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| Détourner les enfants de la rue grâce à la musique par Rebecca Weiss Le petit Ramzi Abu Redwan était connu pour avoir jeté des pierres sur des soldats israéliens pendant la première Intifada. Il était le chef des enfants des rues dans le camp de réfugiés d’Al-Amari et sa photo avait fait le tour du monde. Son grand-père essayait en vain de le boucler à la maison. Tout avait commencé quand Ramzi avait 8 ans. Un jour, il rentrait comme d’habitude de l’école avec son ami. Tout à coup, il entendit des coups de feu. Il se retourna et vit son ami par terre, tué par des balles. Il regarda fixement les soldats, prit une pierre et la jeta dans leur direction. «Et dès ce moment-là, j’ai jeté des pierres aux soldats dès que j’en voyais. Ils me rappelaient mon copain et le bon temps que nous avions passé ensemble. Et comme il y avait partout des soldats, je jetais des pierres presque tous les jours. Je croyais que c’était tout ce que je pouvais faire, je ne voyais pas d’autres solutions.» Aujourd’hui, Ramzi est un adulte et un passionné de musique: il joue du violon. A l’âge de 17 ans, il a eu la chance de faire la connaissance d’un professeur de musique qui s’est intéressé à lui et lui a donné des cours de violon. Ramzi s’est alors fixé des objectifs et a travaillé. Les enfants du voisinage se rassemblaient devant sa maison et riaient en entendant les bruits étranges qu’il produisait. Ils croyaient que c’était un magicien. «Je sais bien, dit Ramzi, que cela ne va pas empêcher les violences et la guerre mais si seulement les enfants arrivaient à penser à autre chose – ne serait-ce que quelques instants.» Bientôt, après un travail assidu, il a été invité à donner des concerts à l’étranger. Il a obtenu une bourse en France, à Angers et a travaillé dur avec la ferme intention de transmettre ses expériences aux enfants palestiniens. Son rêve le plus cher était de leur apprendre à jouer d’un instrument pour les éloigner de la rue et de la violence. Aujourd’hui, on connaît bien le poster avec les deux photos de Ramzi. «La première signifie que nous sommes des enfants de la guerre. En jetant des pierres, nous montrons que nous voulons résister. La deuxième veut dire que nous avons le devoir d’offrir aux enfants des camps de réfugiés les mêmes possibilités qu’à n’importe quel autre enfant. Dans notre pays, les Israéliens essaient de tout détruire, nos maisons, nos rues, nous n’avons pas le droit de nous exprimer ni de nous déplacer. Mais ils n’arriveront pas à détruire notre identité. Et la musique fait partie de notre identité, de notre culture. Cela vaut la peine de se battre.» «Faire de la musique donne de l’espoir. Aucun enfant qui vit dans des camps de réfugiés ou ailleurs en Palestine n’a de rêves. J’ai vu des centres culturels où les enfants dessinaient des chars et des fusils. Un jour, j’ai donné un concert dans un de ces centres. Retourné deux jours plus tard, j’ai vu les enfants continuer à dessiner des chars, mais quelques-uns essayaient d’imiter la forme des instruments. Imaginons deux garçons de cinq ans. Je donne un violon au premier. A 18 ans, il participera à un concours de musique, en Allemagne ou dans un autre pays, alors que le second sera un membre très actif d’un mouvement palestinien.» Mais il faut être très discipliné. Quand Ramzi se rend à Ramallah ou dans des camps de réfugiés, il est toujours entouré d’enfants. Il leur sert d’exemple. Il discute avec eux et essaie de les influencer. Par exemple, les enfants savent bien qu’il voudrait qu’ils se lavent les mains. Et voilà un petit garçon qui lui montre ses mains propres, tout fier de lui. D’après Ramzi, la musique n’aidera les enfants à quitter la rue et à renoncer à la violence que s’ils arrivent à être disciplinés. |
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#2
