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| Un dossier complet paru en décembre dans Le Monde, plusieurs articles sur la Finance Islamique. 500 milliards de dollars gérés selon la charia dans le monde LE MONDE ECONOMIE | 17.12.07 | 12h26 o Mis à jour le 17.12.07 | 12h26 http://www.lemonde.fr/web/article/0,...-913073,0.html Longtemps taboue, l'arrivée en France des banques et des techniques financières conformes aux préceptes de l'islam est désormais à l'ordre du jour. De nombreux signes témoignent de l'intérêt de la place de Paris, comme la tenue du premier Forum français de la finance islamique, jeudi 6 décembre. Au moment où les pétrodollars affluent, Paris veut concurrencer Londres, pionnière en Europe, et envoyer un signal aux investisseurs et aux clients du Golfe. Les banques s'intéressent aussi aux perspectives de ce marché en France ou au Maghreb. La finance islamique proscrit notamment l'usage de l'intérêt - auquel est préférée une marge bancaire - ou l'investissement dans l'alcool, l'armement, les jeux d'argent, etc. Existant depuis trente ans, principalement au Moyen-Orient, elle croît à un rythme évalué à 15 % par an. Un rapport sénatorial publié en octobre, "L'âge d'or des fonds souverains au Moyen-Orient", évalue les actifs gérés par les banques islamiques entre 265 et 500 milliards de dollars dans le monde. "AMÉNAGEMENTS" Son avenir en France pourrait être abordé jeudi 20 décembre - même s'il n'est pas à l'ordre du jour - lors du prochain Haut comité de place, qui réunit les acteurs de l'industrie financière parisienne et est présidé par la ministre de l'économie Christine Lagarde. Des propositions doivent être présentées début 2008 par Paris Europlace. Bercy, qui "ne voit pas actuellement d'obstacles majeurs" au développement de la finance islamique, se déclare "très ouvert s'il fallait procéder à des aménagements" que les acteurs de la place souhaiteraient voir figurer dans le projet de loi de modernisation de l'économie prévu au printemps. "C'est un élément important de l'attractivité de la place de Paris. Il faut identifier et traiter certains frottements fiscaux qui risquent de rendre prohibitifs le coût de certaines opérations et travailler sur la régulation bancaire en adaptant l'interprétation des normes de solvabilité, sans sacrifier la solidité financière et la transparence", explique Philippe Marini, rapporteur général de la commission des finances du Sénat. Dans certains cas, la finance islamique prévoit une double transaction pour la même opération, et donc potentiellement une double perception de TVA ou de droits de mutation. Londres a déjà éliminé ce type d'obstacles : élargissement des exemptions fiscales dont bénéficient les sociétés émettant des bons du Trésor aux obligations islamiques (sukuk) ; suppression du double droit de timbre frappant les prêts hypothécaires islamiques ; lancement, en février, d'un deuxième marché de négoce des sukuk ; création de départements spécialisés au sein de la Banque d'Angleterre et de la Financial Services Authority et encouragement à la Islamic Bank of Britain, première banque de détail islamique agréée outre-Manche en 2004. "Le Royaume-Uni peut devenir une plate-forme commerciale avec le monde musulman, mais seulement s'il devient aussi un centre pour la finance islamique", déclarait Gordon Brown, alors, chancelier de l'Echiquier, en mars 2006. "En tant que tel, le marché domestique, constitué de 2,5 millions de Britanniques musulmans, est trop petit pour concurrencer Dubaï ou Bahreïn. La force de Londres, c'est la City", souligne un professionnel londonien. C'est justement ce qui aiguillonne les autorités françaises alors que les grandes banques hexagonales sont actives depuis longtemps au Moyen-Orient. "En matière de finance islamique, toutes les opérations des banques françaises remontent sur la place de Londres où elles sont compensées ou refinancées, car elle s'est organisée depuis dix ans pour les accueillir. C'est assez dommage et paradoxal", déplore M. Marini. En France, les produits et services islamiques peuvent être proposés par des banques déjà agréées et pourraient l'être par des banques anglaises démarchant en France ou d'autres établissements islamiques demandant un agrément. "Des projets d'implantation ont été portés à la connaissance des autorités françaises. Aucun n'est encore arrivé à maturité, mais leur existence montre que le sujet est d'actualité", a expliqué le sous-gouverneur de la Banque de