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#1
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| Il est difficile, en ces débuts du 21ème siècle, d’aborder la question de la liberté de conscience dans le champs religieux islamique sans la situer par rapport aux notions de "sharî’a", de "loi islamique" et de "droit musulman" qu’on présente comme les déterminants qui expliquent et commandent les comportements des musulmans dans tous les domaines. Nous commencerons donc par voir quelles sont les significations que recouvrent ces notions pour les comparer à celles qui leur sont attribuées de nos jours aussi bien par les islamistes que par des chercheurs et des spécialistes, à un titre ou à un autre, des réalités islamiques. Cet examen cherchera à reconstituer la généalogie des significations en question en tenant compte de la diversité des usages et des acceptions car s’il y a un sens à donner à la liberté de conscience, c’est d’abord la reconnaissance de la diversité des faits et des conceptions qui constituent une religion. En effet, le premier signe de non respect de la liberté de conscience est la réduction d’une religion, quelle qu’elle soit, à l’une de ces lectures, que ce soit pour s’en réclamer et en faire l’apologie ou pour la rejeter et la dénigrer. Mon propos n’est donc pas de présenter ce qui serait le point de vue de l’islam sur la liberté de conscience car, sur cette question comme sur bien d’autres, en islam comme dans les autres religions, il n’y a pas un seul mais plusieurs points de vue qui engagent avant tout leurs adeptes et auxquels on ne peut réduire les religions dont ils se réclament sans faire le jeu de la logique d’anathème contraire à la liberté de conscience. Je vais donc présenter les différente approches islamiques de cette question en montrant comment elles se situent par rapport aux textes et aux faits fondateurs de cette religion. |
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#2
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| II-La question de la liberté de conscience dans les faits fondateurs de l’islam : I - Sharî’a, droit et loi : La notion de « sharî’a » est trop souvent présentée comme voulant dire la loi sacrée, immuable et intangible de l’islam régissant, ou devant régir, tous les comportements et tous les aspects de la vie des musulmans. Elle serait pour les musulmans l’équivalent de la somme des codes du droit pénal, civil, administratif, commercial, constitutionnel, etc. ; c’est à dire l’ensemble des lois qui régissent les rapports au sein de la société et qui président aux conduites des institutions et des membres du corps social. Dans ce sens, les auteurs du « que sais-je ? » intitulé Le droit musulman - en précisant que leur souhait est « d’exprimer et de faire partager » leur « vraie et sincère sympathie (...) pour le monde musulman, bouleversé par la présence de courants contradictoires et déstabilisé par de cruelles vicissitude »(1) - parlent de la "sharî’a" en disant qu’elle est la loi islamique qui « découle du Coran » (2). Pour ne laisser aucun doute sur le sens qu’ils lui donnent, ils affirment : « Il ne s’agit pas d’un simple acte de foi, mais d’une soumission complète aux règles de vie de la communauté islamique - vie publique, statut personnel et patrimonial, vie courante aussi bien que pratique religieuse -, adhésion sans réserve ni discussion, définitive, non rétractive, sous peine de devenir un renégat. »(3). En ce sens, elle est aussi, sinon totalement, du moins largement confondue avec ce qu’on appelle le « droit musulman » dans le sens où le droit est l’ensemble « des règles qui gouvernent les rapports des membres d’une même société. »(4) Cette assimilation est confortée par l’usage courant dans les pays musulmans où tout ce qui à trait au droit est souvent référée à la sharî’a (ainsi parle-t-on, à titre d’exemple, de faculté et d’études de sharî’a pour dire « de droit »). Ce genre de confusion est largement repris par tout ce qui s’écrit de nos jours sur la notion de sharî’a aussi bien par des musulmans que par les médias ou des spécialistes de l’islam. Pourtant, rien dans l’étymologie et l’usage coranique du terme ne justifie une telle confusion. L’étymologie arabe du mot sharî’a renvoie à l’idée de source d’eau et de voie menant à la source. Les dérivés « sharra’a » et « tashrî’ », utilisés de nos jours au sens de légiférer et de législation, désignaient - et désignent toujours dans l’usage quotidien des bédouins au Maghreb comme au Mashrek - l’action de conduire le troupeau à un endroit où il peut s’abreuver (puits, fontaine, rivière, étang ou mare). Les quatre versets coraniques qui évoquent cette notion - deux fois sous la forme verbale « shara’a » (V.13/Ch. 42), au singulier, et « shara’û » (21/42), au pluriel, et deux fois sous la forme nominale « sharî’a » (18/45) et « shir’a » (48/5) - ont été interprétés par les différents exégètes musulmans au sens de religion en tant que celle-ci peut être considérée comme une voie de salut proposée aux humains tout autant que comme une source ou un réservoir de sens et de valeurs pour ses adeptes qui sont, comme tous les humains, à la recherche de ce qui peut donner sens à leur existence, à leurs actes et aux relations qu’ils établissent avec d’autres comme avec le monde. De même, les philologues, les grammairiens et les spécialistes de la langue arabe qui se sont intéressés aux différents usages de la notion de sharî’a à l’époque classique l’ont toujours rattachée à ce champ sémantique sans la référer aux notions de loi ou de droit. Il suffit pour s’en rendre compte de revenir à la recension relative à ce sujet dans le célèbre dictionnaire Lisân al-’arab d’Ibn Manzhour (1233-1311/630-711). C’est pourquoi, les théologiens comme les autres penseurs musulmans