films berbère


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Vieux 12/01/2004, 19h46
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Des sociétés de production spécialisées, une distribution dans plusieurs pays d′Europe, des stars du genre, un public toujours demandeur : plus de 50 films berbères ont été produits en 10 ans. Le saviez-vous ?

Le film s’ouvre sur une scène de vie normale dans un village. Des femmes enroulées dans des haïks papotent, des enfants miment un combat d’épées et une fille jette son seau dans un puits. Il va se passer quelque chose et on le sent. Entrent alors dans le village, des cavaliers armés jusqu’aux dents. Les villageois, tétanisés, courent dans tous les sens et s’enferment dans leurs maisons en pisé. Gros plans sur les cavaliers, presque un par un. Etonnamment, on pense alors aux films western, aux Sept mercenaires plus particulièrement. Sauf que les mercenaires en question ont en guise de montures des ânes et des mulets, que le chef de bande, borgne, porte une perruque, que la musique de fond rappelle plus celles des films d’action américains de série B que celles d’Ennio Morricone et que surtout, les acteurs ne s’appellent pas Yul Brynner, Steve Mc Queen ou Charles Bronson, mais Ibourka Lahocine, Boufertel Lahcen ou encore Taboukoucht Fatima. Vous l’avez probablement déjà compris, Moker est un film berbère. Si vous êtes d’origine soussie, et que vous parlez couramment votre langue maternelle, vous ne pouvez pas ne pas avoir vu, ou du moins entendu parler et vu traîner sur une étagère chez un membre de votre famille des cassettes VHS de Moker : "dans la production vidéo berbère, Moker est presque considéré comme un film culte, au même titre que Boutfounasst (L’homme à la vache), inspiré d’Ali Baba et les quarante voleurs", explique ce connaisseur du film berbère.

La production vidéo berbère n’est pas un fait nouveau : plus de 50 films ont été produits entre 1991, date de sortie du premier film et 2003 : "nous avons juste répondu à une demande. Que ce soit au cinéma ou sur les deux chaînes nationales, rien n’était fait pour les berbérophones. Ce qui explique que dès la sortie de Tamgharet Ouragh (La femme en or), premier film en langue berbère, ça a fait un tabac. Nous avons dû en vendre au moins 100.000 cassettes", raconte Saïd Boussif, directeur de Boussivision, société de production dudit Tamgharet Ouragh. Voyant là un bon filon commercial, les sociétés de production se sont multipliées comme des champignons, atteignant le nombre de 17 dans les années 90, rejoignant celles qui existaient déjà et qui étaient alors spécialisés dans l’enregistrement des concerts des "Rouaïss", fameux mâallems soussis. Ce qui explique que dès les premiers films, des stars du chant soussi comme Tachinouite, Aârab Atiggui, ou Tabaâmeranet ont eu des premiers rôles dans des films : "cela nous a permis d’accrocher le public", souligne Larbi Altit, directeur de Warda Vision, l’une des sociétés de production de la place, installée à Casablanca. On ne peut s’empêcher ici aussi, de penser au cinéma chantant et dansant égyptien, mettant en scène Oum Kaltoum ou Mohamed Abdelouhab.

Abdellatif Atif - quand vous l’appelez sur son portable, vous tombez sur une messagerie en dialecte soussi - est l’une des stars du film berbère. Il se souvient : "la sortie de Tamgharet Ouragh a été quelque chose d’extraordinaire. Dans les villages, et même en ville, les gens se regroupaient chez quiconque avait un magnétoscope pour voir le film qui durait presque 4 heures. Ça a été un véritable événement dans la communauté berbère". Dans la rue, à Agadir, à Tiznit, à Casablanca ou dans n’importe quelle autre ville marocaine, Abdellatif Atif est reconnu dans la rue, au même titre que Ahmed Nassih, Mohamed Abaâmerane ou Ahmed Baddouj, autres célébrités du film berbère. Ahmed Baddouj, Gadiri d’origine, est un enfant du théâtre : "j’ai commencé à jouer dans des troupes locales en arabe dialectal et en arabe classique, puis j’ai créé ma propre troupe de théâtre Amanar (Etoile de l’aube), avec des acteurs berbères et des textes en berbère. Puis, je suis passé derrière la caméra pour tourner 9 films en berbère".

