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| L'exode des juifs menace la composition de l'État Par Inigo Gilmore London Sunday Telegraph / The Washington Times 30 novembre 2003 Jewish exodus threatens state's composition http://www.washtimes.com/world/2003...15546-1459r.htm Jérusalem - L'inquiétude concernant le niveau d'émigration grandit au sein des dirigeants politiques israéliens tandis que les juifs essayent d'échapper à la violence provoquée par le soulèvement palestinien et par la récession croissante. Le gouvernement voudrait faire venir encore un million de juifs en Israël d'ici 2010. Mais les chiffres publiés par le ministère en charge des nouveaux émigrants montrent qu'environ 760.000 Israéliens vivent à l'étranger, en comparaison des 550.000 en 2000. Approximativement 23.000 immigrants sont attendus en Israël cette année, le chiffre le plus bas depuis 1989. Tzipi Livni, qui dirige le ministère de l'Immigration, dit que l'immigration est en train de descendre en flèche. Christine Shalev (36 ans), qui a une petite fille de 3 ans, a pris la décision de se joindre à l'exode quand sa meilleure amie est partie au Canada deux mois auparavant. «Israël «tombe en morceaux» et ça suffit !», dit Mme Shalev qui travaille pour un service de livraison à Tel Aviv. «Je me sens piégée ici, mais j'espère qu'au Canada je trouverai ma liberté.» Les politiciens de la ligne dure veulent galvaniser la population juive pour étayer leur revendication pour plus de terres. Mais les chiffres du Ministère de l'Intérieur montrent qu'un quart des Américains venus en Israël depuis 1989 sont repartis. Sur l'affichage internet interne des sites comme Janglo, qui vise les Jérusalémites anglophones, beaucoup d'émigrants sont en train de vendre leurs possessions avant de quitter le pays. Les démographes avertissent qu'à cette vitesse, les juifs vont devenir dans 20 ans une minorité en Israël et dans les Territoires occupés. Michael Jankelowitz, porte-parole pour l'Agence Juive (un organe gouvernemental qui a la responsabilité de faire venir des juifs en Israël) admet le degré de défi auquel doit faire face legouvernement. «On est très inquiet de voir ce qui se passe», dit-il. «C'est pourquoi le fait de trouver une solution pacifique est si important. En ce moment, les gens ne voient pas de solution et c'est ça la tragédie. L'insécurité les rend fous. C'est semblable à la roulette russe... tu ne sais pas quand cela va t'atteindre.» Les émigrants sont réticents à parler de leur départ parce que l'immigration juive en Israël est la pierre angulaire du sionisme, le mouvement national juif. L'ancien premier ministre Yitzhak Rabin avait décrit les juifs qui partaient d'Israël comme étant les «parasites les plus vils». Beaucoup de familles partent au Canada. Cette année, 6.000 Israéliens sont partis là-bas, le double de l'émigration totale de l'année dernière. Un couple, qui n'a pas voulu être identifié, s'en va alors qu'il n'était revenu en Israël qu'au mois de juin, après avoir passé trois ans à New York. Ils sont des Israéliens de la troisième génération, universitaires, et dont les grands-parents faisaient partie des pionniers qui construisirent l'État. «Je me sens trahi», dit Hilda (37 ans) dont le mari, Dror, a également 37 ans. «Je ne veux pas élever mes enfants dans une société aussi brutale... Mes grands-parents avaient de tels idéaux élevés! Voir ce qu'est devenu Israël me rend tellement triste et amère.» Inigo Gilmore Traduit de l'anglais par Ana Cleja http://www.solidarite-palestine.org/rdp-isr-031130-2.html |