|
#1
| ||||
| ||||
| 03/01/2008-10h44 - Benazir Bhutto - © Le Point.fr Avant son retour d'exil en octobre 2007, Benazir Bhutto avait mis à jour son autobiographie, Benazir Bhutto, fille de l'Orient (Éditions Héloïse d'Ormesson, à paraître le 10 janvier). Le Point publie en exclusivité des extraits du nouveau prologue et du dernier chapitre au titre fatidique, Premier ministre et au-delà . "?Je n'ai pas choisi cette vie?; c'est elle qui m'a choisie. " (...) Le Pakistan n'est pas un pays comme les autres, et ma vie n'a pas été une vie ordinaire?: mon père et mes deux frères ont été assassinés. Ma mère, mon mari et moi-même avons tous été emprisonnés. J'ai passé de longues années en exil. Malgré tant de revers et de souffrances, je suis pourtant une femme heureuse. Heureuse, parce que j'ai réussi à ouvrir une brèche dans le bastion de la tradition en devenant la première femme du monde musulman nommée au poste de Premier ministre. Cet événement a marqué un tournant décisif dans le débat houleux sur le rôle des femmes dans une société islamique. (...) J'ai trois merveilleux enfants, Bilawal, Bakhtawar et Aseefa. Ils me donnent beaucoup de joie et font toute ma fierté. En 1988, alors que j'attendais mon premier enfant, le dictateur militaire a dissous le Parlement et convoqué des élections générales. Ses conseillers militaires et lui-même s'accordaient à penser qu'une femme enceinte ne pourrait jamais faire campagne. Ils se trompaient. J'en étais parfaitement capable, et je l'ai fait. Mon fils Bilawal est né le 21 septembre 1988. Ce fut l'un des plus beaux jours de ma vie. Quelques semaines plus tard, je remportais les élections. Ce fut un autre des plus beaux jours de ma vie. Je venais de donner tort à tous ceux qui prédisaient que jamais une femme musulmane ne pourrait gagner le coeur et l'esprit de son peuple. (...) Près d'un an plus tard (...), dès que l'opposition apprit que j'étais enceinte, elle déclencha un véritable branle-bas de combat. Elle exhorta le président et l'armée à me démettre de mes fonctions, sous prétexte que rien dans les institutions pakistanaises ne prévoyait un congé de maternité pour le Premier ministre. Puisque je ne serai plus en mesure de gouverner au moment de l'accouchement, tout l'appareil d'Etat s'effondrerait nécessairement, disaient-ils. Une telle vacance du pouvoir était selon eux inconditionnelle et il était donc impératif que le président, avec la bénédiction de l'armée, destitue le Premier ministre et nomme un gouvernement de transition pour préparer de nouvelles élections. Je balayai ces demandes extravagantes d'un revers de main. (...) Malgré mon état, j'ai donc travaillé tout aussi assidûment et sans doute plus encore que l'aurait fait un homme Premier ministre. La veille de l'accouchement, je présidai le conseil des ministres dans la capitale, puis je partis pour Karachi. Le lendemain matin, je me réveillai aux aurores et une amie me conduisit à l'hôpital. (...) Dès le lendemain [de l'accouchement], j'étais de retour dans mon bureau, où j'examinai et signai les dossiers en cours. Ce n'est que plus tard que j'appris que j'étais le premier chef de gouvernement de l'Histoire à avoir eu un enfant dans l'exercice de ses fonctions. Je venais de briser un nouveau plafond de verre pour les femmes Premiers ministres. " Je sais que je risque de me faire abattre... " En prêtant serment le 2 décembre 1988, je devenais la première femme élue à la tête du gouvernement d'un pays musulman. Drapée dans un sari vert et blanc, aux couleurs du drapeau pakistanais, je foulai le tapis rouge du palais présidentiel sous la lumière vive des lustres. (...) Un an plus tôt à peine, le dictateur Zia avait confié à l'un de mes amis que "?laisser la vie à Benazir avait été la plus grave erreur de [sa] vie?". Lorsque ces paroles me revinrent à l'esprit, je compris que ma fonction et ma carrière étaient indissociables de mon destin. Mon élection réinvestissait toutes les femmes de leur pouvoir, plaidait pour une interprétation modérée de l'islam et donnait au peuple pakistanais l'espoir d'une vie meilleure. Mon succès coïncidait avec le retrait des Soviétiques d'Afghanistan et avec d'autres mouvements populaires qui, d'un bout à l'autre de la planète, avaient renversé de nombreux dictateurs. Je rencontrai par la suite plusieurs personnalités politiques - issues d'horizons aussi divers que la Thaïlande, la Corée du Sud ou le Maroc - qui me confièrent que mon parcours, dont elles avaient eu vent jusque derrière les murs de leur prison ou pendant les soulèvements, les avait inspirées. (...) Ceux qui s'étaient opposés à mon élection, y compris le président, étaient prêts à tout pour me déstabiliser. Un incident donna le ton. Lors de la cérémonie de prestation de serment, le président commença à lire le serment d'investiture d'une façon très étrange, passant très rapidement sur certains passages, très lentement sur d'autres, sans respecter la ponctuation. On aurait dit qu'il essayait de me faire trébucher, de me mettre dans l'embarras sous les yeux du monde entier. Je perçai son intention et veillai à réciter mon serment avec dignité, fierté et détermination, afin que le peuple de mon pays puisse m'entendre m'engager solennellement à remplir la mission dont il m'avait investie. http://www.lepoint.fr/content/a_la_u...icle?id=216811
__________________ Toute méchanceté a sa source dans la faiblesse. |
![]() |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
| |
Discussions similaires | ||||
| Discussion | Auteur | Forum | Réponses | Dernier message |
| Déclaration stupéfiante de Benazir Bhutto au sujet de la mort d’Oussama Ben Laden | desertman59 | Forum Général | 0 | 31/12/2007 12h54 |
| Ambitions Anglo-Américaines Derrière l'Assassinat de Benazir Bhutto | desertman59 | Forum Général | 4 | 30/12/2007 13h45 |
| Rabat condamne avec force l'attentat qui a coûté la vie à Benazir Bhutto | Bladi Robot | Forum Général | 0 | 27/12/2007 23h40 |
| Benazir Bhutto fait le forcing pour quitter sa résidence | tiznit75 | Au fil de l'actu | 6 | 11/11/2007 03h16 |
| Attentat près du convoi de Benazir Bhutto | petitbijou | Au fil de l'actu | 53 | 20/10/2007 11h59 |