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| Les frappes aériennes israéliennes sur le nord de la Syrie un peu plus tôt ce mois-ci [1] doivent être replacées dans le contexte des événements qui ont eu lieu depuis l'attaque du voisin libanais l'été précédent. Jonathan Cook Bien qu’on ait du se contenter de rumeurs à propos ce qui s’était produit, un institut de prévision stratégique, Stratfor, a pu conclure que « quelque chose d’important s’était passé ». Jusqu’à présent, les fuites suggèrent que plus d’une demi-douzaine de chasseurs israéliens ont violé l’espace aérien syrien pour larguer des bombes sur un site à proximité de la frontière avec la Turquie. Grâce aux médias américains nous savons également que ce « quelque chose » s’est passé suite à une coordination étroite avec la Maison Blanche. Mais quels étaient l’objectif et la signification de cette attaque ? Il est important de se rappeler que suite à la guerre menée pendant un mois par Israël contre le Liban il y a un an, un néo-conservateur américain de tout premier ordre, Meyrav Wurmser, la femme de l’ancien conseiller pour le Moyen-Orient de Dick Cheney, avait expliqué que la guerre avait duré parce que la Maison Blanche avait tardé à imposer un cessez-le-feu. Elle ajouta que les néo-conservateurs voulaient laisser du temps et des marges de manœuvre à Israël pour prolonger l’offensive vers Damas. Leur raisonnement était simple : pour qu’une offensive contre l’Iran puisse être approuvée, il fallait détruire le Hezbollah libanais et au moins refroidir les ardeurs de la Syrie. La stratégie consistait à isoler Téhéran sur ces deux autres fronts hostiles avant de porter l’estocade. Mais soumis à d’incessants tirs de roquettes du Hezbollah l’été dernier, les nerfs israéliens - ceux de l’opinion publique et ceux de l’armée, ont craqué au premier obstacle. Israël et les Etats-Unis ont été forcés de se contenter d’une résolution du Conseil de Sécurité au lieu d’une triomphale victoire militaire. Cette offensive ratée eut pour retombée immédiate une baisse significative de l’influence des néo-conservateurs. Leur projet de « destruction créatrice » pour le Moyen-Orient - favoriser une guerre civile régionale et la partition des grands pays qui menacent Israël - risquait d’être mis de côté. A la place, le camp des « pragmatiques » de l’administration Bush, mené par la Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et le nouveau Secrétaire d’Etat à la Défense Robert Gates, exigea une nouvelle approche. L’impasse semblait totale fin 2006 quand le pétrolier James Baker et son Groupe d’étude sur l’Irak commença un lobbying en faveur d’un retrait progressif d’Irak - très probablement seulement après qu’un dictateur plus fiable soit de nouveau mis en place à Bagdad. Tout semblait indiquer que l’heure de gloire des néo-conservateurs était passée. Les leaders israéliens ont saisi la gravité de la situation. En janvier 2007, lors de la conférence d’Herzliya, le barnum annuel des grands stratèges, pas moins de 40 faiseurs d’opinions de Washington furent invités à se joindre au traditionnel cortège d’hommes politiques, de généraux, de journalistes et d’universitaire israéliens. Pendant une semaine, les représentants israéliens et américains parlèrent de concert : l’Iran, et son présumé homme de paille le Hezbollah, visaient la destruction totale d’Israël. Le développement d’un programme nucléaire par Téhéran - qu’il soit à des fins civils, selon l’Iran, ou militaires, selon les Etats-Unis ou Israël, devait à tout prix être stoppé. Pendant que durant tout le printemps et l’automne la Maison Blanche se tenait exceptionnellement silencieuse quant à ses intentions, les rumeurs prêtant à Israël l’intention d’une attaque solitaire contre l’Iran prirent chaque jour un peu plus d’ampleur. D’anciens officiers du Mossad prédisaient une inévitable troisième guerre mondiale, les services secrets militaires israéliens affirmaient que d’ici à peine quelques mois l’Iran aurait réussi à fabriquer une tête nucléaire, des fuites nombreuses dans des média bienveillants faisaient état de vols d’entraînement au-dessus de Gibraltar, et Israël accentua la pression sur plusieurs dizaines de milliers de juifs pour les inciter à quitter Téhéran pour Israël. Alors que les analystes occidentaux reconnaissaient qu’une offensive contre l’Iran était de plus en plus improbable, pendant la première partie de l’année les voisins d’Israël restèrent des observateurs anxieux, au fur et à mesure que se dessinait de plus en plus nettement le spectre d’une guerre régionale. C’est en particulier la Syrie, après avoir été témoin du déchaînement de violence sur le Liban l’été dernier, qui redoutait que frappe à sa porte la campagne américano-israélienne visant à briser le réseau d’alliances régionales de Téhéran. La Syrie pensait, et avait probablement raison de penser, que ni les Etats-Unis ni Israël n’oseraient attaquer l’Iran sans d’abord mettre au pas le Hezbollah et Damas. la suite : http://www.alterinfo.net/Pourquoi-Is...18d412abbf63ed
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