieux d'anéantir toute aspiration au progrès ou à des idéaux démocratiques, les talibans ont détruit, dès leur arrivée, tous les livres jugés subversifs et avec eux tous les trésors des musées. Les fêtes traditionnelles ont également été bannies. Toutes les photos, les bandes vidéo, les téléviseurs, les films et la musique non religieuse ont également été interdits. Après, ce fut le tour des jouets, des cerfs-volants, des poupées et des animaux en peluche. Exemple probant du délire autoritaire des talibans, des objets aussi inoffensifs que les bas blancs et les sacs de papier étaient interdits... on ne sait trop pourquoi.

« Un médecin a été arrêté et battu toute une nuit par les talibans. Son crime : avoir soigné une femme afghane. »

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Les femmes et les enfants

Sur le plan humain, le régime des talibans a été une véritable catastrophe, en particulier pour les femmes et les enfants, victimes faibles et silencieuses de la folie intégriste des maîtres de Kaboul. En effet, en 1997, les femmes afghanes ont vu s'abattre sur elles une pluie d'interdits et de règles ségrégationnistes destinés à les priver de toute liberté et de toute influence dans la société.

« La situation des veuves est particulièrement lamentable. Elles sont plus de 60 000, vivant avec 200 000 enfants. Elles n'ont pas le droit de travailler et ne reçoivent aucune aide du gouvernement taliban. »

Extrait d'une audition parlementaire sur la situation des femmes en Afghanistan, novembre 1998, Assemblée nationale


Pratiquement tout était interdit aux femmes. À commencer par le maquillage, les souliers à talons, les chevilles découvertes et même les éclats de rire. À cela s'ajoutait l'interdiction de travailler à l'extérieur de la maison, d'aller à l'école (90 % des Afghanes sont illettrées) et de sortir dans la rue sans être accompagnée d'un membre masculin de la famille. On les obligeait également à porter le burqua. Véritable prison de tissu, ce voile recouvre tout le corps de la tête aux pieds et ne laisse qu'un grillage de tissu brodé à la hauteur des yeux, pour la vue.



« De par sa nature même, la femme est un être faible et vulnérable à la tentation. Si on la laisse sortir de chez elle, hors de la surveillance des proches, elle aura vite fait de se laisser entraîner sur la voie du péché par des hommes qui ne recherchent que leur plaisir. »
Mollah Omar, chef des talibans


Ce voile donnait aux femmes des allures de fantômes errant dans les rues. Avant l'arrivée des talibans, la fonction publique afghane était composée à 70 % de femmes. Quarante pour cent des médecins étaient également des femmes.


Une catastrophe imposée

Toutes ces mesures étaient appliquées et contrôlées par une police religieuse inquisitrice et brutale dont les châtiments particulièrement horribles (mutilations, pendaisons, bastonnades et flagellations) gardaient la population dans un état de terreur perpétuel. La répression à l'égard du peuple était impitoyable. Personne ne se voyait épargné, pas même les enfants, dont 25 % mouraient avant l'âge de cinq ans, faute de soins, de nourriture et de vêtements chauds.

« Le 14 octobre 1996, une fillette de dix ans est condamnée à l'amputation de ses doigts pour avoir porté du vernis à ongle. »
Médecins du monde


La loi des talibans

Extrait de : Les seize commandements des talibans, traduits et publiés dans « Les Nouvelles d'Afghanistan », 1997.

- Les femmes qui sortent de chez elles doivent porter le burqua sous peine de se voir, elles et leurs maris, battus ou tués.

- Les femmes ne doivent plus travailler.

- Toutes les écoles pour filles et femmes sont fermées. Les filles ne peuvent obtenir qu'une éducation religieuse, jusqu'à 9 ans seulement.

- Aucune femme ne doit marcher dans la rue sans être accompagnée d'un membre masculin de sa famille.

- Les personnes coupables d'adultère seront lapidées à mort.

- Les auteurs d'homicides seront punis par la famille des victimes.

- Les voleurs auront la main droite amputée, parfois après l'avoir plongée dans l'eau bouillante.

- Les hommes doivent porter la barbe et se raser le pubis sous peine d'emprisonnement (on contrôle souvent ce règlement en public).

- Les oiseaux ne doivent pas être gardés en cage.

- Les tribunaux religieux ont la priorité sur toute autre instance au pays.


- Les changeurs n'ont pas le droit de changer de petites coupures contre des grosses.


- Les médecins ne doivent pas soigner les femmes, peu importe leur état, et ils sont tenus d'exécuter des amputations en public si la justice le requiert.


