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#1
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| Au cours du débat, un intervenant a exprimé la solidarité des téléspectateurs marocains avec Ramadan, particulièrement après le débat avec le ministre français de l'Intérieur. La salle applaudit. On n'a pas vu les deux télévisions publiques. Plus tard, “le grand prêcheur” prend l'assistance de court: il ne faut pas être derrière moi mais à côté, dira-t-il en substance. C'est une nuance de taille. Dans la foulée, il aborde le débat sur le hijab en France et s'étonne du silence des officiels et de la société civile. Il a d'ailleurs lancé un appel pour que le Maroc entre dans la danse en faisant entendre la voix de la sagesse pour en dépassionner le débat. Visiblement, Ramadan a réussi à captiver l'assistance pendant près de trois heures et demie. D'emblée, l'assistance était invitée à chasser de son esprit les préjugés entretenus en Occident mais surtout dans les pays musulmans. Il en cite cinq qu'il faudra éviter. L'islam ne doit pas être assimilé aux radicaux. Pour lui, se référer au Coran et à la Sunna ne légitime pas l'appropriation des radicaux des valeurs religieuses. Ramadan épingle également l'attitude défensive alimentée par un sentiment de culpabilité potentielle et une colonisation intellectuelle via les TV françaises captées dans les salons marocains. Il revient sur le thème du débat Islam et modernité en conseillant d'éluder l'équation qui oppose les deux mots. Le premier sera lié à l'ancienneté et le second à la pure rationalité. La modernité est la capacité de vivre avec son temps, d'être en phase avec son environnement. L'islam fournit les outils pour mieux se mouvoir dans ce monde en développant son identité. L'association de la modernité et l'occidentalisation est un préjugé, dira-t-il. Ramadan invite l'assistance à refuser également l'idée que l'islam s'oppose à l'Occident. Le Maroc en est la preuve vivante de ce moment de passage des deux. Sur ce registre, le prêcheur fustige deux attitudes qualifiées de catastrophiques. La première, voir l'Occident avec adoration, l'imiter dans la sphère de la vie privée. A Casablanca et Rabat, des personnes vivent comme si elles étaient à Paris, c'est de la colonisation intellectuelle, dit-il. La seconde est de refuser tout ce qui vient de l'Occident, notamment les langues qui sont une richesse. La pique est indirectement lancée en direction de l'Istiqlal qui a opté pour l'arabisation à outrance. Cependant, à plusieurs reprises, Ramadan revient sur l'héritage de Allal Fassi qu'il s'agit de fructifier, conseille-t-il. |
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#2
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| L'intellectuel musulman suisse Tarik Ramadan a dénoncé les attentats terroristes du 16 mai à Casablanca, qui ont fait 45 morts, affirmant que certaines lectures du Coran étaient "inacceptables", a-t-on appris vendredi à Rabat. M. Ramadan a critiqué "ceux qui s'inspirent de l'islam pour commettre des actes de terreur", lors d'une conférence sur "l'islam et la modernité" organisée jeudi dans la capitale marocaine par la Fondation Allal El Fassi, du nom du fondateur du parti de l'Istiqlal. Cinq attaques suicide quasi simultanées avaient fait 45 morts et une centaine de blessés. <P>Elles ont été imputées à des mouvements islamistes marocains radicaux comme la Salafia Jihadia et Assirat Al Moustaqim (le Droit chemin). "Il y a des lectures inacceptables du Coran", a affirmé M. Ramadan devant quelque 500 personnes dont une grande partie de femmes. "La communauté internationale ne peut pas déligitimer plus de 1 milliard de musulmans pour des actes commis par une minorité", a-t-il dit. Il a appelé les musulmans à affronter la "colonisation intellectuelle" et à "balayer les préjugés et les idées préconçues". Il faudrait, selon M. Ramadan, "cesser de critiquer le monde et rajeunir la pensée islamique". "Il y a un sérieux travail à faire quant au renouveau de la pensée", a-t-il dit en soulignant que la modernité n'était "pas incompatible avec l'islam". Tarik Ramadan, universitaire suisse, est le petit fils de Hassan El Banna, fondateur des Frères musulmans égyptiens. Il a été récemment au centre d'une vive polémique en France sur le communautarisme religieux. </P> <P> </P> <P>MAP</P> |
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