Sarkozy en Algérie: après la mémoire, le temps des contrats




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Vieux 05/12/2007, 11h24
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Par défaut Sarkozy en Algérie: après la mémoire, le temps des contrats

Le président français Nicolas Sarkozy a consacré mardi l'essentiel de la deuxième journée de sa visite en Algérie à la signature d'une série d'accords entre les deux pays, dans un climat toujours perturbé par la controverse sur la passé colonial de la France.

Le plus spectaculaire de ces textes, paraphés dans le cadre solennel du palais de la Culture à Alger, ouvre à l'Algérie les portes de l'énergie nucléaire civile. Il couvre la recherche, la production d'électricité et la formation, ainsi que la prospection et l'exploitation de gisements d'uranium algériens.

"C'est la première fois que la France signe un tel accord avec un pays arabo-musulman", s'est-on réjoui côté français, estimant qu'il allait "beaucoup plus loin" que celui signé par Alger avec les Etats-Unis en juin.

"Cet accord va beaucoup plus loin que l'accord signé par Paris avec la Libye (en juillet). Là, c'est toute une filière que l'on va installer", a précisé à la presse un haut responsable de l'Elysée. Il permet également de "prendre en compte l'exigence algérienne de préparer l'après-pétrole", a-t-il ajouté.

Outre une nouvelle convention de partenariat, saluée comme "la première depuis plus de vingt ans", la visite du président français a également été l'occasion pour les entreprises françaises de finaliser pour plus de 5 milliards d'euros (BIEN euros) de contrats et d'investissements.

Le plus gros chiffre de la moisson du jour, 2 milliards d'euros, concerne la construction par Total et la société nationale des hydrocarbures algérienne (Sonatrach) d'une usine pétrochimique à Arzew (ouest de l'Algérie). Le groupe pétrolier français doit financer à lui seul 51% de ce projet.

Juste derrière, Alstom a paraphé pour 1,7 milliard d'euros, selon Paris, pour la construction d'une centrale thermique dans la région de Terga (ouest). Ce même groupe a en outre signé pour 720 millions d'euros pour la construction de tramways à Oran et Constantine.

Comme l'a souligné Nicolas Sarkozy, ces accords constituent une première réponse au président Abdelaziz Bouteflika, qui lui avait demandé en juillet "d'aider l'Algérie à entrer dans le club des pays émergents". "Cinq milliards de contrats, c'est spectaculaire", s'est pour sa part réjoui un haut responsable de la présidence française.

Si les questions économiques ont dominé la journée, le discours prononcé dès son arrivée lundi soir par Nicolas Sarkozy n'a pas suffi à éteindre la controverse sur l'histoire et la mémoire qui agite les deux capitales.

Le président français a condamné sans détour l'"injustice" du système colonial mais il s'est toutefois abstenu de prononcer les excuses exigées par les Algériens s'agissant des crimes imputés à la colonisation (1830-1962), précisant qu'il voulait "honorer toutes les victimes des deux côtés" tombées durant la guerre d'indépendance d'Algérie (1954-62).

"Ca va dans le bon sens, mais ce n'est pas assez. Quand nous plaçons ces paroles dans leur contexte, c'est un progrès", a estimé le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni, qui a conduit mardi matin à Nicolas Sarkozy une visite guidée dans les ruines du comptoir phénicien et de la colonie romaine de Tipaza , à 70 km à l'ouest d'Alger.

Optimiste, Yazid Zerhouni a précisé que le refus de s'excuser de M. Sarkozy "n'empêchera pas d'avoir une vision nouvelle de nos relations". "Je ne sais pas si les excuses sont nécessaires", a-t-il toutefois poursuivi, "mais utiles elles le seront toujours".

Nicolas Sarkozy doit à nouveau évoquer ces questions d'histoire et de mémoire mercredi matin devant les étudiants de Constantine mais, selon l'Elysée, il ne s'excusera pas.

"C'est une question d'honnêteté et de lucidité", a commenté un haut responsable de la présidence, "quand vous circulez dans Alger, vous voyez bien qu'il n'y a pas que matière à excuses".

Auteur : ALGER (AFP)
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