France, Jean-Paul Redouin, lors du Forum français de la finance islamique. Il a rappelé les conditions qui s'imposent à tous les établissements agréés, tels que la qualité des dirigeants, la sécurité de la clientèle, le contrôle interne et notamment "les dispositifs de prévention du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme", prenant note "avec beaucoup d'intérêt" de l'action menée par les organismes islamiques spécialisés - l'Islamic Financial Services Board et l'Accounting and Auditing Organization of Islamic Financial Institutions - "en vue d'une plus grande harmonisation des normes comptables des établissements islamiques". La première demande a été déposée à la commission bancaire en décembre 2006 par FS International Partners, basé à Genève. Cette société indique sur son site Web qu'elle est conseillée en Europe par Pierre Ceyrac, un ancien député du Front national plus connu autrefois pour son engagement en faveur de la secte Moon... Au-delà de cette anecdote, l'autorisation de "banques halal" pourrait rouvrir le débat sur la laïcité en France. Marc Roche (à Londres) et Adrien de Tricornot Article paru dans l'édition du 18.12.07 ****************************** ****************************
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| Une palette de produits et de services en pleine expansion LE MONDE ECONOMIE | 17.12.07 | 12h26 o Mis à jour le 17.12.07 | 12h26 http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS...jet_id=1017258 Les activités de finance islamique, encore émergentes, sont en forte croissance et en pleine diversification. Ces opérations doivent se conformer à cinq principes : "L'interdiction de l'intérêt (riba, terme qui désigne à la fois l'intérêt et l'usure) ; le partage des profits et des pertes ; l'interdiction de l'incertitude ((gharar) et donc de la spéculation) ; l'existence d'un actif sous-jacent (une opération financière doit reposer sur des biens réels)" et "l'interdiction des actifs illicites" comme "l'armement, le tabac, les jeux d'argent et toute entreprise dont le levier financier (taux d'endettement) serait considéré comme excessif", expliquent les spécialistes de Standard & Poor's dans un dossier sur la finance islamique publié en avril. Compte tenu de ces règles, un certain nombre de techniques financières spécifiques ont été mises en place et peuvent être combinées pour créer des comptes d'épargne, investir dans l'immobilier, les matières premières ou les financements d'avions, où il existerait un fort potentiel.
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| Des fonds investis en actions conformes aux principes de la charia se sont aussi multipliés ces dernières années, à la suite de la création par les sociétés Standard & Poor's et Dow Jones d'indices de valeurs islamiques. Le premier fonds commun de placement (FCP) islamique arrivé en France, l'Easy ETF DJ Islamic Market Titans 100, est proposé depuis cette année par BNP Paribas. Il investit dans un indice islamique excluant "les valeurs d'entreprises liées à l'alcool, aux produits à base de porc, aux services financiers conventionnels, aux activités de divertissement, au tabac et aux armes. Les valeurs doivent respecter des ratios financiers précis : pas de niveaux inacceptables d'endettement ou de revenus d'intérêts impurs", précise un document de présentation. La conformité du FCP est notamment contrôlée par "le Fund's Sharia Supervisory Committee de l'entité islamique de BNP Paribas, composé de spécialistes de la Sharia de Bahrein, d'Arabie saoudite et de Malaisie". Jusqu'à 10 % des revenus du FCP sont reversés à l'Institut du monde arabe afin de "purifier" la partie du dividende considérée comme impure au regard de la charia, par exemple parce que les sociétés dans lesquelles le fonds a investi auraient dépassé le degré acceptable d'endettement (33 % de la capitalisation boursière, selon les critères du FCP). En effet, une des caractéristiques de la finance islamique est de pratiquer le don (zakat). CONFORMITÉ Ce FCP a été agréé par l'Autorité des marchés financiers (AMF) en décembre 2006. L'AMF a précisé, dans une note de juillet - "Critères extra financiers de sélection de titres : cas des OPCVM se déclarant conformes à la loi islamique" -, les conditions de la conformité de ces produits à la réglementation française, notamment l'autonomie de la société de gestion par rapport au conseil de surveillance dans ses choix d'investissement, et le respect de la législation et de