- Les relations sexuelles hors mariage sont punies par la flagellation en public.


Les principaux interdits

- Tous les vêtements, bijoux, maquillages et accessoires rappelant le mode de vie occidental.
- L'usage d'alcool ou de drogue sous peine d'être tué puis pendu pendant trois jours.
- Les rassemblements mixtes ou de plus de cinq personnes non talibanes.
- L'usage du tabac dans les rues ou les bureaux.
- Les photos et bandes vidéo, la musique non religieuse et la télévision.
- Les fêtes de mariage.
- Les cerfs-volants (utilisés, semble-t-il, pour les jeux d'argent).
- Les poupées et animaux en peluche.
- Le port des bas blancs.
- Les sacs en papier.
- Rire aux éclats (pour les femmes).
- La peinture et le dessin.
- Tous les jeux et les sports.
- Les fêtes traditionnelles.
- Pour les femmes, laver leur linge dans les points d'eau et les déserts.
- Chanter et danser.

Sources : « Les Nouvelles d'Afghanistan », #76, 1997
Le Courrier international, 22/03/2001, #542
Médecins du monde


Un peuple jeté sur les routes

Poussés par la famine, la sécheresse et la répression, un million d'Afghans ont abandonné leurs terres de 1999 à 2001 pour migrer vers les grandes villes ou fuir vers les pays voisins. Souvent malades, affamés et mal habillés, une grande partie de ces réfugiés ne sont jamais arrivés à destination.

Si certains mouraient de faim, d'autres, surtout les enfants, mouraient de froid, entassés dans des camions ou couchés à même le sol par des nuits glaciales. Ces masses humaines venaient s'ajouter aux millions d'Afghans qui avaient déjà fui leur pays ces dernières années et qui attendent, massés dans des camps à la frontière, de rentrer un jour chez eux. Quant à l'aide internationale, on la distribuait au compte-gouttes en raison de l'encadrement très étroit et du faible taux de tolérance des talibans envers les organisations humanitaires, qu'ils suspectaient de répandre d'autres religions que l'islam dans le pays. Mais depuis la chute du régime taliban, l'aide internationale est acheminée beaucoup plus rapidement aux populations afghanes déportées, malades et affamées.

Un champ de mines comme pays

Les millions de mines antipersonnel laissées par les Soviétiques mutilent et tuent chaque année des milliers de personnes en Afghanistan. Un fléau que les talibans ont tenté d'éradiquer comme ils le pouvaient, leurs chefs étant pour la plupart eux-mêmes borgnes, amputés ou mutilés par les mines ou les combats.

La technique de déminage des talibans consistait à sillonner les zones minées avec de vieux chars russes. Les mines explosaient lorsque les chars passaient dessus. On estime que de 2 à 10 millions de mines antipersonnel sommeillent toujours dans le sol afghan. Plus de 400 000 personnes auraient jusqu'ici été mutilées ou gravement blessées par ces mines.

Source : Dominique et Michèle Fremy, Quid 2001

Une menace pour l'Asie centrale

L'arrivée des talibans aux commandes de l'État afghan a confirmé l'existence d'un phénomène qu'on craignait et combattait depuis longtemps en Asie centrale : la montée de l'intégrisme musulman. Un phénomène qui a débordé les frontières afghanes et qui s'est étendu jusqu'en Ouzbékistan, au Tadjikistan et au Kirghizistan. Ces anciennes républiques soviétiques, avec leurs populations musulmanes sunnites, constituent une terre particulièrement fertile à l'éclosion de mouvements intégristes et de cellules terroristes.

Les ex-républiques soviétiques menacées

En Ouzbékistan, des terroristes musulmans ont déjà tenté d'assassiner le président du pays, Islam Karimov, en plus d'enlever plusieurs ressortissants japonais et américains. Même scénario dans les républiques voisines du Tadjikistan et du Kirghizistan, où les forces gouvernementales croisent régulièrement le fer avec des mouvements intégristes armés.

Parmi ces cellules terroristes, le Mouvement islamique d'Ouzbékistan est l'une des plus actives. Composé d'environ un millier de combattants, le mouvement a juré publiquement de renverser les pouvoirs en place et de les remplacer par des gouvernements religieux.

Cette vague de déstabilisation personnifiée par les talibans et leurs alliés a engendré une forte polarisation des États en Asie centrale. D'un côté, le Pakistan et l'Arabie Saoudite soutenaient les talibans et les mouvements intégristes musulmans, tandis que les gouvernements post-communistes d'Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Kirghizistan renforçaient l'Alliance du Nord. Avec eux, le gouvernement chinois, qui partage une frontière avec l'Afghanistan, et qui craint qu'un pouvoir musulman intégriste aussi près de ses frontières n'encourage les musulmans de la région du Xinjiang à prendre eux aussi les armes. Mais, paradoxe oblige, la Chine est également un allié très proche du Pakistan.

