La psychologie de l'homme de l'égalité Citation:
[size=11]Assalamo aleikoum a ra7hamato Allahi Wa Brakatoh !
on arrive à l´un passage du conclusion trés trés interssant voir en bas rouge ;-):
[color=990000]IV. - Psychologie et politique
VI. - L'identité [/color]
Parfois certe pour certains peut être décevoire certains pensée imaginaire sur l´égalité humain et la démocratie
sinon l´article est par choix excellent pour lecteur qui nos parle du sujet avec une autre perpective trés intellegente !;-)
je vous souhaite une trés bon lecteur :-)!
wa salamo aleikoum wa ra7hamato Allahi Wa Brakatoh
yours Ibno_Khaldoun
.::: :saws: :::.
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[size=21]La psychologie de l'homme de l'égalité [/size]
Entretien avec Marcel Gauchet
[size=12][color=990000]V. - Psychologie et politique [/color] [color=000099]6. Fin de l'individu démocratique ? [/color]
[color=663300]Ce problème se révèle à nous sur une grande échelle et nous fait penser que l'individu démocratique, cette espèce de miracle, relativement autonome, capable de décider par ses propres moyens, peut peut-être, hélas !, n'avoir été qu'une parenthèse historique. En tout cas, sa définition, son institution à l'avenir, va exiger d'énormes efforts et de réflexion et d'action collective. Il est bon de se poser la question de la possible disparition de l'individu. Le terrorisme, en ce sens, interroge la démocratie. Il nous offre une sorte de miroir inversé. Je dirais qu'un terroriste, pour aller vite, est quelqu'un qui est dans l'univers de la démocratie malgré lui, et qui le hait. Le terrorisme n'est pas un comportement traditionnel. Le comportement traditionnel est celui des paysans, comme on en voit dans tous les pays du Sud, qui, terrorisés par les innovations qui leur tombent dessus de partout, essaient de se cramponner à leurs usages, en essayant de contrôler les opérations, en en prenant le moins possible pour ne pas être altérés dans leur culture. Ils ne veulent pas être des individus et tiennent au contraire énormément au cadre coutumier, collectif, communautaire, dans lequel ils vivent. Les terroristes, au contraire, sont des individus, hyper-occidentaux, hyper-modernes, et même postmodernes à certains égards. On leur a inoculé le virus, malgré eux et via la technique notamment. On le sait, beaucoup d'entre eux ont des profils typiques de gens formés à la science, à la rationalité, aux techniques occidentales : pilotage des avions par exemple. Evidemment, en rupture avec leur propre culture, ils se conduisent comme des individus. Ce sont des gens qui sont à la fois extrêmes religieusement et absolument non conformes aux canons de leur culture d'origine. C'est donc un mauvais procès de reprocher le terrorisme à l'Islam parce que, à mon avis, il n'y peut pas grand-chose. S'ils se réclament de l'islam, le prophète n'avait pas prévu des cas de ce genre. Ils sont en quelque sorte anarchiques par rapport à leur culture d'origine, dans le sens trivial du mot. Et, en même temps, ils haïssent ce monde dans lequel ils sont obligés d'entrer.
