Le prix de la baguette de 160 grammes est passé de 1,20 à 1,50 DH Hausse unilatérale du prix du pain, colère populaire
Le prix de la baguette de 160 grammes est passé de 1,20 à 1,50 DH
Le prix de vente de la baguette de pain est passé de 1,20 DH à 1,50DH, subissant ainsi une hausse de 25%. Cette hausse déclarée unilatéralement par le syndicat national unifié des patrons boulangers et pâtissiers du Maroc intervient suite à l’échec des négociations entre le syndicat précité et le gouvernement marocain. Une source syndicale nous a déclaré que l’offre du gouvernement qui consiste à accorder aux professionnels 1,5 million de quintaux de farine nationale subventionnée moyennant le gel de la hausse du prix de pain a été rejeté. « L’offre du gouvernement n’était pas sérieuse.
On ne va pas mélanger une farine de mauvaise qualité avec une farine de qualité. Si on procède de la sorte, on portera un coup de grâce à notre profession. On se doit de respecter les normes en vigueur. Il est donc hors de question de répondre favorablement à cette proposition », nous a indiqué une source syndicale. La même source assure qu’il y a une corrélation entre le prix du blé (450 dollars la tonne) et le prix de pain, dans la mesure où les céréales entrent pour 75 à 80% dans la fabrication du produit fini. Cette hausse pourrait ne pas être la dernière. Le syndicat national unifié des patrons boulangers et pâtissiers du Maroc envisage de procéder chaque fois qu’il le faut à l’actualisation du prix de pain en fonction des fluctuations du prix de blé au marché international.
Le syndicat se dit prêt à reprendre les négociations avec le gouvernement si ce dernier met sur la table de négociations de nouvelles propositions. « On n’a jamais fermé la porte aux négociations, mais le ballon est dans le camp des pouvoirs publics », indique un autre membre du syndicat. La suppression de la taxe douanière sur le blé (13%) n’a pas suffi à enrayer cette hausse vertigineuse du prix de pain, principal produit de consommation des Marocains. Face à cette hausse, le gouvernement observe un silence radio, laissant les Marocains faire face à la hausse des prix effrénée des produits et denrées de base. Aucun responsable gouvernemental n’a mis en garde contre cette augmentation décrétée unilatéralement. Cette hausse fragilise le pouvoir d’achat des ménages. Outre le pain, les prix de produits à la consommation (l’huile, le beurre, le blé…) repartent à la hausse, renforçant l’érosion d’un pouvoir d’achat déjà malmené par la rentrée scolaire.
De nombreux citoyens ne cachent pas leur ras-le-bol contre ces hausses et s’interrogent sur les mesures mises en place pour protéger leur pouvoir d’achat. La seule bonne nouvelle dans ce feuilleton des prix est l’existence en quantité suffisante de blé (6 millions de quintaux) en plus des quantités importées au fur et à mesure, ce qui éloigne le spectre d’une pénurie de blé. Il est à signaler que le syndicat des boulangers et des pâtissiers a remué ciel et terre pour augmenter le prix du pain en 2004, mais qu’il n’a pas pu le faire. Il a été bloqué à l’époque par le ministère des Affaires économiques, des Affaires générales et de la mise à niveau de l’économie qui s’est engagé à accompagner la mise à niveau de la profession. « Un engagement qui n’a pas été tenu », regrette un syndicaliste. Pour rappel, le prix du pain et de tous les dérivés de la farine sont libres. Toutefois, ceux du pain issu de la farine de blé tendre sont régis par un accord de modération signé entre les pouvoirs publics et les professionnels.
Cet accord stipule entre autres que toute augmentation doit être justifiée par la hausse des prix de la farine ou des intrants. Et l’administration se garde le droit d’accepter ou de refuser l’augmentation en cas d’insuffisance d’argumentaire. Le secteur est régi par la loi 06-99 sur la liberté des prix et de la concurrence promulguée par le dahir n° 1-00-225 du 5 juin 2000, publié au bulletin officiel n°4810 du 6 juillet 2000, et entrée en vigueur le 6 juillet 2001. Ce texte stipule que l’Etat n’a plus le droit d’intervenir sur les prix, sauf dans des situations exceptionnelles expressément limitées par la loi : (article 3-4). Ainsi, dans les secteurs ou les zones géographiques où la concurrence par les prix est limitée, soit en raison de monopole (ex : électricité, eau potable...), soit en raison de dispositions législatives ou réglementaires, les prix peuvent être fixés par l’administration après consultation du conseil de la concurrence (article 3).
De même, en cas de hausses ou de baisses excessives des prix résultant d’une situation exceptionnelle : soit une situation de crise, soit une calamité publique, soit une situation anormale du marché dans un secteur déterminé, l’administration peut prendre des mesures temporaires après consultation du conseil de la concurrence.(article 4).
Abderrahman Ichi | LE MATIN |