| |||||||
![]() |
| | Outils de la discussion | Modes d'affichage |
|
#1
| ||||
| ||||
| Par Houria Abdelghani Si, avec le temps, j’ai fait mon deuil de ce qui s’est passé, je n’ai pas entièrement pardonné à tous les protagonistes de cette affaire où j’ai failli épouser mon propre frère sans le savoir ! C’est la piètre résultante d’un secret que quatre personnes auront partagé vingt ans durant. J’ai alors appris dans le même temps que j’étais la fille adoptive de mes parents et que l’homme que je voulais épouser se trouvait être mon frère de sang. Au-delà de toutes les considérations religieuses et sociales, cette ligne de brisure dans ma vie a gravement perturbé mon parcours d’adulte et de femme longtemps après. J’ai mis près de dix ans avant de pouvoir fonder un foyer et retrouver à nouveau ma quiétude d’esprit. si on commence par le commencement, dans les années 70, deux couples voisins et amis habitent le même quartier et se fréquentent assidûment. Le premier couple, malgré tous ses efforts n’arrive pas à concevoir d’enfant. Le deuxième couple, plutôt fertile quant à lui, enfante fille sur fille, espérant à chaque fois vainement l’arrivée du garçon. Cinq filles plus tard, la femme tombe de nouveau enceinte et vit cette grossesse dans l’appréhension légitime d’avoir encore une fois une fille. Elle confie alors ses peurs à sa voisine. D’autant que matériellement, la croissance rapide de la tribu commence à peser sur le budget de son foyer plutôt modeste. Alors, à ce stade de l’histoire, elles tombèrent d’accord sur un marché à passer ensemble. Au cas où le bébé serait de nouveau de sexe féminin, il serait cédé à la voisine stérile contre l’usufruit d’une petite ferme possédée par cette dernière et son mari. J’ai donc bien (puisqu’il s’agit de moi) été échangée contre un avantage en nature à ma naissance. Personne, en dehors des quatre protagonistes en question, ne devait être mis au courant. Sur le plan logistique, lorsque les contractions saisirent ma mère naturelle au neuvième mois de grossesse, elle rejoignit l’hôpital incognito avec mon père, pour aller accoucher, en prenant la précaution de ne prévenir aucun membre de sa famille. L’enfant étant bien une fille, l’accord de principe passa à concrétisation et ma mère naturelle rentra à la maison, annonçant à ses proches que le bébé était mort né. A l’hôpital, sur la base d’un tour de passe-passe en monnaie sonnante et trébuchante, la mère adoptive se substitua à la mère biologique et mes deux parents adoptifs prirent alors le relais, me déclarant officiellement comme leur enfant. Affaire classée. théoriquement, on aurait dû en rester là. Une fille pour le couple A et cinq pour le couple B. Le sort malin fit néanmoins mentir tous les pronostics ; ma mère naturelle retomba accidentellement enceinte et, à sa grande joie, donna le jour à un garçon, un an exactement après ma naissance. Les deux familles se côtoyaient toujours et nous grandîmes tous dans une promiscuité relative. En ce qui me concerne, en tant que fille unique, je fus extrêmement choyée par mes parents qui veillaient de près à mon éducation et ma scolarité. C’était aussi le cas de Mourad, le rejeton des voisins, qui du fait de son statut de mâle, jouissait de privilèges supérieurs à ceux de ses sœurs. Cette donne inconsciente a aussi contribué à nous rapprocher, au même titre que notre faible écart d’âge, je pense. Enfants, on était complices. A l’adolescence, nos chemins ont légèrement divergé puisqu’on fréquentait deux lycées différents. Cela n’empêchait pas qu’on continuait de se voir régulièrement lors de réunions familiales et de nous livrer à des petites confidences, dès que l’occasion se présentait. J’eus ensuite mon bac et rentrai à la fac. Mourad, une année plus tard, fut inscrit dans une école privée à trois pâtés de maison de mon université. Il prit vite l’habitude de m’attendre pour me raccompagner chez moi à la sortie des cours. D’amitié, notre relation se transforma vite en sentiments infiniment doux ; mais âgés respectivement de vingt et dix-neuf ans, nous considérions qu’il était un peu tôt pour l’annoncer à nos parents qui ne se doutaient de rien. toujours est-il, que nous étions de plus en plus amoureux l’un de l’autre et une fois nos examens de fin de première année réussis, nous avons décidé d’un commun accord de passer aux choses sérieuses, c’est-à-dire à l’officialisation de notre relation. Si une image reste gravée dans ma mémoire, c’est celle de la tête horrifiée que fit ma mère à l’annonce de cette nouvelle, pourtant censée être réjouissante. Elle hurla : “NON, NON, ce