ont de tout temps utilisé la notion de sharî’a plus comme synonyme de religion que comme une notion d’ordre juridique. Même pour les auteurs de ce qu’on appelle les « doctrines juridiques » traditionnelles la sharî’a n’était pas la loi mais une source, parmi d’autres (dont la coutume, les « intérêts courants », la raison, etc.), de l’élaboration des normes relatives aux conduites des humains et aux relations entre eux. En effet, la sharî’a - au sens de religion, que ce soit l’islam ou toute autre religion, étant porteuse de normes concernant le bien et le mal, la justice et l’injustice, le licite et l’illicite, ce que les humains doivent ou peuvent faire et ce qu’ils ne doivent ou ne peuvent pas faire, etc.,- a toujours servi, comme une source parmi d’autres, aux législateurs comme aux auteurs de traités et de doctrines morales et politiques. Les « versets normatifs » (’âyât al-’ahkâm) du Coran ne constituent pas forcément, comme le pensent ceux qui y voient des « versets juridiques » ou de « sentence », des règles de droit immuables et intangibles « parce que d’origine divine », mais des « limites » (ce qui est le sens du terme hudûd qu’on traduit abusivement par « sanctions légales ») que le législateur, ou tout autre acteur, ne doit pas dépasser sans qu’il soit pour autant obligé d’aller jusqu’à les appliquer ou exiger leur application, puisque « pardonne c’est encore plus pieux » (238/2). (L’incitation au pardon revient dans près de quinze versets, sans parler des versets relatifs au pardon divin). C’est la raison pour laquelle cet aspect de la religion ne fait partie ni des piliers de la foi ni des pilier du culte (appelés couramment les piliers de l’islam) ; car, équivoques, ils ont toujours donné lieu à des interprétations divergentes quant à leur implications comme à leur portée ou leur caractère -contraignant ou laissé à la libre appréciation de la conscience de chacun - comme le rappelle Averroès dans sont traité relatif aux divergences entre les juristes théologiens musulmans (5). |
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#3
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| Ce n’est que très tardivement, avec l’apparition des codifications juridiques inspirées par les conceptions liées à l’Etat-nation moderne et avec l’avènement d’une volonté d’unifier les juridictions séculières, coutumières et religieuses qui avaient toujours cohabité dans les sociétés musulmanes jusqu’aux 19ème et 20ème siècles, que le terme sharî’a a commencé à prendre, à côté de ses significations traditionnelles, le sens de « loi religieuse » englobant les codes établis - parfois par des militaires et par des agents de l’administration coloniale, comme fut le cas en Algérie6, à partir du 19ème siècle. Cette évolution n’est pas sans rapport avec la volonté des pouvoirs politiques de légitimer par la religion des codes présentés comme étant "la loi édictée par Dieu" ou, du moins, découlant de la religion et en faisant parie intégrante. C’est le meilleur moyen pour faire passer la désobéissance à la loi, et à l’autorité qui l’incarne et qui en est la gardienne, pour une forme d’hérésie, voire un acte d’apostasie méritant le châtiment suprême. Cette instrumentalisation politique de la religion, qui ne date pas d’aujourd’hui et qui n’est pas propre à l’islam, est une arme terrible que des mouvements politico-religieux ont toujours réussi à retourner contre les pouvoirs qui s’y livrent : une véritable surenchère amènent les différents protagonistes à s’accuser mutuellement d’hérésie et de non respect de la sharî’a, dont ils prônent des versions plus intégristes les unes que les autres, allant jusqu’à l’improvisation d’interprétations et de pratiques inédites comme celles dont on a vu des exemples en Afghanistan ou en Algérie ces dernières années. C’est l’occultation, ou l’ignorance, des significations originelles et les plus courantes de la notion de sharî’a, et des facteurs qui ont présidé à son usage politico-idéologique contemporain, qui permettent le glissement de son sens général renvoyant à la religion comme « voie », « source », ou « réservoir de sens et de valeurs » - sens qui s’applique à toutes les religions - à celui de « loi islamique » et de « droit musulman » avec l’illusion - voulue, entretenue ou subie -qu’il s’agit d’une normativité juridique implacable, intangible, immuable et sacrée - comme le Coran dont elle serait directement tirée - comme l’affirment, sans laisser place au moindre doute, des spécialistes aussi différents que Bernard Lewis (7), Camille Lacoste-Dujardin (8), les auteurs de l’ouvrage précité sur ce qu’on appelle « le droit musulman »(9), et bien d’autres spécialistes qui réduisent l’islam à des images d’Epinal et à ses lectures idéologico-politiques les plus totalisantes et les plus intégristes L’islam est apparu, au 7ème siècle, dans un contexte où la question de la liberté de conscience était tributaire - comme elle l’a toujours été et elle l’est souvent de nos jours - de la situation socio-économique, des enjeux politiques, des rapports de forces et des relations entre les communautés confessionnelles et au sein de chaque communauté. A certains moments, le besoin de l’autre, la tolérance et l’ouverture l’emportent ; à d’autres moments, la peur de la différence, l’intolérance et la fermeture sont à l’origine des pires atteintes à la liberté de conscience : inquisition, persécution, voire extermination de « l’infidèle » et de « l’hérétique ». Lorsque l’islam est apparu, l’Arabie n’était pas à l’abri des répercussions et des confrontations entre les Byzantins et les Sassanides perses qui, d’un côté comme de l’autre, n’ont pas hésité à exploiter les différends religieux entre christianisme, judaïsme, mazdéisme, manichéisme, voire les conflits entre les adeptes d’une même religion comme celui qui opposa nestoriens et monophysites, etc. Les populations de l’Arabie, du Nord jusqu’au Sud, ont été mêlées à ces conflits et en ont subi les conséquences : au Nord, les Ghassanides monophysites alliés des Byzantins et les Lakhmides nestoriens alliés des Perses, au Sud les Juifs du Yémen soutenus par les Perses et les Chrétiens soutenus par les Byzantins et leurs alliés Abyssins ; à l’intérieur de l’Arabie, les conflits entre les tribus mobilisaient toutes les ressources dont le facteur spirituel pour diminuer et vaincre l’adversaire. |
