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| " Le Mari, la Femme et les villageois " Conte du pays Chleuh * Voilà un homme qui a pour épouse une très jolie femme qu'il aime. Mais celle-ci est vraiment trop portée sur le sexe, au point de coucher avec tous les hommes qu'elle rencontre, au désespoir de son mari. Celui-ci va donc chercher un moyen légal de mettre fin à cette situation. Ce conte des Imazighen marocains parle très franchement de la sexualité. C'est un conte pour adulte mais il n'est en rien ordurier, et on peut le qualifier de "rabelaisien" et il est rempli d'humour. |
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#12
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| C'est l'histoire d'un homme qui avait épousé une femme très jolie mais de mœurs légères. A quiconque lui faisait des propositions, elle disait : « d'accord ». S'il venait à vouloir la répudier, il n'arrivait pas à se séparer d'elle. S'il supportait son infortune, elle ne faisait que l'empirer. Il se décida à émigrer. « Cette ville, se dit-il, où on sait qu'elle est ma femme, il faut absolument que i'en parte. » Il émigra donc dans une autre tribu et y demanda l'hospitalité. On lui fit bon accueil et on lui procura un logement. Or quand les gens virent que sa femme était si jolie, ils se dirent : « On va faire une petite collecte de céréales pour cet homme afin qu'il puisse entretenir son foyer et vivre à l'aise. » Ainsi firent-ils : c'était à qui apporterait un quart de décalitre, tel autre un demi, un troisième enfin un décalitre. Voilà donc que notre homme vit ces bons villageois affluer chaque jour chez lui et l'assaillir de prévenances : « Vous habituez-vous ? Si des fois vous aviez besoin de quoi que ce soit ! ! » Il en fut perplexe : « Ma parole, se dit-il, toute cette générosité que me témoignent ces gens-là, savoir si ce n'est pas à ma femme qu'ils en ont ? ! » Ayant réfléchi, il se dit : « Pour sûr, ce problème là, si je ne le résous pas, ils vont m'en faire voir plus que ceux à qui j'ai échappé ». Il se rendit à la salle de prière et y attendit que fût récitée la prière de la nuit, que fussent partis tous les gens un tant soit peu notables et que reste seulement le tout-venant. « S'il vous plait, mes amis, s'adressa-t-il à l'assistance. le destin nous a réunis. Je voudrais vous faire part d'un petit problème. Eh bien voilà ! C'est lui qui nous a chassés de notre pays. Il ne faudrait pas que j'attende jusqu'à ce j'ai à avoir honte devant vous. » « D'accord, lui dit-on, Dieu nous préserve de quoi que ce soit de honteux entre nous. » « C'est précisément de cela, reprit-il, que je voulais vous informer. » « C'est entendu » lui dit-on. « Sachez ceci, poursuivit-il, ma femme, eh bien, elle a une manie peu avouable. » « A savoir ? », lui demanda-t-on. « Eh bien, confessa-t-il, les hommes, elle leur coupe les testicules, sauf votre respect. ». " Mais, mon bon monsieur, qu'avons-nous à voir avec votre femme, nous ? C'est à vous seul que nous avons à faire. » « A Dieu ne plaise, fit-il, sait-on jamais ! » « Non, non, Monsieur », protestèrent-ils. Quand notre homme les eut quittés, ils se dirent entre eux : « Dites donc, qu'est-ce qu'il est venu nous raconter, celui-là ? ! » « Demain, si Dieu veut, proposa l'un d'eux, c'est cette question-là que je vais tirer au clair avant tout le reste, afin de vous informer. Mais il nous faut user d'une ruse : (© publié par Tamurth.net)vous allez m'attacher une corde au pied. Vous vous tenez à distance et cachés. Si je vous crie "tirez", c'est que l*information est bonne vous tirez donc, afin qu'elle ne me les coupe pas. Si moi je ne vous dis pas : "tirez" vous restez tranquilles : c'est que l'autre n'a fait que nous mentir ». « Eh bien, comme ruse, elle est pas mal celle-là » s'exclamèrent-ils. Ils fabriquèrent donc une corde et l'apprêtèrent. Le mari, lui, était retourné chez sa femme, ils avaient dîné et s'étaient couchés. « J'ai une nouvelle, ce