la réglementation dans les critères de sélection des titres : "C'est ainsi que des critères qui seraient fondés sur la considération de la race ou de la religion des dirigeants des entreprises ne sauraient être admis, car contraires à des principes d'ordre public", rappelle l'AMF. Un des marchés jugés les plus prometteurs par les banques est celui des sukuk, des obligations islamiques qui ne sont pas des titres de dette, mais des titres de propriété de l'actif financé, permettant de bénéficier de paiements réguliers et de recouvrer le capital investi. Leur montant est estimé à une centaine de milliards de dollars dans le monde, dont 20 % à 25 % seraient cotés, en premier lieu à Dubaï puis à Londres. Dubai Ports World a notamment émis en 2006 une sukuk de 3,5 milliards de dollars, qui a contribué à financer le rachat du groupe P & O. Le Land allemand de Saxe Anhalt a déjà émis pour 100 millions d'euros de sukuk en juillet 2004 et de telles émissions sont à l'étude au Japon ou au Royaume-Uni. Le marché de l'assurance et de la réassurance islamiques (takaful et re-takaful) est aussi considéré comme à fort potentiel, même s'il est évalué pour l'heure entre 2 et 5 milliards de dollars. L'assurance traditionnelle, qui relie le gain de la compagnie à une incertitude, ne correspond pas aux principes islamiques. La takaful, elle, est très proche des principes du mutualisme et de son partage des risques entre sociétaires. La finance islamique gagne même des activités comme les produits dérivés ou les hedge funds (fonds spéculatifs), ce qui paraissait impensable à de nombreux experts il y a quelques années. Le groupe de conseil en investissements islamiques américain Sharia Capital a annoncé en septembre la création, avec la banque Barclay's, d'Al Safi Trust, une plate-forme d'investissement dans des hedge funds. Face à un tel foisonnement et aux différentes interprétations de la charia, l'harmonisation des produits et des principes comptables reste un chantier important. Il manque par ailleurs de spécialistes, malgré la création fin 2006 du diplôme Islamic Finance Qualification par l'Ecole supérieure des affaires de Beyrouth, en partenariat avec le Securities & Investment Institute de Londres. Adrien de Tricornot POUR EN SAVOIR PLUS "FINANCE ISLAMIQUE : L'OUVERTURE EUROPÉENNE", dossier de la Revue banque, (no 696, 30 EUR, disponible sur www.revue-banque.fr). "LE NOUVEL "ÂGE D'OR" DES FONDS SOUVERAINS AU MOYEN-ORIENT", Rapport d'information no 33, commission des finances du Sénat, 61 p., sur www.senat.fr ("Affaires étrangères et coopération"). "LA BATAILLE DES CENTRES DE DÉCISION : PROMOUVOIR LA SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE DE LA FRANCE À L'HEURE DE LA MONDIALISATION", Rapport d'information no 347, Mission commune d'information du Sénat (362 p., juin 2007), sur www.senat.fr ("Economie et finances, fiscalité"). Article paru dans l'édition du 18.12.07 ****************************** ***************************** Des certificateurs indispensables LE MONDE ECONOMIE | 17.12.07 | 12h26 http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS...jet_id=1017256 Point de finance islamique sans eux. Ils sont issus des universités, et considérés comme les meilleurs connaisseurs de la religion coranique et de ses applications. Chaque banque islamique a créé en son sein un "Sharia Supervisory Board", un comité composé de ces "sages", parfois trois, parfois plus, pour prendre conseil auprès d'eux. Ces experts certifient que les actions et le fonctionnement de la banque islamique sont conformes à la charia. Ils interviennent aussi sur la conception de produits financiers, ou lors de contrats. Pour qu'une banque puisse vendre un produit financier estampillé "finance islamique", elle doit d'abord en faire certifier la légalité coranique. Sheikh Nizam Yaqoobi est l'une de ces sommités. Membre du conseil des indices Dow Jones islamiques, de l'organisme d'audit et de conseil pour les institutions financières islamiques (Aaoifi) et du conseil de l'International Islamic Financial Market (IIFM), il est directeur de thèse à l'université du Pays de Galles et diplômé d'une maîtrise en économie et religions de l'université McGill de Montréal (Canada). "La direction de la banque est constamment en contact avec nous, par téléphone, par fax ou par e-mail, car nous sommes impliqués dans l'ingénierie financière. Il vaut mieux nous associer dès le stade initial d'un contrat", explique-t-il. Leur salaire ? Bien