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#4
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| Par ailleurs, la volonté de vivre ensemble qui a vu le jour parmi certaines tribus arabes soucieuses d’assurer la sécurité du commerce caravanier dont elles ont hérité à la suite du déclin de ses foyers au Yémen - du fait des conflits pré cités -, et le besoin d’unité contre les menaces extérieures, ont favorisé la tolérance entre les populations des tribus qui avaient besoin de s’unir et de vivre ensemble ; La Mekke et les autres relais du commerce caravanier en Arabie étaient des foyers de tolérance de temps en temps perturbés par les effets des conflits dont les protagonistes, faute d’autres arguments, faisaient appel aux fidélités, aux différences et aux oppositions spirituelles. L’islam naissant à La Mekke a connu les effets de ces retournements de situation et a fait l’objet de l’intolérance et de la persécution des riches Mekkois inquiets des conséquences de la nouvelle religion pour la position qu’ils avaient acquise en Arabie grâce au commerce caravanier et au pèlerinage à La Mekke dont la Ka’ba a éclipsé les autres Ka’ba de l’Arabie. Il a aussi profité de la tolérance du Négus d’Abyssinie et des tribus de Yathrib (la future Médine) qui ont offert l’asile à ses adeptes et à son prophète. Son attitude à l’égard de ses adversaires mekkois a évolué de la quête de tolérance avant 622 - date de l’hégire- à la volonté de les soumettre, y compris par la guerre et la conquête entre 622 et 629, date de la conquête définitive de La Mekke par Muhammad et ses fidèles. De même la relation avec les populations de l’Arabie et des contrées voisines, qu’elles soient chrétiennes, juives ou d’autres croyances, a connu alternativement la tolérance et le conflit qui est parfois allé jusqu’à l’extermination, comme ce fut le cas pour la tribu juive de Banu Quraydha à Médine après 624. Dans quelle mesure ces faits sont-ils constitutifs de la religion musulmane ? A cette question, les musulmans apportent des réponses différentes : pour les uns, tout ce que le Prophète et ses compagnons ont fait est constitutif de la religion ; pour d’autres il faut distinguer, dans l’action de Muhammad et de ses compagnons, ce qui relève de la religion et ce qui relève de leur conduite en tant qu’êtres humains ou en tant que chefs politiques poursuivant l’oeuvre de leurs ancêtres pour unifier les Arabes. Dans ce sens, le théologien A. Abd Al-Râziq précise que le recours à la force et à la guerre relève de l’action politique, que Muhammad en tant qu’Arabe avait le droit de mener, n’a rien à voir avec l’islam en tant que religion qui ne peut admettre la contrainte et le recours à la violence. Entre ces deux positions tranchées, il existe toute une gamme de points de vue plus ou moins nuancés : certains considèrent que le recours à la force relève des exceptions qu’impose une conjoncture qui ne permet pas de faire autrement, la règle devant être la tolérance et le respect de la liberté de conscience ; d’autres pensent au contraire que la règle doit être le combat jusqu’à ce que "toute la religion soit rendue à Dieu" à travers l’adoption de l’islam qui "est la religion pour Dieu" ; la tolérance et la coexistence pacifique avec les adeptes d’autres religions ne peut être qu’une exception qu’impose un rapport de forces défavorable aux musulmans. Le texte coranique qui s’est constitué progressivement entre 610 et 632 reflète cette alternance entre intolérance et appel au combat contre les infidèles et les hérétiques, et quête de tolérance et respect de la liberté de conscience. Dans le premier registre, nous trouvons les versets appelant à tuer les impies (ou les infidèles) là où on les trouve (9/4), à "combattre sur la voie de DIeu" les amis de Satan (chap. V), "Ceux qui vous combattent" (ch. V), "les infidèles" (52/25), "les impies et les hypocrites"(9/73 et 66/9), "l’extermination" de "ceux qui mènent la guerre contre Dieu et son Prophète, et qui répandent le mal sur la terre"(5/33) etc. Dans le deuxième registre, nous trouvons les versets qui rappellent qu’il n’y a "pas de contrainte en matière de religion" (2/256), que "la vérité provient de votre seigneur ; celui qui veut être croyant, qu’il le soit et celui qui veut être incroyant qu’il le soit" (18/29), que "si Dieu l’avait voulu, il aurait fait des humains une seule communauté" (11/18, 5/48, 16/93) ; qu’il faut dire aux incroyants "vous avez votre religion et j’ai la mienne", que le prophète a pour mission de "rappeler" et non de "contraindre" (..) et que "si un associateur (polythéiste) te demande l’asile accorde-le lui afin qu’il entende la parole de Dieu" (9/6). |
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#5