soir. lui dit-il, comme tu n'en as jamais entendu de telle. » « Espérons, dit-elle, qu'elle n'est pas inquiétante. De quoi s'agit-il ? » « Chez les gens de ce pays, reprit-il, tout mâle a bien une verge mais pas de testicules ! » « Que Dieu nous en préserve, s'exclama-t-elle. Qu'est-ce que c'est donc que ce pays ! » Mais depuis qu'il lui avait dit ça, elle se demandait quel jour elle pourrait s'informer et vérifier si ce qu'avait rapporté son mari était exact ou un pur mensonge. Or quand le jour se fut levé, voilà que l'autre lui fit signe, elle alla chez lui : « Peut-on te voir ou non ? » « On peut », dit-elle. « Bon, dit-il, je me tiens à l'intérieur du potager. Quand tu estimeras le moment favorable, tu viens » « Entendu. » dit-elle. Puis elle rentra chez elle préparer le petit déjeuner pour son mari. L'autre était retourné chez ses camarades, il les avait installés à l'intérieur d'un autre potager. Lui, attacha la corde à son pied et eux saisirent à trois l'autre extrémité. Au bout d'un petit moment, la voilà qui arriva aussi. Le gaillard ne pensait qu'à ses testicules, avec la peur qu'elle ne les lui coupât. Or, sitôt qu'elle se fut étendue à terre, elle leva la main pour vérifier s'il en avait ou pas. A peine l'eut-elle touché de la main que l'autre bondit en criant : « Mais tirez donc, bon sang : mes pauvres testicules ! » « Mais, s'écria-t-elle, c'est seulement à leur sujet que je voulais te poser une question » « Et va donc, cria-t-il, tire-toi, c'est bien me les couper que tu voulais. » La femme avait beau l'implorer avec force serments pour qu'il revînt : l'homme n'avait plus confiance en elle. Il partit donc. « Ce que nous a dit le mari de celle-là, dit-il aux autres, est absolument vrai. Faites tous gaffe ; des fois qu'elle ne les coupe à quelqu'un ! » Nos villageois rentrèrent chez eux, et de ce jour-là, dès qu'ils la voyaient, ils s'enfuyaient. Alphonse Leguil « Contes berbères grivois du Haut Atlas », Editions L'Harmattan, 2000. |
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| Citation:
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| celui-ci vous pouvait le raconter librement á votre petit bout de choux... L'Homme, la Vipère et le Hérisson Conte du pays Chleuh * Dans ce conte marocain, une vipère demande des comptes à un homme et en appel au jugement des animaux, qui ne sont pas tendre avec lui. Seul le hérisson rend un jugement favorable, dont l'homme aurait bien fait de tenir compte, on le comprendra à la fin.... |
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| C'est l'histoire d'un homme qui était en déplacement. Arrivé au bord d'un ruisseau, voilà qu'il trouva une vipère. Eh l'homme, lui dit-elle, je vous en conjure, faites moi passer. C'est ça, ma bonne dame, fit le voyageur, je m'en vais vous faire passer et alors ne voudrez plus descendre. Pour sûr, protesta-t-elle, je vous en vous en ferai promesse solennelle. C'est entendu, dit-il, où vais-je vous mettre ? Jetez moi simplement sur votre épaule. Il la prit donc sur son épaule. Et quand il l'eut fait passer, elle ne voulut plus descendre. Elle lui signifiait qu'elle le citait en justice : Nous allons soumettre notre litige au chameau que voilà, lui dit-elle. Le chameau, lui, était vieux ; il ne se levait plus. Sil me condamne à descendre, ajouta-t-elle, je descendrai ; s'il vous condamne à me porter, vous ne porterez. Quand ils furent près du chameau, elle dit à celui-ci : Pour ce qui est de ce fils d'Adam, partout où il me trouve, il me tue. Et vous, maintenant, comment allez-vous trancher entre nous ? Faites- lui un nœud coulant, dit le chameau. Tant que j'étais en bonne santé et que je transportais de lourdes charges, je vivais dans l'intimité de l'homme. Maintenant que j'ai perdu la santé, eh bien vous voyez dans quel état il m'a abandonné. Ils partirent et se rendirent auprès d'un cheval. Voilà, lui dit la vipère, je vous ai amené cet individu, pour que vous nous fassiez