La qualité du film berbère ? A discuter

Toutes les productions, presque exclusivement, sont tournées dans la région du Souss, entre Agadir et Tiznit. Quels en sont les thèmes ? "Il existe trois types de films berbères : Tabaqchicht, genre de comédie légère ; les films pastoreux qui racontent la vie à la campagne, puis ceux qui se déroulent en ville et qui traitent de problèmes sociaux", explique Ahmed Baddouj. Les points communs entre les trois genres, il y en a beaucoup : d’abord, à moins d’être parfaitement berbérophone, difficile d’en comprendre les dialogues. Par ailleurs, les histoires sont tellement simples que deviner de quoi il s’agit est un jeu d’enfants. Une scène de Tamgharet Ouragh et on comprend vite que le film raconte l’histoire de la relation à trois entre un jeune homme, sa mère et son épouse. Idem pour Moker qui raconte en quatre parties, les dégâts qu’engendre sur son passage Moker, un bandit craint par tous. Hamou Onamir, dans le film du même titre, est un jeune homme courageux en proie entre les forces du bien et du mal, effets spéciaux à l’appui. Regrettable néanmoins, que ces films tournés avec peu de moyens - entre 100.000 et 500.000 DH - soient de manière générale de piètre qualité technique : mauvais son, mauvaise lumière, plans et cadrages basiques, faux raccords, et dire que les acteurs jouent mal est un euphémisme. Et pourtant, ça plaît ! Preuve en est, les sociétés de distribution arrivent facilement à associer à leurs projets des sponsors : marques de thé, de savon, d’huile d’olive ou encore de yaourt, dont les logos figurent en bas des jaquettes. Même la Western Union joue le jeu. Explication : les films produits sont également largement distribués à l’étranger et Boussi Vision comme Warda Vision ont leurs points de vente en France et au Bénélux. Mieux encore, le succès de ces films a même causé la perte de leurs sociétés de production, puisque toutes leurs productions sont aujourd’hui piratées et disponibles en copies VHS et en VCD (vidéo compact disc) pour le coût de 25 à 20 DH - la cassette originale coûte entre 80 à 90 DH : "C’est à cause du piratage qu’il n’existe actuellement plus que 3 sociétés de production", explique Abdellatif Adif, "j’ai trois films dans mes tiroirs et j’ai peur de les distribuer. Aujourd’hui, j’en suis arrivé à investir de l’argent et à ne pas en gagner", se plaint Saïd Boussif.


Le support vidéo n′est pas une fatalité

Le problème du piratage, Lahoucine Faouzi, jeune producteur et réalisaeur, a réussi à le détourner. Comment ? En travaillant uniquement pour la télévision : publicités, documentaires sur la culture berbère, mais surtout, tenez-vous bien, téléfilms en dialecte berbère. C’est d’ailleurs en 2001, pendant le mois de Ramadan que pour la première fois, un téléfilm du genre a été diffusé sur la première chaîne : "un véritable événement, se souvient son réalisateur Lahoucine Faouzi. A Agadir, dans les foyers et les cafés, tout le monde regardait la même chose : Imourane (Les amoureux). Pour l’anecdote, pendant toute la durée du film, un peu partout dans le royaume, les épiceries et autres commerces appartenant à des soussis sont restés fermés toute la soirée". Le succès de Imourane a même dépassé les frontières. En effet, présenté à la huitième édition du Festival de la télévision et de la radio au Caire, le téléfilm a raflé le prix de la meilleure réalisation et le deuxième prix du meilleur long-métrage. Bonne nouvelle, actuellement, Lahoucine Faouzi est en train de finir le tournage d’un deuxième téléfilm en coproduction avec la TVM… ce qui nous changerait des piètres journaux télévisés en trois dialectes (tachelhit, tarifit, tamazight), unique programme en berbère à ce jour. Question qui s’impose : comment expliquer l’absence d’un cinéma berbérophone dans les salles ? Que fait le centre cinématographique pour encourager de telles productions ? Rien, si ce n’est donner des visas d’exploitation aux sociétés de production pour leurs VHS. Disons que la faute est partagée. Du côté de la production d’abord, où on retrouve derrière et devant la caméra des personnes de bonne foi, certes, mais sans formation aucune, improvisant écriture de scénarios, réalisation et interprétation.

