Roland Waast,directeur de recherche à l'institut de recherches pour le développement (IRD), unité savoirs et développementNous parlerons de l'ensemble du continent africain. Et nous entrerons dans la narration des conditions de production, pour comprendre les différences de productivité scientifique et leur évolution.
Il conviendra de distinguer trois zones aux caractéristiques différentes :
•l'Afrique du sud, historiquement et toujours le grand producteur de science sur le continent. Le soutien des gouvernements est indéfectible, mais les controverses autour de l'activité scientifique abondent.
•l'Afrique du nord où les gouvernements sont plus indécis. L'Egypte a une avance historique (elle reste le 2° producteur du continent). Mais c'est le Maghreb qui depuis deux décennies fait les avancées les plus spectaculaires. A quoi l'attribuer ?
•l'Afrique « médiane ». Libéralisme et crise économique ont dissous les appareils nationaux de recherche. La ruine de la profession et la désinstitutionalisation de l'activité ont mis les chercheurs (hors brain drain et déqualification) à disposition d'un libre marché mondial du travail scientifique. Les donneurs d'ordre sont multiples et principalement étrangers. La production relève plus de la consultance et prête moins à publications.
Ce nouveau mode de production des connaissances rencontre toutefois des limites. Le désengagement des états est d'ailleurs variable. On tracera donc un portrait nuancé des situations et des perspectives présentes (rôle des gouvernements, des coopérations, des communautés scientifiques).
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http://www.cite-sciences.fr/francais...erence_352.htm