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| Le texte coranique, qui représente aux yeux des musulmans l’ultime référence, pose les mêmes problèmes que la tradition prophétique : quel est le point de vue de l’islam au sujet de la liberté de conscience ; faut-il la reconnaître et la respecter ou est-ce une valeur qu’il ignore et qu’il sacrifie pour imposer sa vérité ? A ces questions, les réponses des musulmans divergent : les adeptes de l’intolérance ne retiennent que les versets incitant au combat et au meurtre des « infidèles », des « hypocrites », des « associateurs », des « amis de Satan », des « ennemis de Dieu et de son Prophète » « jusqu’à ce que toute la religion soit rendue à Dieu ». Certains, à l’instar du juriste théologien Abu Bakr Ibn Al-’Arabî, considèrent que les versets relatifs à la tolérance et au respect de la liberté de conscience ont été abrogés par les versets incitant au combat des « infidèles » et des « hérétiques ». D’autres admettent la tolérance et la coexistence pacifique avec les non musulmans lorsque l’intérêt, la situation et le rapport de forces l’exigent ; mais, si rien n’y oblige, il faut combattre jusqu’à ce que tout le monde embrasse l’islam ou, selon d’autres, se soumette à l’autorité des musulmans et s’acquitte de l’impôt de soumission qu’est la djizya. Rejetant cette position, les adeptes de la tolérance et du respect de la liberté de conscience ne tiennent compte que de la deuxième catégorie de versets. S’ils ne méconnaissent pas les versets qui les contredisent, ils les relativisent en n’y voyant que des injonctions liées à des circonstances déterminées et refusent d’y voir une règle générale. Ils réfutent le point de vue de ’Ibn Al-’Arabî en faisant valoir que même si l’on admet qu’ils sont venus chronologiquement après, les versets appelant au respect de la liberté de conscience, ce qui est difficile à vérifier, ils ne peuvent pas les abroger parce qu’un énoncé valant pour des circonstances particulières ne peut abroger un énoncé qui a valeur de règle générale. Ils entendent par là que les versets qui prônent la tolérance et le respect de la liberté de croire ou de ne pas croire ont une portée universelle et les versets dits "de combat" sont relatifs à une situation particulière. Certains admettent le statut équivoque de cette question et refusent d’attribuer à l’islam une position plutôt qu’une autre en la matière. III - Le Devenir de la liberté de conscience dans le monde musulman : le poids des enjeux politiques et le rôle des juristes théologiens. Dès la disparition du Prophète, les conflits opposant les prétendants à sa succession à la tête de la communauté musulmane (le Califat) et ceux qui contestent le principe même d’une telle succession ont eu des conséquences fâcheuses pour la tolérance et la liberté de conscience. Les premières victimes furent les tribus nomades qui voulaient se soustraire à l’autorité des citadins de la Mekke et Médine. Leur refus de reconnaître l’autorité du premier Calife (Abu Bakr, 632-634), fut assimilé à une apostasie pour laquelle le successeur du Prophète n’hésita pas à instituer comme sanction la peine capitale. Désormais, un musulman n’a pas le droit de renier l’islam sous peine de condamnation à mort et d’exécution. Les musulmans ont oublié l’origine politique de cette innovation dont les pouvoirs politiques ont de tout temps usé et abusé. Les victimes de cette règle ont été souvent des musulmans dont le seul crime était le refus de cautionner la politique du pouvoir en place. Sous le règne du même Calife, on a assisté à la conversion de la razzia, que les tribus nomades soumises par la force ne pouvaient plus pratiquer en Arabie, en "combat sur la voie de Dieu" contre les pays voisins pour y répandre l’islam et les soumettre à l’autorité du Calife. Les califes et les dynasties qui ont succédé au règne d’Abu Bakr à Médine, puis à Damas, à Baghdad et dans les autres capitales des empires musulmans, ont pérennisé cette double tradition : l’assimilation de toute contestation à une hérésie ou à une apostasie pour laquelle ils ont réservé les pires sanctions ; la justification des guerres de conquêtes ou contre un quelconque ennemi intérieur ou extérieur, à un "combat sur la voie de DIeu" pour lequel les musulmans doivent tout sacrifier, leur vie comme leurs biens. Dans les deux cas, les premières victimes ont été et restent les musulmans eux-mêmes ; parfois, mais plus rarement, les minorités non musulmanes des pays voisins d’empires musulmans expansionnistes ont subi les conséquences de cette instrumentalisation de l’islam pour légitimer les ambitions de tel ou tel prince, de telle ou telle dynastie, de telle ou telle dissidence, etc. C’est dans ce contexte - et souvent à la demande des califes, des sultans et des princes sans autres scrupules que le souci de sacraliser par la religion leur autorité et leurs pratiques -que des juristes théologiens ont délivré des fatwas et élaboré des théories juridiques relatives, entre autres, à ce qu’il est possible de croire ou de ne pas croire, au statut, aux obligations et aux droits de chacun selon ce qu’il croit ou ne croit pas. On peut distinguer dans ces théories : ce qui concerne les musulmans, ce qui concerne les « Gens du Livre » et assimilés, ce qui concerne les « associateurs » (les polythéistes), les adeptes d’autres croyances et les athées |
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#6