justice. Il n'y a pas d'autre justice pour lui, dit le cheval, que celle-là même que vous lui avez faite là. Au temps où j'étais en bonne santé, il m'avait confectionné une selle et une rêne brodée, et il me faisait ferrer en temps utile ; et j'avais droit à toute sorte de fourrages et à tout ce qui me faisait besoin. Je le sauvais du milieu de l'ennemi et le ramenais dans le camp ami. Maintenant que j'ai perdu la santé, eh bien vous voyez dans quel état l'homme m'a abandonné. Serrez lui le nœud coulant à lui en faire jaillir les yeux des orbites. En voilà deux, dit la vipère à l'homme, à qui nous avons soumis notre différend. Chez qui voulez-vous encore aller ? Je ne vous en demande plus qu'un seul, dit-il. C'est entendu, accorda-t-elle, mais à quelque personne que nous nous adressions, vous trouverez dans son arbitrage les conséquences de votre comportement. Ils se rendirent chez le hérisson. Pour l'amour de Dieu, chef, dit l'homme, il faut que vous me rendiez justice avec cette créature. Elle m'a demandé de lui faire passer le ruisseau. Je l'ai fait. Elle ne veut plus descendre. Vos lois ne sont pas les miennes, dit le hérisson. Et pourquoi n'avez-vous pas les mêmes lois que nous ? demanda la vipère. Parce que, dit-il. Non, non, insista la vipère, prenez la décision qui vous semblera bonne, et faites nous la nous savoir. C'est que, dit le hérisson, les gens du ciel, ceux de la terre n'ont pas à les juger. C'est donc à moi que vous faites allusion ? demanda la vipère. Parfaitement, dit le hérisson, si en effet vous voulez obtenir justice, il vous faut descendre à terre afin que je prononce ma sentence. Et après, vous ferez comme il vous semblera bon. Elle descendit donc. Et maintenant, lança le hérisson à l'homme, voilà le vivant par terre et vous, vous avez la mort dans la main. Qu'est-ce que vous attendez d'autre ? L'homme aussitôt frappa la vipère et la tua. Quand il l'eut tuée, il se pencha sur le hérisson et lui dit : Je m'en vais t'emporter pour te donner à des gamins. Est-ce vraiment indispensable que j'aille avec toi ? demanda le hérisson. Absolument, dit l'homme. Au nom du ciel, supplia le hérisson, c'est que j'ai des enfants, et tu connais bien les droits qu'ils ont sur nous. En quelque état que je les laisse, c'est ainsi qu'ils resteront. Il faut que tu m'accompagnes pour passer les voir. D'accord, fit l'homme et il partit avec lui. Ils arrivèrent à l'entrée d'un terrier dans lequel il y avait une vipère. Je t'en prie, dit le hérisson, il faut que tu m'aides. C'est que mes enfants sont assez désobéissants. Il suffit que je leur dise : "Allez", pour qu'ils me fassent des difficultés pour sortir. Toi, barre-leur la route, et le premier qui sort tu l'attraperas. Le hérisson entra dans le terrier. Quand il arriva auprès de la vipère, il mit la tête contre les pieds, se roula en boule et piqua la vipère. L'homme, de son côté, se coucha complètement sur le ventre et se mit à observer attentivement la venue des petits du hérisson. Quant à la vipère, dès qu'elle sortit elle tomba sur l'homme qui était là à guetter. Et vlan, elle le mordit. Le hérisson, qui la suivait, eut la surprise de constater qu'elle en avait déjà terminé avec lui. Et voilà, s'écria-t-il , comment on joue un bon tour à quelqu'un ! Conté par Abdesslam Ou Lahcen n Id Bram en juillet 1949. Alphonse Leguil, Contes berbères de l'Atlas de Marrakech, Ed L'Harmattan, 2000 |
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| beda tu connais pas l'histoire de tarirt par hazar? :-o :-D |
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| non a otma je découvre les choses comme toi... :-D yuba doit certainement connaître... :-) dis moi en qlq mots voire un peu si je trouve des éléments dans mes souvenirs d´enfance... |
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| aicha kandicha :-D elle fait peur celle lá aussi :-D ca me dit qlqchose... |
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