Disons-le clairement, la production berbère est encore incontestablement une production amateur. Du côté du Centre cinématographique, rien n’est fait pour pousser de jeunes réalisateurs à se perfectionner et à déposer leurs scénarii en berbère. En somme, ils souffrent des mêmes maux que leurs pairs non berbérophones. Etonnant néanmoins, les dialogues du film de Narjiss Nejjar Les yeux secs, qui sortira dans les salles avant la fin de l’année, sont à plus de 80% en tamazight, dialecte berbère de la région de Khénifra, où se déroule l’histoire du film : "non seulement il était inconcevable pour moi de faire parler en arabe des personnages censés être berbérophones, mais je voulais surtout souligner le fait que dans un même pays, on ne comprenne pas la langue de son voisin", avait déclaré la réalisatrice - non berbérophone - lors d’une conférence de presse. Serait-ce là les débuts du cinéma berbérophone ? On verra bien.

Revendications identitaires

Le 3 septembre 1991 a marqué le début de la production vidéo berbère, soussie plus particulièrement - puisque aujourd’hui, les deux autres dialectes sont absents -. C’est ce jour-là, en effet, que Lahoucine Bouzegarne a commencé le tournage de Tamgharet Ouragh, premier film vidéo berbérophone : "je concrétisais un rêve, et par-là même donnais forme à mon ambition de toujours, valoriser et promouvoir la culture soussie", se souvient non sans fierté cet instituteur de Tiznit. Devrions-nous voir là une quelconque revendication identitaire ? Lahoucine Bouzegarne et les autres réalisateurs, acteurs et producteurs s’en défendent tous : "nous sommes berbères, certes, mais nous sommes surtout marocains, partageant les mêmes valeurs que les non-berbères. Tout ce que nous voulons, c’est mieux faire connaître notre culture". C’est d’ailleurs pour cela qu’en 1985 a été créée Tifawine, association gadirie pour la promotion de cette même culture et qui organise régulièrement concerts de musique, pièces de théâtre et projections de films berbères. Rien d’autre ? Non, rien d’autre, dit-on en chœur du côté de l’association Tifawine. Lahoucine Faouzi, lui, évoque la question autrement : "il n’est pas question que la production berbérophone soit utilisée pour une quelconque revendication politique. Le Maroc a d’abord été une terre berbère avant l’arrivée des Arabes et que donc, la plupart des Marocains ont des origines berbères et ils ne parlent pas le berbère". N’est-ce pas là de la politique ? "Non, c’est de l’histoire", rétorque Faouzi. Ah bon !

telquel-online.com
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  #2  
Vieux 13/01/2004, 22h21
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à lire...
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  #3  
Vieux 13/01/2004, 22h25
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Date d'inscription: novembre 2002
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tu connais le film "les sept vagues d'imouren" c'est chleuh...trop beau comme film
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  #4  
Vieux 14/01/2004, 01h12
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Citation:
izmnaari a écrit*:
à lire...
je veux bien être actrice moi... :-D
j´ai bcp de talent et je vous garantis que vos films amazighs auront bcp de succés... :-D
allo les producteurs écheulhines!!!oú êtes vous ?? ne me cherchaient plus je suis lá :-D :-D
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  #5  
Vieux 14/01/2004, 02h38
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jme charge personnellement de faire disparaitre cette culture qui perciste trop a mon gout :-D héhé faite pas attention je parle dans ma barbe... :-D héhé
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  #6  
Vieux 14/01/2004, 22h48
 
Date d'inscription: novembre 2003
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tu ne pourras pas faire ce que tes ancetres n ont pas pu faire degage petite insecte
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  #7  
Vieux 14/01/2004, 23h05
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Date d'inscription: novembre 2002
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Citation:
a écrit*:
jme charge personnellement de faire disparaitre cette culture qui perciste trop a mon gout :-D héhé faite pas attention je parle dans ma barbe... :-D héhé
on va persister encore longtemps!!!
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