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| c (1)droits et obligations religieuses des musulmans : Théoriquement, il n’existe pas en islam une autorité religieuse servant d’intermédiaire entre le croyant et son sacré. Un musulman n’aurait donc aucun compte à rendre à qui que ce soit en matière religieuse : on n’a pas à suspecter ou à mettre en doute la foi de celle ou de celui qui a prononcé la double attestation relative à l’unicité divine et à la prophétie de Muhammad, même s’il n’observe pas les obligations cultuelles , ou se réclame d’une autre obédience, doctrine ou rites. Des musulmans de toutes les obédiences, de toutes les sensibilités, de toutes les sociétés et de toutes les époques, ont revendiqué cette conception chaque fois qu’ils ont été discriminés ou persécutés par d’autres musulmans qui, profitant de leur hégémonie ou désireux d’imposer au nom de la religion leur domination, se sont souvent donné ou se donnent le droit de pratiquer l’inquisition. En effet, en raison de la complicité entre le pouvoir politique et les juristes théologiens qui lui apportent la caution de la religion, les musulmans peuvent se trouver victimes d’une multitude de violations de la liberté de conscience - comme cela est arrivé par le passé et s’observe de nos jours dans des pays comme l’Arabie Saoudite, le Soudan, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, ou comme cherchent à l’imposer les mouvements islamistes en Algérie, en Egypte et dans les pays où il se sentent assez forts pour passer à l’acte. Ces violations sont souvent justifiées au nom de principes codifiés par les juristes théologiens sur la base d’exégèses coraniques, de traditions et de faits historiques allant dans le sens de la limitation de la liberté de conscience des musulmans avant les autres. C’est ainsi que le délit d’apostasie établi dès le règne du premier Calife, ne s’applique - dans le champ islamique - qu’aux seuls musulmans qui se trouvent ainsi privés du droit de changer de religion, sans compter qu’ils peuvent être accusés injustement d’apostasie comme cela s’est passé et se passe très souvent. De nos jours, les Baha’îs en Iran, depuis l’avènement de la République Islamique, ont été considérés comme des apostats et subirent les pires exactions qui ont obligé les rescapés d’entre eux à choisir l’exil. Dans les autres pays musulmans, les victimes de l’accusation d’apostasie sont souvent des intellectuels dont les écrits dérangent les gardiens des orthodoxies et les islamistes qui leur disputent cette fonction. Cela va de la censure d’œuvres scientifiques, littéraires ou artistiques (tels que les ouvrages de Nasr Hâmid Abou Zîd, Mohamed Arkoun, de Nawâl Sa’dâwî, de Abd Al-Karîm Khalîl, de Sayyid Mahmoud Al-Kimanî, les romans du syrien Haydar Haydar et du marocain Mohamed Choukri, les films de Youssef Chahine,etc.), à la condamnation à mort et à l’exécution de l’accusé comme cela est arrivé au Soudan en 1985 pour le théologien Muhammad Mahmûd Taha qui ne partageait pas la même conception de la sharî’a que le pouvoir et ses alliés islamistes, en passant par différentes formes de persécution telles que la condamnation de l’accusé d’apostasie à divorcer avec son épouse au prétexte qu’il n’est plus musulman et qu’en tant que tel il n’a plus le droit de vivre avec une musulmane (comme fut le cas pour l’universitaire égyptien Nasr Hâmid Abou Zîd obligé de se réfugier en Hollande pour continuer à vivre avec sa femme !)l Parfois, même si l’accusation d’apostasie ne donne pas lieu à une condamnation, elle expose la victime à la vindicte populaire et des fanatiques se chargent de l’exécuter à l’instar de se qui arriva pour l’intellectuel égyptien Faradj Fûdhâ. Outre l’accusation, à tort ou à raison, d’apostasie, les musulmans ont longtemps souffert de l’accusation d’hérésie dont furent victimes les obédiences minoritaires. L’intolérance à l’égard de celles-ci a été, comme dans toutes les religion, beaucoup plus importante qu’à l’égard des non musulmans. En effet, les différentes formes d’inquisition, dont certaines persistent jusqu’à présent, ont concerné en premier lieu les musulmans considérés comme hérétiques par les gardiens des doctrines hégémoniques qui veulent avoir le monopole de parler au nom de l’islam et n’admettent aucun écart par rapport à leurs conceptions. Par ailleurs, dans la plupart des pays musulmans, le délit de blasphème continue à jouer comme une arme redoutable contre la liberté de conscience. Dans certains pays, comme l’Arabie Saoudite et les pays passés depuis les années 1970 sous l’autorité de telle ou telle mouvance islamiste (comme l’Iran, le Soudan, l’Afghanistan, etc.), une sorte de police religieuse (les muhtasibs, les « gardiens de la révolution islamiques »), poursuit, arrête et inflige des châtiments d’une autre époque à celles et ceux qui sont accusés de blasphème, qui n’observent pas les obligations cultuelles (comme le jeûne du ramadan, la prière), ne respectent pas les normes religieuses - telles que les interprètent la doctrine officielle - (comme les interdictions relatives à la consommation de l’alcool, à la mixité, à la manière de s’habiller pour les femmes comme pour les hommes, etc.). |
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#7
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| 2 - Le statut des « Gens du Livre » et assimilés : Conformément à l’enseignement coranique et à la tradition consacrée, les autorités musulmanes ne doivent pas se mêler des croyances et de tout ce qui à trait à la religion des « Gens du Livre » : les juifs, les chrétiens, les sabéens et, par extension, ceux qui ont « un semblant de livre » (comme les mazdéens et les hindouistes auxquels les musulmans ont accordé très tôt, dès les premières conquêtes qui ont suivi l’avènement de l’islam, le même statut et les mêmes droits qu’aux chrétiens et aux juifs). Ils ont le droit de garder leurs croyances, de célébrer leurs cultes, d’avoir leurs institutions, leurs juridictions et leurs représentants auprès de l’autorité. Ils ne sont pas concernés par les accusations d’apostasie ou d’hérésie et des persécutions liées à ces accusations qui ne concernent que les musulmans. Ils sont, par contre, concernés par le délit de blasphème au même titre que les musulmans. Malgré la relative tolérance qu’ a toujours garantie le statut de dhimmi (protégé) aux « Gens du Livre », ce statut est très tôt devenu synonyme de discrimination : Certaines fonctions leur sont, selon les situations, interdites ; leur lieux de cultes ne doivent pas être plus haut que ceux des musulmans ; l’appel à leur prière ne doit pas couvrir