AP | 13.02.2008 | 12:00
L'Argentin José Muñoz, Grand prix de la ville d'Angoulême en 2007, prétend "dessiner pour toucher du doigt la vie". On ne s'y trompe pas avec les albums "Remontée d'égout" et "Dans les bars" qui flirtent avec la déchéance humaine. Assisté dans un autre genre par Carlos Sampayo, à la plume alerte, il livre la première partie du diptyque "Carlos Gardel, la voix de l'Argentine" qui relate la vie de celui qui a donné ses lettres de noblesse au tango argentin. Né en 1890, celui qui a écrit son mythe de son vivant a débuté en chantant dans les cafés contre quelques pièces de monnaie. Le bouche à oreille vantant la pureté de sa voix le conduit aux premiers auditoires qui lanceront sa carrière. Dès lors, Gardel, malgré les filatures dont il est l'objet pour ses amitiés socialistes -la dictature couve-, se sortira de ce mauvais pas en enregistrant sept cents chansons et en apparaissant dans huit films. Symbole de l'insouciance, il flambera quasiment sa fortune au jeu avant de disparaître dans un accident d'avion en 1935. Un album rigoriste et somptueux.
Ed. Futurolopis (64 pages; 16 euros)
http://tempsreel.nouvelobs.com/depec...ee_adulte.html