évidemment secret, mais certaines estimations leur donnaient 10 000 euros annuels par banque en 2004, sachant que la plupart siègent au moins à dix conseils et que certains sont membres de trente à quarante "Sharia Board". Difficile de se passer d'eux car tout est dans l'interprétation de la loi coranique. "Si les grands principes de la charia sont établis, l'interprétation, elle, évolue, explique un banquier. Il est donc très difficile de savoir à l'avance si un produit financier sera conforme ou non." De plus en plus d'universités du Golfe ouvrent des programmes pour apprendre la finance islamique. Mais ce n'est pas encore suffisant. Le développement exponentiel de la finance islamique est tel qu'il y a pénurie de ces "sages" dans le monde. Cécile Prudhomme Article paru dans l'édition du 18.12.07
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| Instruments LE MONDE ECONOMIE | 17.12.07 | 12h26 o Mis à jour le 17.12.07 | 12h26 http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS...jet_id=1017255 Quelles sont les techniques spécifiques à la finance islamique ? Les principaux outils issus de la tradition financière islamique "peuvent être répartis en instruments participatifs et en instruments de financement", résume Abdel-Maoula Chaar, responsable des programmes de finance islamique à l'Ecole supérieure des affaires (ESA) de Beyrouth, dans la Revue de Secure Finance (no 17). Parmi les premiers figure la moudaraba (commandite), où un investisseur apporte des capitaux à un entrepreneur, les gains étant partagés "selon une répartition convenue à l'avance" et les pertes étant assumées par le seul investisseur. Avec la moucharaka (association), les bénéfices sont partagés "selon un accord convenu" et les pertes "en proportion du capital investi". Les opérations de financement comprennent la mourabaha, par laquelle la banque achète un bien pour le compte d'un client dans le but de lui revendre à un prix majoré et payable à terme, ou encore le salam (financement agricole), l'istina (financement industriel), l'ijarah (location) et l'ijarah mountahia bi istimlak (location-vente). 2 Quand ont été créées les premières banques islamiques ? En 1963, la Mit Ghamr Saving Bank égyptienne a formalisé pour la première fois ces techniques financières pour des comptes d'épargne, indique la Revue banque (novembre 2007). L'idée de banque islamique a ensuite été lancée par l'Organisation de la conférence islamique (OCI) en 1970 et a donné lieu, cinq ans plus tard, à la création de la Banque islamique de développement, puis de banques telles que la Dubai Islamic Bank. Le Pakistan a islamisé son secteur bancaire en 1979, le Soudan et l'Iran en 1983. Le secteur compterait environ 300 établissements dans le monde. 3 Quels sont les principaux établissements financiers islamiques ? Selon le magazine britannique The Banker du 5 novembre, les dix premières sont la banque Melli (Iran ; 35,5 milliards de dollars d'actifs conformes à la charia), la Saderat (Iran ; 34,8), la compagnie Takaful IBB Berhad (Brunei ; 31,5), la banque Al Rajhi (Arabie saoudite ; 28,1), la banque Mellat (Iran ; 25,1), l'AmIslamic Bank Berhad (Malaisie ; 22,3), la Kuwait Finance House (21,8), la banque Tejarat (Iran, 18,9), la Dubai Islamic Bank (17,5) et la banque Blom (Liban, 14,2). Le classement n'intègre pas les départements de finance islamique des banques internationales, sauf la filiale du groupe HSBC, Amanah, basée à Londres, la seule à avoir divulgué le montant de ses actifs (9,7 milliards), ce qui en fait la quatorzième du secteur. La banque Saudi Fransi d'Arabie saoudite, filiale à 31,1 % de Calyon (groupe Crédit agricole), qui en assure le management, se place en dix-huitième position (7,3 milliards de dollars). 4 Y a-t-il des conceptions différentes de la finance islamique ? Un dossier de l'agence de notation Standard & Poor's d'avril note "des différences profondes d'interprétation des principes de la charia entre les différents courants de pensée islamiques. L'interprétation moins conservatrice de la doctrine islamique en Afrique du Nord, à l'instar d'une bonne partie de l'Asie musulmane, s'éloigne de l'approche conservatrice qui prévaut dans le Golfe persique. En Egypte, par exemple, la prestigieuse université Al-Azhar a édicté une fatwa (opinion, en arabe) qui appelait les fidèles à ne pas considérer l'intérêt comme riba ou usure (...), mais uniquement l'intérêt "excessif" ou "usuraire" comme étant non conforme à la charia", explique