Des renforts pour le "Sangatte bis" de Cherbourg La tension est vive depuis plusieurs mois dans le port de Cherbourg. A tel point que le problème est remonté au niveau national, et que Brice Hortefeux a annoncé mardi soir à l'Assemblée l'arrivée "dès cette semaine" de renforts de CRS. "Nous devons renforcer la présence policière (...) Mme Alliot-Marie m'a donné son accord", a souligné le ministre de l'Immigration. Outre le renfort de CRS, le ministre a indiqué avoir demandé à la Police de l'Air et des Frontières "un audit du dispositif de sécurisation du port de Cherbourg".
Chaque nuit, et de façon parfois violente, des dizaines de clandestins tentent de rejoindre le Royaume-Uni. "Aujourd'hui, les chauffeurs routiers ont tous ou presque des battes de base-ball dans leur cabine pour se défendre", affirme Serge Henry, directeur d'exploitation à la Chambre de commerce et d'industrie de Cherbourg, chargée de la gestion du premier port transmanche après Calais. Tous les matins, il faut faire réparer les grillages autour du port de commerce, qui s'étend sur 15 ha... Selon Serge Henry, un investissement de 850.000 euros en juillet a déjà permis de renforcer la sécurité, mais "rien n'y fait, ils sont prêts à tout pour passer".
Livrés à eux-mêmes après la fermeture de Sangatte
"Les tentatives de passage se font dans des conditions de plus en plus tendues et violentes", confirme le député-maire PS de la ville, Bernard Cazeneuve, soulignant l'application de plus en plus stricte des conventions entre la France et le Royaume-Uni en matière d'immigration clandestine.
Elus locaux et associations humanitaires s'accordent à dire que les clandestins ont commencé à affluer à Cherbourg après la fermeture en 2002 du camp de Sangatte décidée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. "Les réfugiés se sont répartis dans tous les ports transmanche sans aucun contrôle", estime Bernard Cazeneuve. Livrés à eux-mêmes, les clandestins de Cherbourg ont élu domicile depuis le début de l'été sur un terrain municipal situé aux abords d'un quartier populaire.
Ces réfugiés sont le plus souvent des Irakiens, mais aussi des Iraniens, des Somaliens, des Palestiniens ou des Afghans. Beaucoup viennent de zones de conflits ; or, selon des conventions internationales, les ressortissants de pays en guerre ne peuvent être expulsés. Et pour Bernard Cazeneuve, "nous sommes dans une hypocrisie et une déresponsabilisation totale de l'Etat face aux prérogatives qui lui incombent".
D'après agence
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Toute méchanceté a sa source dans la faiblesse.
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