Les Russes, pour leur part, voyaient également d'un très mauvais œil un tel pouvoir musulman gagner en influence si près de leurs frontières alors que les canons sont à peine refroidis en Tchétchénie. C'est pourquoi Moscou a permis aux Américains d'utiliser des bases dans les anciennes républiques pour attaquer les talibans. Quant à l'Iran, farouche ennemi des talibans, la solution était fort simple : boucler la frontière afghane pour parer à toute tentative d'infiltration et soutenir militairement les troupes de l'Alliance du Nord.
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Le piège de la répression

Pour tous ces pays dont les populations sont partiellement ou en totalité musulmanes, la montée de l'intégrisme est un problème extrêmement complexe et délicat, alors que la stratégie des intégristes est, quant à elle, fort simple.


En menant des attentats et des attaques terroristes dans les pays limitrophes de l'Afghanistan, les intégristes engendrent chez leurs voisins une répression musclée des pouvoirs en place à l'endroit des populations musulmanes. Une répression qui entraîne généralement une montée de sympathie des opprimés à l'égard des révolutionnaires intégristes. Un effet pervers qui oblige ensuite les gouvernements en place à resserrer davantage leurs mesures répressives. C'est notamment le cas de l'Ouzbékistan, où on soupçonne l'existence de camps de concentration pour musulmans.

La spirale étant sans fin, le régime visé finit un jour ou l'autre par s'effondrer, laissant le champ libre aux intégristes, qui instaurent généralement un régime pire encore. Comme ce fut le cas en Iran, au Soudan et en Afghanistan, notamment.

La chute des talibans


Bien que les talibans furent l'objet de virulentes dénonciations sur la scène internationale pendant leurs années de « règne », le sort de la population afghane n'a jamais suscité que de timides réactions de la part des gouvernements occidentaux. Cette région ne représentant pour les pays riches aucun intérêt économique ni stratégique.

Ce n'est qu'au lendemain des attaques contre le World Trade Center et le Pentagone que le monde occidental s'est senti vraiment concerné, voire menacé, par la montée des régimes islamiques intégristes dans le monde.

Peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001, le gouvernement américain, convaincu que le terroriste international Oussama ben Laden avait orchestré toute l'opération, lançait un ultimatum au gouvernement taliban : « Livrez Oussama ben Laden à la justice américaine, où nous irons le chercher par la force ».

Le djihad qui n'est jamais venu

Refusant catégoriquement de livrer ben Laden aux Américains sans preuves formelles de sa participation aux attentats, le chef des talibans, le mollah Omar, appela ses troupes et ses alliés à la guerre sainte contre l'Amérique. Sans doute confiant que des pays comme le Pakistan, la Syrie et l'Arabie Saoudite se rangeraient à ses côtés contre Washington. Ce fut une erreur…

Placé devant un sévère ultimatum des États-Unis (with us or with the terrorists…), le gouvernement du Pakistan renia très vite les talibans et se rangea aux côtés des Américains en échange d'une renégociation de sa dette nationale et d'une aide monétaire substantielle. L'Arabie Saoudite, patrie d'Oussama ben Laden et mécène des talibans, fit de même et prit rapidement ses distances. Isolés et encerclés de forces désormais hostiles, les talibans allaient payer cher leur fidélité aveugle à Oussama ben Laden

Un déluge de bombes

Ayant retenu les leçons de l'occupation soviétique de l'Afghanistan dans les années 1980 et désireux de ne pas provoquer inutilement les régimes musulmans voisins, Washington décida de ne pas envahir l'Afghanistan avec ses propres troupes.

Le commandement militaire américain décida plutôt d'armer et de soutenir, par des bombardements intensifs, les troupes de l'Alliance du Nord dans leur lutte contre les talibans. Seuls quelques milliers de commandos et de soldats des forces spéciales américaines et britanniques furent officiellement lancés à la poursuite d'Oussama ben Laden sur le terrain.

Les bombes ont rapidement
raison des talibans
Au sol, les pluies incessantes de bombes expriment toute la fureur du peuple américain. Michel Cormier, correspondant en Afghanistan pour Radio-Canada, rapporte que les murs et les fenêtres de l'immeuble où il se trouve tremblent à chaque explosion. Il se trouve alors à 60 kilomètres des zones bombardées !