celui de la prière musulmane ; un musulman a le droit de chercher à convertir un non musulman parmi les « Gens du Livre » mais le contraire est sévèrement puni ; les lieux saints de l’islam - que l’Arabie Saoudite a élargis depuis les années 1930 à l’ensemble de son territoire justifiant ainsi la fermeture de l’un des plus anciens archevêchés du monde à Nadjrân - leur sont interdits. Certains juristes ont préconisé - durant les siècles de décadence, et en rapport avec les conflits avec les pays européens engagés dans les croisades - des discriminations en matières fiscales et ont poussé l’intolérance jusqu’à codifier les formes d’humiliation à leur faire subir pour leur rappeler leur statut inférieur,. Sous l’Empire Ottoman devenu « l’homme malade de l’Europe » menacé par les puissance européennes, ces codifications ont même préconisé l’interdiction aux dhimmis de porter certaines couleurs réservés aux musulmans et l’obligation de porter des signes permettant de les identifier même dans un hammam. De nos jours, de ces discriminations il subsiste encore l’interdiction d’accès à certaines fonctions dites de souverainetés, différentes d’un pays à l’autre. De même, dans certains pays, comme en Egypte, les groupes islamistes et certains théologiens se donnent le droit de dénigrer les croyances des non musulmans dont le christianisme , les Coptes ne peuvent pas répondre aux attaques contre leur religion : aux yeux de la législation et des autorités de leur pays, répondre aux détracteurs de leur religion est assimilé à une forme de prosélytisme que le statut de dhimmi interdit aux non musulmans. Le pire, c’est lorsque les minorités non musulmanes se trouvent accusées de connivence avec des pays étrangers du seul fait qu’elles partagent la même religion que la population de ces pays comme c’est le cas pour les chrétiens perçus comme des croisés ou des agents de tel ou tel pays occidental, ou les juifs assimilés à Israël. Ces raccourcis mettent à mal les traditions de tolérance et sont parfois à l’origine d’attentats, d’assassinats et d’actions qui rappellent les pogroms contre des minorités auxquelles on reproche d’avoir la même croyance à laquelle on identifie tel ou tel pays considéré, à tort ou à raison, comme ennemi. 3 - Statut des non musulmans qui ne font pas partie des « Gens du Livre » : Bien que certains versets coraniques refusent toute contrainte en matière de religion, incitent à accorder l’asile à« l’associateur » (polythéiste ou idolâtre) qui le demande, et reconnaissent à chacun le droit de croire ou de ne pas croire, les juristes théologiens musulmans ont souvent considéré comme intolérable le fait d’être athée ou polythéiste en faisant valoir d’autres versets coraniques ou des traditions allant dans le sens de leur intolérance. Hormis quelques épisodes où les non musulmans qui ne font pas partie des « Gens du Livre » ont pu bénéficier de la tolérance à l’égard de ceux-ci, et qui leur a permis d’exprimer leurs opinions - et même de railler les dogmes religieux à la manière d’IBN Al- Râwandî (8ème-9ème s.), d’Abû Bakr Al-Râzî (9ème-10ème s.) ou de Ma’arrî (10ème-11eme s.), à l’époque classique - , ou de défendre les thèses scientistes, positivistes et matérialistes, comme cela a commencé à se faire depuis le 19ème siècle, il y a toujours eu une vive hostilité à l’égard de tout ce qui est assimilé au polythéisme et à l’athéisme. C’est presque aussi intolérable que l’apostasie. Beaucoup de théologiens continuent à considérer comme un devoir sacré le combat contre l’athéisme sous toutes ses formes et contre ce qu’ils appellent « les idéologies et les courants destructeurs ». Contre l’intolérance, la discrimination et les différentes limitations à la liberté de conscience prônées et justifiées au nom de l’islam, des voix musulmanes se sont toujours élevées faisant valoir des lectures de l’islam contraires à ces pratiques. De nos jours, la plupart des Etats du monde musulman ont ratifié la Déclaration Universelle des droits humains . Certains pays ont inscrit la liberté de conscience dans leur constitution. La Ligue Arabe a appelé, suite à une réunion organisée sous son égide au Caire en novembre 2001, les Etats arabes et musulmans à « réviser les programmes éducatifs et culturels » dans un sens « plus éclairé (...) et plus tolérant », à rejeter les discours traitant « l’autre d’impie » et à prôner le dialogue et non le choc des civilisations. Ces évolutions servent d’appui aux défenseurs de la liberté de conscience - dont des théologiens et des musulmans qui refusent l’assimilation de leur religion à l’intolérance et à la discrimination - pour promouvoir une citoyenneté garantissant l’égalité de tous, et de toutes, par delà les fidélités spirituelles et les appartenances ou non appartenance confessionnelles. Pour contrer les lectures hostiles à la liberté de conscience au nom d’un soit-disant respect de l’identité et de la tradition musulmanes, des exégèses nouvelles ils et des recherches de plus en plus nombreuses sont menées dans le sens de réhabiliter des lectures et des traditions occultées par des siècles de décadence et d’obscurantisme. Malheureusement, leurs efforts sont rarement relayés par les médias qui préfèrent amplifier les voies de leurs adversaires qui se mêlent à celles des adeptes de la « guerre des cultures » dans toutes les sociétés. L'islam ne peut vivre en autarcie mais doit coexister et tolerer un comportement plus rationnel et plus coherent, ou chacun trouve son compte et se sent protegé Notes : F. J. Pansier et K. Guellaty, Le droit musulman, PUF, Paris2000, pp 3-4. 2 Ibid, p. 23. 3 Ibid. 4 Le Grand LAROUSSE, 1962. 5 Ibn Rushd, Bidâyatu’l-mudjtahid wa nihâyatu’l-muqtaçid (ce par quoi doit commencer celui qui veut faire l’effort de réfléchir par lui même, et le minimum que doit connaître celui qui veut faire l’économie d’un tel effort), cet ouvrage a fait l’objet de plusieurs éditions. 6 Voir à ce sujet les travaux de J.R. Henry dont Loctrine coloniale du droit musulman, CNRS, Marseille 1979. 7 Entre autres, dans son Langage politique de l’islam, ou dans Le retour de l’islam, Gallimard, Paris, 1985 et 1982. 8 Voir son article sur le statut des femmes musulmane dans Etat du monde des religions, La découverte, 1987. |
