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Marrakech est invitée, comme New York, Shanghai et Montréal aux événements de Lille 2004. Une occasion exceptionnelle qui s'offre à la ville ocre pour briller encore. Même si, malheureusement, l'actualité s'ingénie à nous présenter l'époque sous un aspect peu reluisant, il reste de part le monde des hommes de bonne volonté. Et sur la double ligne de partage entre le Nord et le Sud, l'Orient et l'Occident, ces hommes de bonne volonté font les passeurs, et nos les casseurs, entre les peuples. Mais l'actualité est plus friande de ce qui menace et peu de ce qui réconcilie, comme si les lieux de la mort sont plus photogéniques que les espaces de la vie. Cette année une ville a décidé d'être tous les jours un cœur qui chante la vie, c'est Lille «Capitale culturelle de l'Europe» ; et de voir le catalogue de cet événement considérable chacun peut aisément deviner que ses promoteurs ont décidé de réunir tous ceux qui magnifient la vie. Des quatre coins du monde, dans une sorte de migration orchestrée par le désir de faire échec à la mauvaise humeur planétaire, des créateurs ont commencé déjà à prouver magistralement que le bonheur n'a pas fait ses valises de notre vie mondialisée. De New York, de Shanghai, et aussi de Marrakech, Lille veut capter des signaux pour montrer au public immense qu'elle attend que le clash des civilisations est une exagération un peu trop médiatisée, et qu'il est temps de faire l'éloge de la vie. Le Label qui instaure pour une année une ville européenne comme Capitale Culturelle est née d'une initiative de la mythique ministre grecque de la culture Melina Mercouri, celle qui a tant fait pour la sauvegarde du patrimoine universel. Et depuis 1985, plusieurs villes ont trouvé dans la culture un vrai tremplin pour leur essor économique. La ville européenne de la culture présente, pendant une année, aux autres citoyens européens ses particularités culturelles, ou son désir de changer de look. Ainsi Lille 2004 fait côtoyer son patrimoine flamant et un hyper futurisme. Ce renouvellement de son image, Lille compte le réaliser par la fête, l'art et l'innovation. En visitant son site Internet www.lille2004.fr, chacun peut aisément comprendre que cette ville a décidé de tirer tout le bénéfice de cette occasion offerte pour s'affirmer à côté des capitales qui l'entourent : Bruxelles, Amsterdam, Londres et Paris. Pratiquement tout ce qui se fait de mieux dans le monde de la création est invité à cette immense fête. Et voici Lille 2004 qui vient nous faire une belle surprise en nous invitant à nous mêler à ce qui va être sûrement le plus grand événement culturel de l'année 2004 en Europe, puisque son catalogue présente plus de 2000 activités. Cette participation tardive, définitivement acquise en juin 2003, nous la devons à l'acharnement des membres de l'association «ATTACAFA» de Lille, qui ont désiré ardemment que Marrakech soit invitée, comme New York, Shanghai et Montréal. C'est donc une occasion exceptionnelle qui s'offre à la ville ocre pour briller encore. Nous étions désigné comme le coordinateur de la participation marocaine par les responsables de Lille 2004, sur la base des propositions que nous leur avons faites par le truchement de nos amis de l'association «Attacafa». La première, la plus importante, celle qui nous a fait admettre dans Lille 2004, est la transmission par satellite d'une nuit de Jamâa Lfna sur les mûrs flamand de la place du Général De Gaule. C'est en nous rappelant d'une performance de l'artiste sud coréen J.Paik, celui qui au milieu des années 80 a fait exister ensemble New York, Paris et Séoul, pour faire adhérer son pays définitivement à cette mondialisation à peine annoncée, que nous avons eu cette idée de fusionner, même virtuellement, les forces de la fête entre les hommes du Sud et du Nord. La deuxième proposition est purement littéraire, nous l'avons façonné à la suite d'une discussion avec le talentueux vidéaste marrakchi Noureddine Talsaghani, en nous rappelons aussi d'un recueil des grands textes littéraires sur Marrakech, que nous avions édité il y a une dizaine d'années. Il s'agit en fait là aussi d'une promenade virtuelle dans Marrakech, avec comme guides Collette, Goytisolo, Canetti, Ben Brahim, Louakira, etc. Matisse est un fils du Nord de la France ; et à ce titre il est célébré dans Lille 2004, nous sommes de ceux qui croient que ce génie, comme Delacroix et d'autres d'ailleurs, sont des nôtres aussi, puisque c'est notre pays qui leur a suggéré les intuitions qui ont transfiguré définitivement leurs arts. Nous avons pensé à un retour au compliment que Matisse avait fait à nos femmes, au début du XX siècle, en les représentant dans des poses majestueuses. Nous voulons faire imprimer sur du tissu des motifs inspirés des tableaux de l'exposition «Matisse au Maroc», que nous n'avons pas encore réussi à faire venir chez nous. C'est à Mme Melehi que nous avons pensé pour la sélection des jeunes stylistes marocains qui seront mis au défi de taquiner le grand maître, même d'une manière posthume. La dernière idée nous l'avons dérivé de l'accroche même de Lille 2004 : «Lille un art de vivre», qui est devenue pour nous «A Marrakech la vie est dans les jardins». Le livre de notre ami El Faiz nous guidera pour réussir à faire coïncider le Malhoune et la Tangia avec les jardins de Lille que nous avions hanté pendant près de dix ans. Maintenant que Marrakech est de la fête, sa participation à Lille 2004 est la confirmation qu'il n'y a pas entre le Sud et le Nord, l'Orient et l'Occident, Le monde Arabe et l'Europe, que ce soupçon permanent que les medias veulent entretenir. Mais pour ce rendez-vous si capital, si significatif, la place d'où le contact va se faire entre ces mondes, que d'ailleurs l'UNESCO avait confirmé comme Patrimoine de l'Humanité : la place Jamâa Lafna attend encore son embellissement. Nous avons eu la chance récemment de découvrir le projet de l'architecte Azzedine Baddou pour cette place, et nous pouvons dire, avec la petite autorité que nos fonctions de chercheur dans le domaine de la culture, et de critique nous donnent, que ce serait formidable si Marrakech puisse présenter un si beau profil, qui allie tradition et modernité réelle. En effet le seul soin que cet architecte a pris, est celui d'ôter toutes les nuisances à ce patrimoine universel, qu'elles soient de l'ordre de l'environnement, de l'esthétique, et de l'accessibilité. Une belle sobriété se dégage de la maquette du projet qu'il a eu la gentillesse de nous montrer, avec comme supplément une réponse, audacieuse et pertinente, au problème si délicat de l'éclairage de cette place. Son choix de l'énergie solaire, comme seule source énergitique dans ce lieu si symbolique, est une trouvaille formidable. Maintenant que toutes les conditions sont réunies réussissons ce grand rendez-vous entre deux villes, deux peuples, deux civilisations. Le Matin |
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kalakolykily, sur ton avatar, vous etes connécté sur bladi.net ou vous faites autres choses....y a pas assez de lumiere.... Ps: ca ne nous regarde pas. |
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ps: tu sais koi hein, je te le dis plus :-D |
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