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| Le fléau des accidents da la route au Maroc : une situation inacceptable (1/5/2004) Aucun citoyen et, a fortiori, un médecin, ne peut être insensible à l'annonce des conséquences des accidents de la route. Chaque jour avec une régularité dramatique et une recrudescence les jours fériés ou au moment des vacances, la presse écrite et audiovisuelle annonce des catastrophes terribles brisant des vies, des familles, nous laissant impuissants à tarir ce torrent de sang et de larmes. Les perspectives d'évolution publiées par le ministère de l'équipement et du transport confirment que si aucune mesure novatrice de sécurité routière n'est entreprise entre 2003 et 2010, les accidents corporels de la circulation routière et les victimes qui en découleront continueront à augmenter pour atteindre à l'horizon 2010 : - 71376 accidents corporels (augmentation annuelle moyenne de 4%). - 4803 tués (augmentation annuelle moyenne de 3,1%). - 118386 blessés (augmentation annuelle moyenne de 4,8%). - Cette hécatombe coûterait à l'état marocain plus de 14 milliards de dirhams chaque année. Les commentaires vont bon train sur les causes, sur les responsabilités individuelles et collectives; tout le monde est concerné du politique à l'usager en passant bien sûr par les professionnels de santé qui consacrent une grande partie de leur activité à tenter de réparer les conséquences de cet éternel affrontement entre l'homme et la machine. Des progrès et des innovations permettent aux hommes d'être de plus en plus performants. Mais n'en resterait-il qu'un, nous devrions toujours porter sa souffrance, celle de sa famille et l'amertume de ne pas avoir réussi à éviter " cette mort évitable " ou ce handicap définitif qui nous interpelle. L'accident de la circulation n'est jamais le fait du hasard. Il n'est pas non plus le fait d'une seule cause. C'est bien la conjonction de divers facteurs qui conduit à l'accident. C'est donc en diminuant le risque lié à chacune des composantes qui peuvent intervenir dans l'accident que le progrès est possible. Pour remplir cette mission en collaboration avec tous les départements ministériels concernés, la Sécurité routière doit orienter son action vers les trois composantes que sont le conducteur, la route, le véhicule. Formation, mobilisation, prévention, et répression visent à améliorer le comportement du conducteur. FORMER : En matière de formation, la mise en place d'un véritable continuum éducatif, depuis l'école et tout au long de la vie d'un conducteur, est une priorité. C'est dès la plus tendre enfance que le conducteur commence et doit commencer à se former et il continue et doit continuer de la faire durant toute sa vie. Cette formation permanente se décline d'abord avec les attestations scolaires de sécurité routière. L'instauration d'un continuum éducatif se traduit aussi dans le développement des formations post-permis. Il s'agit là d'inciter les jeunes conducteurs titulaires du permis de conduire depuis un an à suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Il s'agit aussi de mettre en place, des stages destinés aux conducteurs plus expérimentés afin de les faire réfléchir sur leur conduite, et sur leurs .capacités. Parallèlement, la réforme de l'examen du permis de conduire doit permettre de mieux évaluer les candidats. Ainsi l'épreuve théorique générale, le code, en utilisant les nouvelles technologies évitera aux candidats un " bachotage" un peu stérile, et permettra de mieux prendre en compte leur comportement, et pas seulement leur connaissance théorique des panneaux et des règles de conduite. Pour répondre à l'exigence d'une sensibilisation à la sécurité routière dès le plus jeune âge, une attestation de première éducation à la route devrait être mise en place à l'école primaire. MOBILISER : La volonté de mobiliser l'ensemble des acteurs est fortement illustrée par les efforts de communication mais aussi de meilleure connaissance de l'accidentologie et par une politique locale renouvelée visant à associer tous les services de l'Etat et de nombreuses associations œuvrant bien au-delà de la sécurité routière au sens strict. Les campagnes de communication devraient adopter un ton plus direct permettant de montrer la réalité de l'accident et de ses conséquences. Ce changement de ton aurait pour but de sensibiliser et de mobiliser. Mais toute action de communication ou de formation doit s'appuyer sur une connaissance partagée des phénomènes. Pour agir plus rapidement et avec plus d'efficacité, il est nécessaire de posséder des éléments statistiques rapides et fiables. L'amélioration des remontées rapides des données et la modernisation des bulletins d'analyse des accidents corporels devraient aller dans ce sens. Le Conseil national de la sécurité routière devrait être créé. Il sera associé à l'élaboration et à l'évaluation de la politique nationale en matière de sécurité routière. Il commandera les études et recherches qui lui paraissent utiles pour améliorer la connaissance dans le domaine de la sécurité routière. Il fera procéder à des évaluations des actions engagées. Il rassemblera aussi bien les