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#8
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| Quand un acte déviant ne fait plus réagir, il cesse d’être déviant Dans chaque société, on trouve des bons citoyens et des individus qui ne se conforment pas aux valeurs et aux normes sociales. La sociologie qualifie cette infraction aux règles de la société, de « déviance ». Et comme nous savons tous, quand un acte déviant ne fait plus réagir, il cesse d’être déviant. Quand les rois entrent dans une cité ils la corrompent, et font de ses honorables citoyens des humiliés. Les rois et leurs savants pourris ont altéré la religion par leurs mensonges et leurs falsifications ; face à leur tyrannie, le peuple n’a pas pu dire son mot et a gardé le silence ; les nobles savants qui se sont révoltés ont eu comme sort la prison, voire l’assassinat… sans parler de leurs ouvrages qui ont été brûlés, voire dénaturés. Les générations qui suivent, ignorent ce qui s’est passé ; elles se sont trouvées face à des déviances, une situation anarchique qui l’ont pris comme norme. Aujourd’hui, la norme c’est la déviance [la lapidation des adultères et la contrainte religieuse, sont des déviances qui sont devenues une norme], et la déviance c’est la norme [nulle lapidation en religion, et nulle contrainte en religion, sont des normes qui sont devenues des déviances]… c’est la société musulmane qui est devenue un monde à l’envers. Nulle Contrainte en Religion L’Islam est une religion qui fait appel à l'amour, la paix, la fraternité, et la solidarité entre toutes les composantes de la société. C'est une religion qui dénonce toutes sortes de terreur et de violence. C’est une religion qui interdit le barbarisme, les violences gratuites et les agressions injustes. L’Islam n'autorise l'utilisation de la force que pour des fins défensives avec prise en considération la préservation des âmes des innocents car tuer des gens qui n'ont rien commis est un des plus grands pêchés. Ce genre d'attitudes est une transgression et Allah n'aime pas les transgresseurs. {190. Combattez dans le sentier de Dieu ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Dieu n'aime pas les transgresseurs !} Sourate 2 : La vache (Al-Baqarah) L'Islam commande à ces adeptes de traiter justement et gentiment les non musulmans et de couper les liens uniquement avec ceux qui montrent une hostilité envers l'Islam. L'Islam commande aux musulmans de pousser le mal par le bien… mais que va-t-on faire quand l'ennemi nous déclare la guerre et refuse toutes sortes de solutions pacifiques ??? {8. Dieu ne vous défend pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Dieu aime les équitables. 9. Dieu vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattus pour la religion, chassés de vos demeures et ont aidé à votre expulsion. Et ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes} Sourate 60 : L'éprouvée (Al-Mumtahanah) Les guerres naissent des guerres. La guerre est l’acceptation de la mort. Celui qui nous viendra avec l’épée n’aura que l’épée et pire encore, et celui qui nous viendra en frère sera bien accueilli et bien traité : il sera reçu en frère. {39. Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) - parce que vraiment ils sont lésés; et Dieu est certes Capable de les secourir - 40. ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, - contre toute justice, simplement parce qu'ils disaient : "Dieu est notre Seigneur". - Si Dieu ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom de Dieu est beaucoup invoqué. Dieu soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion). Dieu est assurément Fort et Puissant} Sourate 22 : Le pèlerinage (Al-Hajj) L'Islam est une religion qui dénonce et interdit toutes sortes de contraintes religieuses. L'homme est libre de son choix. Il a le droit d'accepter l'Islam comme religion et croyance, comme il a tout le droit de le refuser. La mécréance et l’apostat sont des pêchés oui… mais pas des crimes sanctionnables. {256. Nulle contrainte en religion !} Sourate 2 : La vache (Al-Baqarah) Inviter les gens à suivre les préceptes moraux de l'Islam est une obligation pour chaque musulman, mais avec prise en considération qu'il est strictement interdit de forcer les gens à croire à la religion ou à la pratiquer… cela va à l'encontre de l'esprit et l'essence de l'islam. La foi et le culte doivent être embrassés avec la volonté et la conscience libres. Ils n'ont une valeur que lorsqu'ils visent le contentement de Allah et l'obtention de Son agrément. {45. Nous savons mieux ce qu'ils disent. Tu n'as pas pour mission d'exercer sur eux une contrainte. Rappelle donc, par le Coran celui qui craint Ma menace} Sourate 50 : Qaf La norme, l’Islam est une religion d’amour et de paix, c’est une religion qui respecte la liberté des choix personnels ; mais ses adeptes l’ont rendu une religion de haine et de barbarisme, une religion qui autorise les croisades et l’islamisation des autres peuples par la force, en inventant des lois humaines qui les collent à une religion divine, comme c’était le cas avec les autres religions. {75. - Eh bien, espérez-vous, que des pareils gens vous partageront la foi ? alors qu'un groupe d'entre eux, après avoir entendu et compris la parole de Dieu, la falsifièrent sciemment. 76. - Et quand ils rencontrent des croyants, ils disent : "Nous croyons"; et, une fois seuls entre eux, ils disent : "Allez-vous confier aux musulmans ce que Dieu vous a révélé pour leur fournir, ainsi, un argument contre vous devant votre Seigneur ! Etes-vous donc dépourvus de raison ?". 77. - Ne savent-ils pas qu'en vérité Dieu sait ce qu'ils cachent et ce qu'ils divulguent ? 78. Et il y a parmi eux des illettrés qui ne savent rien du Livre hormis des prétentions et ils ne font que des conjectures. 79. Malheur, donc, à ceux qui de leurs propres mains composent un livre puis le présentent comme venant de Dieu pour en tirer un vil profit ! - Malheur à eux, donc, à cause de ce que leurs mains ont écrit, et malheur à eux à cause de ce qu'ils en profitent !} Sourate 2 : La vache (Al-Baqarah) |