Cette dimension dans le rapport Nord-Sud est capital. Nous infligeons au reste du monde un modèle de civilisation qu'il ne peut pas ne pas vouloir, parce qu'il lui promet des choses que personne ne peut refuser : qui ne voudrait manger à sa faim, vivre vieux, avoir des moyens de distraction, de locomotion, etc. ? C'est impossible, sans parler du désir des puissants, des gens au pouvoir dans ces sociétés, de s'emparer des moyens de la puissance militaire, comme de la propagande - la radio, la télévision, tout ce qui renforce les détenteurs d'un pouvoir, quel qu'il soit. Ils ne peuvent pas ne pas le vouloir ! Mais qui nous dit qu'ils l'aiment ? Justement parce qu'il leur est imposé, il n'y a aucune raison qu'ils l'aiment. Voilà où cette sorte de miroir inverse nous questionne : aimons-nous nous-mêmes le monde que nous fabriquons ? Cela ne me paraît pas aller de soi, et cet effet de miroir joue de manière très trouble. Une des étrangetés majeures de cet univers qui se met en place, c'est qu'à de certains égards il frustre les aspirations fondamentales. Je ne connais pas une personne, fût-elle le plus haut placé dans le système, qui ne soit quelque part divisée, y compris sur ce qu'elle accomplit. C'est cela notre problème et c'est cela qui nous revient au travers du terrorisme. [/color] [color=990000]VI. - L'identité [/color] [color=000099]1. Appartenance obligée - appartenance choisie [/color]
[color=990000]Le fait est qu'aujourd'hui se joue sur ce terrain un grand changement qu'on peut ramasser sous la notion - qui d'ailleurs partout l'emporte - de l'identité. C'est un grand phénomène de notre société : on vivait dans un univers d'individus un peu abstrait, rationnel, universel, et on s'aperçoit que ces individus, à un moment assez précis de l'Histoire, en viennent au contraire à s'identifier très fort aux communautés quelles qu'elles soient - il ne faut pas se précipiter sur ce mot, qui est dangereux, je le prend de manière très neutre - pour se constituer. C'est cela les identités, mais des identités qui peuvent être multiples et tout à fait démocratiques. On va se définir par l'homosexualité, le judaïsme, le régionalisme, l'appartenance à une secte… C'est multiple, mais, dans la constitution de la subjectivité, les appartenances deviennent essentielles. C'est là où tous ces mots sont des pièges auxquels il faut faire très attention. Ce ne sont pas des appartenances à l'ancienne, qui s'imposaient à vous. Vous n'aviez pas choisi d'être allemand ou français, mais, au nom de cette appartenance, vous étiez mobilisable. Ce qui veut dire quelque chose de très précis. Ces appartenances nouvelles ne sont pas imposées, c'est au contraire des appartenances désirées et revendiquées subjectivement par les individus. D'où le fait que, à mon avis, elles ne stabilisent rien du tout, parce qu'elles sont un phénomène intérieur et psychique, non un phénomène d'une quelconque consistance. On peut aider les gens à être davantage à l'aise avec eux-mêmes par l'appartenance, mais on ne peut leur donner un appui extérieur de cette façon. Il s'agit d'un grand déplacement entre l'imposé et le voulu intérieurement.[/color] [color=000099]2. Partage et coexistence pluraliste [/color]
Ces identités sont des transactions. Il y avait, d'un côté, ce que l'on n'a pas choisi et, de l'autre, à l'intérieur de ce qu'on n'avait pas choisi, la possibilité de construction d'un universel personnel. Par rapport à cette figure classique, se disent à la fois un refus de l'appartenance imposée et un besoin de se référer en même temps à quelque chose d'extérieur pour se constituer, quelque chose que l'on partage, parce que les identités sont, par définition, partagées. C'est par une recréation extérieure, dans laquelle on se reconnaît, que l'on fait face au risque que rien ne soit imposé. Et, en même temps, c'est probablement un phénomène lié à l'ambiance dépressive du temps : l'extraordinaire relativisation de points de vue qu'éprouvent les individus dans notre monde est un aspect non négligeable de ces identités. Il était très orgueilleux, cet individu qui, à la fois, admettait qu'il était français, allemand, anglais, etc., et qui, de l'intérieur de cela, s'élevait à l'universel par sa raison. Aujourd'hui, les individus ne croient plus qu'ils s'élèvent à l'universel par la raison. C'est déjà bien s'ils arrivent à se constituer un point de vue partagé à quelques-uns, coexistant de manière pluraliste, mais en même temps très relative, avec d'autres. La notion d'identité est une notion défensive et presque mélancolique. Cela s'affiche souvent de manière glorieuse et véhémente, mais, en profondeur, c'est très modeste. Cela dit que, finalement, nous ne sommes pas grand-chose.
:-)
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