acteurs économiques, les pouvoirs publics que les associations. En fait, la mobilisation de tous ne pourra être réelle que si le problème de l'insécurité routière est véritablement reconnu comme un problème à inclure dans le traitement de l'ensemble des questions liées à la sécurité et à la santé publique. L'hygiène et la sécurité ont pris une place extrêmement importante dans les entreprises. Il importe que la sécurité routière soit comprise dans cette prise en charge. C'est l'objectif des plans de prévention du risque routier, notion que l'Etat s'applique à lui même en demandant à chaque service d'établir un tel document et qu'il souhaite voir développer dans l'ensemble du secteur privé. Près de la moitié des accidents mortels du travail sont des accidents de la circulation. PRÉVENIR : Les actions sur les routes et sur les véhicules complètent l'ensemble du dispositif. La sécurité des infrastructures et l'amélioration de l'information des conducteurs, notamment par le développement d'un schéma directeur de l'information routière sont aussi des éléments de nature à réduire l'insécurité routière. Par ailleurs, la réglementation technique doit permettre de renforcer la sécurité des véhicules mais aussi accroître l'aide à la conduite en utilisant des moyens d'information mais aussi des dispositifs tels que le limiteur de vitesse adaptable par le conducteur. Toutefois les efforts en matière de communication, de formation, d'équipement et plus généralement de prévention ne seront véritablement efficaces que si en aval un taux de contrôle et une chaîne efficace conduisant jusqu'à la sanction sont assurés. Il ne s'agit pas de faire de la répression pour la répression mais bien au contraire, à partir du moment où il a été démontré que le respect des règles était source de sécurité, d'assurer l'application de ce qui a été enseigné et de montrer l'utilité de la règle. Dans cette optique, la mise en place et le développement de plans départementaux de contrôle, sous le contrôle des préfets et en association avec les procureurs doivent permettre de les rendre plus efficaces, de mieux adapter la réponse répressive au risque réellement encouru et de mieux faire percevoir leur utilité. Dans un vaste mouvement d'éducation et de prévention, chaque citoyen doit se sentir concerné mais le médecin, tout particulièrement dans sa mission de santé publique, doit rappeler inlassablement les recommandations qui doivent permettre d'éviter les effets pervers de l'alcoolisme, de la prise abusive de médicaments neuroleptiques et tout ce qui lui paraît incompatible avec la conduite d'un véhicule. Il faut se persuader que chaque moment passé à convaincre son patient ou son malade de se soumettre à ces conseils, c'est peut-être une vie sauvée, un drame familial évité. Le moyen simpliste est à la portée de tout médecin; il suffit simplement d'y penser et de s'en rappeler. Conseils, recommandations, informations, peut-être un jour, si nécessaire, sommation, menace d'une sanction. L'objectif reste le même: écarter ceux dont la conduite comporte un facteur de dangerosité ; les encourager à suivre des conseils adaptés et à prendre conscience de la menace qu'ils représentent. La sécurité routière réalise depuis de nombreuses années des documents qui rappellent à chacun sa responsabilité. Cette action collective et préventive ne nécessite pas de moyens onéreux, elle consomme beaucoup de bonne volonté, une certaine disponibilité et surtout la conviction que nous sommes tous responsables de nos comportements. L'éventail des questions liées à la sécurité routière est extrêmement large; les sujets abordés sont très divers; les structures ministérielles concernées sont très nombreuses. Tout cela justifie non seulement une organisation interministérielle mais surtout implique que ce problème de société soit pris en charge aussi bien par les structures d'éducation et de formation que par celles liées au domaine de la santé. Le médecin a le privilège de bénéficier de la confiance de son patient, raison de plus pour l'informer, l'encourager et le surveiller. Pr. Houcine LOUARDI Chef du Service d'Accueil des Urgences CHU Ibn Rochd- Casablanca |
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| Salam, c´est vraiment affreux ce qui se passe dans les routes du bled. :cry: |
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| Pour aller à leur travail, pour voyager, pour vivre normalement des gens ont besoins de voitures. Mais le HIC c'est que les salaires sont trop bas, et le marocain moyen n'a pas les moyens d'avoir une voiture neuve ni une voiture en bon état. Si demain la police arreterait toutes les voitures en mauvais etat, le maroc serait paralysé. C'est l'un des probleme majeur, les gens pour travailler ont besoin de leur voiture, leur voiture est en mauvais etat, et ils n'ont pas les moyens d'avoir mieux. Aprés ça, c'est l'etat de la route, police ou gendarmme corrompue,.....etc. Il ne faut pas s'attendre à des miracles, beaucoup de bonne volenté, de tenacité, d'acharnement de la part du gouvernement et d'ici quelques années tout ira comme sur des roulettes. Salam |
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