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#9
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| Nul sectisme en Islam La norme, les musulmans sont une seule Oumma. Mais les adeptes de l’Islam ont divisé l’Oumma en différentes sectes et nations. La norme, les musulmans sont des frères. Mais les adeptes de l’Islam sont devenus des ennemis qui s’entretuent entre eux depuis des siècles et des siècles. {92. Certes, cette communauté qui est la votre est une communauté unique, et Je suis votre Seigneur. Adorez-Moi donc} Sourate 21 : Les prophètes (Al-Anbiya) {153. "Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude, suivez-le donc; et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie."} Sourate 6 : Les bestiaux (Al-Anam) {103. Et cramponnez-vous tous ensemble au "Habl" (câble) de Dieu et ne soyez pas divisés} Sourate 3 : La famille d'Imran (Al-Imran) Et si on analyse ces sectes, on trouveras qu’elles ne différent pas beaucoup des sectes des autres religions : {75. - Eh bien, espérez-vous, que des pareils gens vous partageront la foi ? alors qu'un groupe d'entre eux, après avoir entendu et compris la parole de Dieu, la falsifièrent sciemment. 76. - Et quand ils rencontrent des croyants, ils disent : "Nous croyons"; et, une fois seuls entre eux, ils disent : "Allez-vous confier aux musulmans ce que Dieu vous a révélé pour leur fournir, ainsi, un argument contre vous devant votre Seigneur ! Etes-vous donc dépourvus de raison ?". 77. - Ne savent-ils pas qu'en vérité Dieu sait ce qu'ils cachent et ce qu'ils divulguent ? 78. Et il y a parmi eux des illettrés qui ne savent rien du Livre hormis des prétentions et ils ne font que des conjectures. 79. Malheur, donc, à ceux qui de leurs propres mains composent un livre puis le présentent comme venant de Dieu pour en tirer un vil profit ! - Malheur à eux, donc, à cause de ce que leurs mains ont écrit, et malheur à eux à cause de ce qu'ils en profitent !} Sourate 2 : La vache (Al-Baqarah) Les deux sectes ont entendu et compris la Parole de Allah, et elles la falsifient jour après jour ; les deux sectes ont composé des hadiths par leurs mains, et elles l’ont collé à la religion de Allah. {113. Et les Juifs disent : "Les Chrétiens ne tiennent sur rien"; et les Chrétiens disent : "Les Juifs ne tiennent sur rien", alors qu'ils lisent le Livre ! De même ceux qui ne savent rien tiennent un langage semblable au leur. Eh bien, Dieu jugera sur ce quoi ils s'opposent, au Jour de la Résurrection} Sourate 2 : La vache (Al-Baqarah) Aujourd’hui, les chiites disent que les sunnites ne tiennent sur rien ; et les sunnites disent que les chiites ne tiennent sur rien. {135. Ils ont dit : "Soyez Juifs ou Chrétiens, vous serez donc sur la bonne voie". - Dis : "Non, mais suivons la religion d'Abraham, le modèle même de la droiture et qui ne fut point parmi les Associateurs"} Sourate 2 : La vache (Al-Baqarah) Les sectistes musulmans utilisent un langage similaire « soyez sunnites ou chiites, vous serez sur la bonne voie »… et je réponds à ces deux sectes « je suis la religion d’Abraham sws, le modèle même de la droiture et qui ne fut point parmi les Associateurs » [et élever le Messager sws au niveau de Législateur est une sorte d’association]. {30. Les Juifs disent : "Uzayr est fils de Dieu" et les Chrétiens disent : "Le Christ est fils de Dieu". Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu'Dieu les anéantisse ! Comment s'écartent-ils (de la vérité) ? 31. Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors de Dieu, alors qu'on ne leur a commandé que d'adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui ! Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu'ils [Lui] associent. 32. Ils veulent éteindre avec leurs bouches la lumière de Dieu, alors que Dieu ne veut que parachever Sa lumière, quelque répulsion qu'en aient les mécréants} Sourate 9 : Le repentir (At-Tawbah) Abû Sa’îd (rda) a dit : L'Envoyé de Dieu a dit : « Vous suivrez certes à la trace les voies de gens de livres qui vous ont précédés… » Aujourd’hui, on est dans la phase de « cessez de penser et laissez les savants penser à vos places ! » ; et on est très proche de la phase de « cessez de prier et laissez les savants prier à vos places ! ». Aujourd’hui, la génération actuelle a élevé le Messager sws au statut de Législateur… et sûrement les générations qui suivent vont l’élever au statut de Dieu ou Fils de Allah. PS : Tes analyses et tes critiques de l’Islam sont influencées par tes analyses des sectes inventées par des humains "des sectes qui sont un mixage de la vérité et du mensonge"… et l’Islam [Religion Divine] et les sectes [Religions Humaines] ne font pas UN ![]() |
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#10
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| Citation:
ton point de vue est vicié à suivre demain et ait le couurage de dire tes sources, bonne nuit, |
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| La liberté de conscience en Islam | ramsisio | Forum Islam | 23 | 16/06/2006 20h05 |