l'agence. Article paru dans l'édition du 18.12.07 ****************************** ***************************** Au Maghreb, une prudente progression LE MONDE ECONOMIE | 17.12.07 | 12h26 http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS...jet_id=1017257 La finance islamique connaît un développement encore limité au Maghreb, mais elle semble promise à un bel avenir. En Algérie, le phénomène a vu le jour en 1991, les responsables de la banque centrale préférant autoriser l'offre de produits islamiques aux particuliers plutôt que de voir ce secteur passer dans l'informel. En pleine montée de l'intégrisme, naît ainsi la banque Al Baraka, avec pour principal actionnaire un groupe saoudien. Al Baraka ne se voit pas cependant accorder officiellement le label "islamique", car cela jetterait un doute sur l'islamité des banques traditionnelles, fait valoir Alger. Seul établissement, aujourd'hui encore, à offrir des produits islamiques en Algérie, Al Baraka draine une clientèle qui veut se mettre en conformité avec la religion. Le produit qui marche le mieux est le crédit automobile, "sans doute parce qu'il ne réclame pas d'avoir une grande visibilité sur l'avenir", estime Bouaziz Hamza, doctorant en économie et finances à l'université Paris-I - Panthéon-Sorbonne, auteur d'une thèse sur le sujet de la finance islamique au Maghreb. Depuis 2001, 47 500 véhicules ont été achetés en Algérie grâce à un financement islamique, dont 17 500 pour la seule année 2006. L'immobilier n'est pas encore vraiment concerné, mais cela pourrait venir tant la spéculation dans ce domaine est importante, à Alger surtout. FAIBLESSE GÉNÉRALE Si le financement islamique n'a pas mieux percé, cela tient à la faiblesse générale du système bancaire algérien, hérité de trente années de socialisme. Mais dans ce pays où le retour du religieux est fort, la demande potentielle est sans doute élevée. En Tunisie, il n'y a qu'une seule banque islamique, la BEST Bank (Beit Ettamouil Essaoudi Ettounsi Bank). Elle a été créée en 1983, mais demeure réservée aux institutionnels locaux ainsi qu'aux gros investisseurs, en particulier ceux du Golfe. Les autorités tunisiennes ont en effet évité jusqu'à présent de rendre accessibles au simple citoyen les produits islamiques, vraisemblablement pour des raisons politiques. Plus encore que dans le reste du Maghreb, Tunis redoute tout ce qui s'apparente, de près ou de loin, à l'islamisme. "Une étape importante a cependant été franchie, en février, avec le vote d'une loi autorisant la création d'une institution islamique internationale en collaboration avec la Banque islamique de développement (BID), souligne Bouaziz Hamza. Cette institution sera chargée de financer et de promouvoir le commerce entre les pays arabes, surtout entre le Maghreb et le Machrek." Au Maroc, les produits bancaires islamiques - appelés officiellement "alternatifs" - ont fait leur entrée sur le marché financier le 1er octobre, avec l'approbation du Parti de la justice et du développement (PJD, parti islamiste modéré). Les autorités espèrent ainsi faire entrer dans les banques de nombreux Marocains qui règlent leurs transactions en liquide. Seulement 20 % de la population utilise un compte bancaire. Attirer les capitaux des investisseurs du Golfe constitue l'autre enjeu. Il est trop tôt pour faire un bilan de ce tournant au Maroc. Pour l'instant, seules trois banques classiques proposent des produits islamiques. Les débuts ont été laborieux. Le crédit automobile est, comme en Algérie, ce qui marche le mieux. Ce succès s'explique non pas tant parce qu'il s'agit d'argent "hallal" (respectant les préceptes de l'islam) que parce que ce prêt est moins cher d'environ 10 % par rapport aux produits traditionnels, à l'inverse des prêts immobiliers. En fin de compte, tous les experts le disent : l'avenir de la finance islamique au Maghreb réside davantage dans sa compétitivité que dans sa conformité au Coran... Florence Beaugé Article paru dans l'édition du 18.12.07