n’est pas celui qu’il te faut”, en piquant une crise d’hystérie qui me laissa pantoise. Je ne comprenais pas la violence de sa réaction, sachant en plus, qu’elle avait beaucoup d’affection pour Mourad. Mon amoureux, quant à lui, eut droit au même refus catégorique sans explication, assorti de l’ordre intimé par son paternel de ne plus traîner dans mon sillage. ahuris dans un premier temps, Mourad et moi (qui continuions de nous voir sporadiquement en cachette) avions convenu de lâcher un peu du lest pour revenir à la charge six mois plus tard. Et là, mises au pied du mur, les deux familles ne pouvaient plus taire l’indicible ; et solennellement, on nous apprit la monstrueuse vérité. A cause de ce secret jalousement gardé, nous avions frôlé l’inceste ; notre mariage devenait impossible par la force de la loi ; notre amour se consumait en cendres sous nos pieds ; mes parents n’étaient pas mes vrais parents… J’en ai perdu l’usage de la parole pendant des mois et presque la raison ; je m’enfonçai dans la dépression et refusai même de voir un Mourad doublement désespéré de me voir dans cet état. J’étais devenue indifférente à tout et en ai même raté ma deuxième année de fac, ne me présentant même pas aux examens. L’année suivante, je fus envoyée chez mon oncle dans une autre ville pour entamer un autre cursus universitaire. Presque une bouée de sauvetage que m’aurait envoyé le bon Dieu, parce qu’à cette période, je n’étais plus qu’un sac de rancœurs et rancunes accumulées, et l’éloignement représentait la seule solution à mon mal-être existentiel. En outre, lorsque je revenais pour les fêtes ou les vacances, les deux familles évitaient soigneusement d’interagir pour éviter toute rencontre impromptue entre moi et celui qui était mon frère. Cette rupture obligatoire avec Mourad, je l’ai vécue comme un terrible chagrin d’amour et j’avais beau me marteler intérieurement qu’il s’agissait de mon frère, je l’ai fantasmé comme un homme, assez longtemps après la survenue du drame. Je n’ai pu le revoir dans un état relativement apaisé, que cinq ans après, lorsqu’il s’est marié.
__________________ Si l'on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ." Cioran |
|
#2
| ||||
| ||||
| Wak wak a 3ibad Allah 3la lamgharba ! |
|
#3
| ||||
| ||||
| histoire incroyable!! ne me dites pas qu'ils se sont fait des bisous quand ils sortaient ensembles! ou pire...... |
|
#4
| ||||
| ||||
| Quel triste histoire .... Comme quoi la vérité est souvent bonne à dire ![]() |
|
#5
| ||||
| ||||
| Triste histoire... C malheureux de caché une chose aussi importante, tes parents adoptifs auraient du te dire que tu n'étais par leur fille biologique et tes parents biologique aurai du t'expliquer les choses. Tout cela n'aurai pas eu lieu :S mais bon hamdullah vs avez chacun refai votre vie â coté. salam |
|
#6
| ||||
| ||||
| quelle horreur!! j'ai vu un reportage à la tv (france2)sur une histoire quasi semblable sauf que le frère et la soeur sont fou amoureux meme après avoir appris la verité ils veulent se marier... allah y ster!!! |
|
#7
| ||||
| ||||
| Citation:
![]() mais ce n'est pas kamomille (allah ynaji8a) ![]() c'est un article d'une revue
__________________ "Quand on voit la vie telle que Dieu l'a faite, il ny'a plus qu'à Le remercier d'avoir fait la mort" |
|
#8
| ||||
| ||||
| Citation:
![]() ![]() sacré toi il le sait bien |
|
#9
| ||||
| ||||
| non je pense vraiment pas ![]() (bounani bazwéta et meilleurs voeux )
__________________ "Quand on voit la vie telle que Dieu l'a faite, il ny'a plus qu'à Le remercier d'avoir fait la mort" |
|
#10
| ||||
| ||||
| merci mon ancienne ![]() je te souhaite une bonne année, heureuse, superbe, splendide, merveilleuse, joyeuse, paisible, magnifique, extraordinaire, délicieuse, magique, formidable, nostalgique .............................. . amiiiiiiiiine |
![]() |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
|
|
Discussions similaires | ||||
| Discussion | Auteur | Forum | Réponses | Dernier message |
| Maroc : 74% des femmes mariées sont victimes de violences | Bladi Robot | Forum Général | 15 | 02/08/2007 15h10 |
| Le Maroc à l’ère de l’Intelligence Economique | oushun | Au fil de l'actu | 0 | 27/07/2007 11h09 |
| Le redéploiement stratégique de Royal Air Maroc face à l’Open sky | petitbijou | Au fil de l'actu | 4 | 26/07/2007 18h22 |
| Les femmes "imams" ou "mourchidates" seront opérationnelles en avril | Radoudou | Forum Islam | 16 | 13/04/2007 17h31 |
| La Grande-Bretagne veut renforcer les liens de coopération avec le Maroc | doudouzazou1 | Au fil de l'actu | 3 | 30/06/2006 02h47 |