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| Avec d’autres passionnés de musique, Ramzi a fondé en 2002 l’association Al Kamandjati (Le violoniste). Son objectif est de faire connaître la musique classique aux enfants et aux adolescents palestiniens, de les initier à la musique et de leur faire travailler un instrument. Sur le site Internet d’Al Kamandjati, on peut lire: «Parmi les victimes les moins connues de l’occupation et de la violence israéliennes figurent la culture, les arts plastiques et les activités de loisirs des Palestiniens. Et les enfants en sont les premières victimes. Dès le début, le but d’Al Kamandjati a été de fonder des écoles de musique pour les enfants palestiniens les plus démunis – ceux des camps de réfugiés de Cisjordanie, de la bande de Gaza et du Liban. Comme les musiciens disposent d’un instrument puissant au langage universel, symbole de tolérance et d’ouverture au monde, il faut qu’ils assument leurs responsabilités.» Dans les camps de réfugiés et dans les villages, les musiciens d’Al Kamandjati donnent des concerts et organisent des ateliers pour les enfants et les jeunes, ce qui n’est pas facile car les Palestiniens n’ont pas le droit de se déplacer à l’intérieur des zones occupées. Parfois, les musiciens arrivent trop tard ou bien ils font passer un piano par un poste de contrôle à une heure du matin. Le groupe Al Kamandjati essaie d’intéresser les enfants et les jeunes Palestiniens à la musique afin de leur donner une raison de vivre et donc de l’espoir. Dans ses concerts, c’est la première fois que beaucoup de ces enfants voient un violon ou une clarinette. Et ils sont fous de joie quand les musiciens leur permettent d’en jouer. Les professeurs des écoles de musique Al Kamandjati, pour la plupart des bénévoles, font preuve de beaucoup d’enthousiasme. Les instruments proviennent de dons, de collections ou ils ont été achetés avec l’argent gagné grâce aux concerts donnés en Amérique et en Europe. Chaque enfant doit avoir la possibilité d’apprendre un instrument s’il le désire. Mais la plupart des familles palestiniennes manquent d’argent pour acheter un instrument ou payer des cours. Tous les instruments qui, où que ce soit dans le monde, ne servent plus, apporteraient une grande joie à des enfants palestiniens et pourraient changer complètement leur vie. En août 2005, un conteneur venu d’Angers est arrivé à Ramallah. Il apportait plus de 300 instruments: un piano, un xylophone, des violons, des altos et des guitares. Bien qu’il ait fallu en réparer quelques-uns, personne n’y a vu d’obstacle, car les mains habiles arrivent à tout faire. Dans une rue, on entend au loin de la musique classique. C’est une jeune fille de quatorze ans qui joue l’Ode à la joie de Beethoven. Elle est assise devant une maison et la tante et les cousines qui l’élèvent depuis la mort de ses parents sont fières de l’entendre jouer. «Autrefois, je cassais tout quand j’étais énervée. Aujourd’hui, jouer du violon me calme», raconte la jeune fille. Comme beaucoup d’enfants s’étaient inscrits aux cours de musique de l’école Al Kamandjati, il n’y avait plus assez de place. Pendant deux ans d’un rude travail, on a restauré une vieille maison qu’il a fallu tout d’abord débarrasser d’une montagne de gravats. En septembre, les professeurs de musique ont enfin pu ouvrir avec fierté les portes de cuivre de leur école, havre de paix où les enfants ont la possibilité de fuir la guerre et la violence qui caractérisent la vie à Ramallah. Ramzi Abu Redwan est venu voir une petite fille de 8 ans. Il constate les progrès qu’elle a faits. Elle a non seulement de bons résultats à l’école, mais elle travaille assidûment le violoncelle que l’association de Ramzi lui a offert. Sa mère l’encourage chaleureusement. «La musique est vraiment très importante pour les enfants. Elle peut les empêcher de participer à l’Intifada. Elle les rend plus ouverts, leur change les idées, les pousse à travailler. En fait, elle établit un lien entre les loisirs et l’étude.» Le projet musical de Ramzi, de cet ancien lanceur de pierres, est une véritable pédagogie de la paix. «Je crois que quand on prend soin d’un enfant de réfugiés en lui apprenant un instrument de musique, on l’empêche peut-être de jeter des pierres. La musique, c’est l’avenir d’un état d’esprit pacifique, car la musique suscite le sourire.» • source : horizons-et-débats |
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#3
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| ca n'intéresse personne ????? c'est intéressant pourtant ... ![]() |
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#4
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| D'autres projets de ce type existe. Comme les orchestres à l'école. On cite souvent l'exemple du Venezuela en la matière. En France aussi il existe ce type d'orchestre dans les écoles des quartiers "dits défavorisés". Tiens un petit lien si ça t'interesse. http://www.orchestre-ecole.com/ |
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#5
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