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La compagnie Michelin évacue d'Algérie les familles de ses cadres La compagnie française Michelin-Algérie a annoncé, samedi 6 octobre, avoir rapatrié les familles de ses cadres "à titre préventif" il y a une semaine, à la suite des menaces d'Al-Qaida contre la France et les Français au Maghreb. Une quarantaine de personnes ont été évacuées. Michelin est la plus ancienne entreprise française en Algérie, installée depuis 1963. Elle avait fermé ses portes en 1993, au début de la "décennie de sang", et son retour en 2002 avait été perçu comme le signe d'une normalisation. La France face à une "double menace" terroriste Le patron de la direction de la surveillance du territoire (DST), Bernard Squarcini, et celui des renseignements généraux (RG), Joël Bouchité, estiment que le risque actuel de récidive terroriste se situe à un "niveau élevé" pour la France et pour ses intérêts à l'étranger. Dans un entretien accordé le 8 octobre au journal Libération, ces responsables déclarent que "l'allégeance des maquis algériens à la mouvance Ben Laden" pose à la France un problème : celui de se retrouver "sous une double menace", celle venant de "la mouvance internationaliste, donc Ben Laden", mais aussi celle qui tient à "la proximité de l'Algérie", donc "un risque de récidive par rapport à ce que l'on a connu dans les années 1994-1995". [-] fermer Mais les récents attentats-suicides et les menaces d'Al-Qaida appelant, le 20 septembre, par la voix du numéro deux du mouvement djihadiste, Ayman Al-Zawahiri, à "nettoyer le Maghreb des fils de la France et de l'Espagne", inquiètent. Al-Qaida a, en Algérie, accordé son "label" au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu Al-Qaida au Maghreb islamique. Deux ressortissants français travaillant à Alger pour Aéroports de Paris (ADP) ont été rapatriés, le 21 septembre, tandis que deux autres Français, employés de la société Razel, ont été évacués après avoir été blessés dans un attentat à la voiture piégée, le 21 septembre, à Lakhdaria, à l'est d'Alger. MÉDIATISATION MAL PERÇUE Le fait que Michelin choisisse de faire rentrer en France les familles de ses cadres ne surprend pas en Algérie. En revanche, la médiatisation de cette annonce est mal perçue. Le patronat algérien est irrité. Il craint que la décision de Michelin nuise à "l'image de l'Algérie". Voilà des années que l'Algérie multiplie les efforts pour attirer les investisseurs étrangers et affirme que les conditions sécuritaires ne sont plus un problème. Pour le pouvoir autant que pour la presse algérienne, les observateurs dramatisent la situation. Et s'il y a des morts - une centaine en septembre -, ce ne sont pas des étrangers mais des Algériens. Selon le quotidien électronique Tout sur l'Algérie, huit PME de la région Lorraine ont annulé des visites de leurs cadres en Algérie depuis le début du ramadan, comme l'avait fait le groupe LVMH. "A qui profite le désengagement des entreprises françaises ?" s'interroge le journal, redoutant que l'Algérie finisse par se retrouver, "à la faveur des redditions en cascade", dans un état d'isolement comparable à celui des années 1990. Le 5 octobre, une note de l'Oxford Business Group, "Terreur et économie", soulignait que la recrudescence du terrorisme risquait de contrarier les réformes économiques en cours en Algérie et de "refroidir les investisseurs étrangers", mais que la menace terroriste était "bien réelle". Amir Akef (à Alger) et Florence Beaugé Article paru dans l'édition du 09.10.07. |
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| Les familles des employés de Michelin rapatriés d'Algérie | petitbijou | Actualités marocaines | 5 | 07/10/2007 15h59 |