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| Entretien avec Jean-François Daguzan : "Pas d'amalgame entre terrorisme et finances islamiques" LE MONDE ECONOMIE | 17.12.07 | 12h26 o Mis à jour le 17.12.07 | 12h26 http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS...jet_id=1017259 La place financière de Paris se met en ordre de marche pour accueillir les pétrodollars des pays du Golfe, adaptant son offre de produits aux préceptes de la religion musulmane. Vous êtes un expert de l'intelligence et de la sécurité économiques, cette démarche vous inquiète-t-elle ? Cette initiative n'est guère étonnante. La place de Paris marche sur les traces de la City qui s'est intéressé plus tôt que nous à un marché considéré comme prometteur. Pas question de laisser de côté une clientèle à haut potentiel. Je ne pense pas qu'il y ait lieu de s'inquiéter. Je me refuse à tout amalgame entre finances islamiques et terrorisme. Il ne faut pas oublier que l'essentiel du financement du terrorisme se fait hors des circuits bancaires, islamiques ou non. Après le 11-Septembre, les Etats-Unis ont décidé le gel des avoirs d'organisations liées au terrorisme. Le versement de la zakat (la dîme religieuse) par des entreprises et des financiers saoudiens à des ONG douteuses n'est-il pas un véritable danger ? Vous ne pourrez être sûrs de la bonne utilisation des fonds versés que si vous surveillez ces associations chargées, en principe, de l'enseignement et de la propagation de l'islam dans le monde. Concernant cette surveillance, je crois qu'il y a un avant et un après-11 septembre 2001. Un immense appareil de contrôle des fonds a été mis en place, qu'il s'agisse du Groupe d'action financière (GAFI), des dispositifs mis en place par les Etats-Unis ou par l'Union européenne. Des efforts importants ont été réalisés, mais il est sûr que les mailles du filet ne sont pas encore suffisamment resserrées. Le rapport de la commission d'enquête sur le 11-Septembre a bien pointé que le maillon le plus faible en matière de lutte contre le terrorisme concernait la question du financement. Les organisations terroristes sont dotées d'experts qui bâtissent des nébuleuses financières complexes où les porosités entre systèmes légal et illégal sont réelles. La coopération entre Etats laisse encore à désirer... Il y a encore beaucoup de progrès à faire, mais le financement du terrorisme repose aussi sur des circuits plus simples, qui échappent au système bancaire. Je pense à l'awallah, par exemple, qui s'apparente pour résumer, à une lettre de change. Le principe ? En échange de l'argent que vous versez chez votre banquier local, celui-ci vous signe un papier afin de pouvoir disposer de la même somme auprès de l'un de ses contacts dans un autre pays. Un système très ancien, beaucoup utilisé par les Chinois pour l'argent clandestin. Et qui présente un gros avantage. Ces versements de la main à la main ne sont pas traçables alors que tout virement électronique l'est, même si cela peut s'avérer extrêmement compliqué à faire. Il est clair que les terroristes s'appuient sur l'ensemble de tous les circuits disponibles pour subvenir à leurs besoins. Marie-Christine Dupuis-Danon, qui a été conseillère antiblanchiment au sein de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime de 2000 à 2003, chargé d'aider les Etats membres de l'Organisation des Nations unies à élaborer des dispositifs antiblanchiment, estime qu'une organisation comme Al-Qaida doit faire face à un coût opérationnel de 35 à 40 millions de dollars par an. Evidemment tous ces chiffres doivent être pris avec beaucoup de prudence, mais ils donnent un ordre de grandeur sur les sommes en jeu. Concernant le terrorisme, on parle de "noircissement" plutôt que de blanchiment ? On se trouve, en effet, dans un système inversé. Les institutions qui perçoivent de l'argent propre, au nom de telle ou telle cause, doivent pouvoir les réintégrer dans le circuit financier clandestin. On est alors confronté aux sociétés écrans, à des chambres de compensation opaques, aux paradis off-shore, bref à toute l'ingénierie financière mondiale qui progresse de jour en jour. L'un des soucis actuels concerne ainsi la "e-monnaie", les nouvelles technologies de paiement telles que les cartes prépayées. Propos recueillis par Marie-Béatrice Baudet CV 2007 Maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, Jean-François Daguzan, 54 ans, docteur en science politique et en droit, enseigne à l'université Paris-II. 2006 Rédacteur en chef de la revue Géoéconomie, il publie Terrorisme(s). Abrégé d'une violence qui dure (CNRS Editions). Article paru dans l'édition du 18.12.07 ****************************** ****************************** ******************
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| Je sais que tout est interessant mais tu pourrais pas faire un petit résumé pour les paresseux ?le sujet est d'actualité ... |
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