Le 7 octobre 2001, l'aviation américaine et britannique déclencha de violents bombardements contre les positions des talibans au sol, nettoyant systématiquement le terrain pour faciliter l'avancée des troupes de l'Alliance du Nord sur les lignes talibanes.
Le 12 novembre 2001, la capitale, Kaboul, était sous contrôle des troupes de l'Alliance du Nord. Les talibans reculaient sur tous les fronts. Sept jours après la chute de Kaboul, les talibans ne tenaient plus que les villes de Kandahar et de Kunduz. Ils étaient retranchés dans une position défensive et n'attendaient qu'un ordre pour se retrancher dans les montagnes environnantes d'où ils pourraient mener une éventuelle guérilla.

Traqués par les bombes américaines et les troupes de l'Alliance jusque dans les souterrains et grottes où ils s'abritaient, mollah Omar et Oussama ben Laden ont juré la perte de l'Amérique et promis de ne pas tomber vivants entre les mains de leurs ennemis. Mais Washington a beau avoir libéré l'Afghanistan des talibans, la plus puissante armée du monde n'a toutefois pas libéré son propre pays de la peur. Ce sentiment désormais bien réel que l'on n'est plus en sécurité nulle part, surtout chez soi. Gagner toutes les guerres, comme le fait Washington, n'est pas une garantie de sécurité en soi... Dans ce domaine, seule la paix, juste et équitable, peut constituer un gage de sécurité à long terme.

Lorsque les opérations militaires américaines et britanniques ont commencé en Afghanistan, avant même que la défaite des talibans n'apparaisse à la une des journaux, les stratèges militaires et politiques occidentaux se penchaient déjà sur l'avenir de l'Afghanistan, une fois les talibans chassés du pouvoir. Dans ce pays ravagé par 23 années de guerre, dont cinq années sous l'une des plus sombres dictatures de l'ère moderne, l'installation à Kaboul d'un gouvernement représentatif et démocratique était une condition essentielle vers un éventuel retour de la paix et la réconciliation nationale en Afghanistan.

Mais à qui confier un tel mandat dans ce pays partagé entre une multitude de groupes armés et de tribus aux intérêts aussi disparates que divergents?

Afin d'éviter le déclenchement d'une nouvelle guerre civile après le départ des Américains de la région, les Nations unies ont proposé l'élaboration d'un gouvernement de transition dont le rôle consisterait à rétablir les fondements de l'État afghan, d'amorcer sa reconstruction et ultimement d'y instaurer un processus démocratique de passation des pouvoirs. Et c'est dans la ville de Bonn, en Allemagne, qu'on a décidé d'entamer les premiers pourparlers.


Accords de BONN:
http://www.radio-canada.ca/nouvelles...onn/intro.html

Source:
http://www.radio-canada.ca/nouvelles...ban/index.html
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  #5  
Vieux 17/09/2007, 17h29
Avatar de Luisachour
Le suicide mène en Enfer
 
Date d'inscription: décembre 2006
Messages: 935
Par défaut Re : Massacres du peuple Afghans par les talibans

Depuis que BEN LADEN et le MOLLAH OMAR ont mis le pieds en Afghanistan, tout espoir de PAIX A DISPARU!

Ce que Massoud 'Qui est au paradis inch'Allah' a fait pour la communauté musulmane (guerre de 10 ans contre les russes, protection de la vallée du Panjshir contre la famine, tentatvie de reconciliation dans la guerre des clans à Kaboul avant l'arrivée des talibans qui ont acheté kaboul (!) aux afghans) a été remplacé au nom de la corruption par les talibans et jamais au nom de l'Islam!

Dernière modification par Luisachour ; 17/09/2007 à 17h52.
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  #6  
Vieux 17/09/2007, 17h53
Avatar de Luisachour
Le suicide mène en Enfer
 
Date d'inscription: décembre 2006
Messages: 935
Par défaut Re : Massacres du peuple Afghans par les talibans

Ben laden achete les hommes, ils ne respectent pas la bonne moralité musulmane de celui qui ne se mèle pas de ce qui ne le regarde pas et qui laisse les hommes libres de vivre sur terre.

BEN LADEN et les talibans auraient du respecter l'Islam, c'est à dire faire la paix entre les mambres de clans et partir; ils n'auraient jamais du acheté les paroles de ses hommes contre la paix en AFGHANISTAN! On achete PAS UN PEUPLE quelque soit les raisons pour lesquelles on se permet de le faire ca s'appelle de la CORRUPTION et encore moins au nom de l'ISLAM!
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