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#1
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| Un poète vecteur de la mémoire du Rif Mohammed Hankour a 75 ans. Il est né en 1930 dans un village aqar3y, La3sara de la province de Nador. A l’âge de 12 ans, après la mort de son père, il migre vers l’Algérie comme de nombreuses familles rifaines à cette époque. Il y travaille alors comme berger et salarié agricole. Dans les années 1948-49, il s’intéresse à la résistance algérienne contre les colons français puis s’implique activement dans le mouvement de libération nationale, ce qui lui vaut un séjour de huit jours en prison en 1957. A l’indépendance en 1963, il refuse d’adopter la nationalité algérienne et décide de retourner au Maroc. C’est alors qu’il renoue avec les anciens de son village natal La3sara qui lui transmettent des paroles de sagesse et un peu de son patrimoine historico- culturel. De ces sources vivantes, il y puise inlassablement des trésors stimulant son inspiration et l’amenant à composer son premier poème en 1972, « Adrar n Ukssen * » (la Montagne d’Ukssen) relatant sous l’occupation espagnole (début du 20ème siècle) les prémices de la Modernité dans le Rif, contribuant selon lui à la décadence de ses habitants. Il participe à son premier concours de poésie en 1978 à Nador, avec un poème intitulé « Zeg mezwa aranega** » (du début à la fin), témoignant de l’histoire et la culture ancienne des rifains en même temps que son inquiétude à les voir disparaître. Aujourd’hui, cet homme analphabète répand généreusement ses paroles autour de lui. Il imprime ses mémoires dans les cœurs de ceux qui prennent le temps de l’écouter... à défaut de pouvoir les écrire * Adrar n Ukssen Adrar n Ukssen mec7ar dayik i fnen Mec7ar z ayik yuyaren stefeqa7t n yewden Axeddem n wudrar i truw war i yabeh walo Thudrin hadment, amen walo Mis n walo, gines ghalu I min niji assinu i Dar, anzar walo Neccin n sawath, er7eb walo Wu gha i mthen i dja, wu gha in ghren walo Bnedem a3efen i xes ath najum s wuzru Icka xifi min teqad amu ? Ma tghirec axedem n wudrar i xedem gha babac n gwanu Qa cek ha uqaft war tiwid siDra3, thiwit s teffa7 d platano Kenew ixifithen gha wum r fed7eth axmi wa theggim walo La Montagne d’Ukssen Mont « Ukssen », combien en sont mort à cause de toi Combien d’ouvriers sont partis humiliés par les gens Le mineur pleure il ne gagne rien Les maisons sont détruites, et il n’y pas d’eau Lle fils de rien reçoit des galons Pourquoi le nuage là, mais la pluie ne tombe pas ? Nous piétinons la paille mais le grain ne sort pas Ceux qui doivent mourir sont là, mais ceux peuvent tuer ne sont pas L’homme mauvais, il faut le lapider Et toi le chef pourquoi dis-tu ça ? Crois tu que l’ouvrier qui travaille dans la montagne travaille dans le puits de ton père ? Tu es devenu chef non grâce à ta raison sinon avec des pommes et des bananes Vous les chefs d’aujourd’hui, vous êtes une honte, c’est comme si vous ne faisiez rien ** Zeg mezwa aranega Zeg mezwa aranega Thessqsit babac mani i xreq Mana xam thi redca Thessqsit ma tugha ghawum thifuqa I mani tiran l mel3eb zug ura Thessqsit ma tugha ghawum thimaja3 Zi mesraq guqqwar D weni i djan damazighi daharri Wa dayis bu reghia Siwer thmazight nec War zays tsed7a Qa weni d’awar nec Qa tamazight nec war then7ed war thuyar Tugha yabrid n tarix nec da zira Tugha tari sqar Mayemmi tsbeDDen wa sin mamec themsar An seqssa, an azu, as nadef rathar Ma tugha thu3ar ma thugha tahadem idurar Du début à la fin Du début à la fin Recherche où ton père est né Dans quelle habitat du village Recherche si vous aviez des fours traditionnels Où ils organisaient des mariages et jouaient Reherche si vous aviez des parcelles de terres Entre les sentiers et les parcours Celui qui se dit amazigh libre Il demeure constant Parle ta langue N’en ai pas honte Car c’est ta langue Ce sont les paroles de tes premiers ancêtres Ta langue existe encore, elle n’a pas disparue Nous avions une grande histoire Qu’on écrivait et qu’on apprenait Pourquoi l’avons nous arrêtée, que se passe t-il ? Nous devons demander, chercher et suivre ses empreintes [Notre histoire/langue] était-elle difficile ou bien elle était-elle destructrice |
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#2
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l'écriture n'est pas la seule façon de transmettre ses mémoires.
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#3
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| netta igga tizemmar nnes ![]() .L'écriture permet d'exprimer ses pensées d'une façon plus riche,pour Transmettre ses souvenirs aux jeunes générations. ayuz mouhamed hankour |
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#4
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| Citation:
non je plaisante c'est une preuve de courage. Comme quoi l'analphabétisation n'empêche pas de répandre des récits. |
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