Le feu vert du premier ministre israélien, Ehoud Olmert, à la construction de nouveaux logements au nord-ouest de Jérusalem, dimanche 9 mars, a provoqué des condamnations unanimes de la part de la communauté internationale, dont nombre de représentants ont estimé, à l'instar de Paris et Berlin, que cette décision "unilatérale" représentait "un danger potentiel pour le processus de négociations".
"Les activités de colonisation remettent en question la viabilité et la continuité d'un futur Etat palestinien", a notamment observé le porte-parole de la diplomatie allemande. La France a pour sa part "condamné la poursuite de la colonisation qui porte atteinte à la viabilité du futur Etat palestinien", invitant "les autorités israéliennes à s'abstenir de toute action unilatérale". En fin de journée, le président Sarkozy a insisté en ce sens auprès du président israélien, Shimon Pérès, en visite d'Etat en France : "En tant qu'ami, je vous dis que la sécurité d'Israël passe par l'arrêt des colonisations", a dit M. Sarkozy.
DÉCISION PEU OPPORTUNE POUR LONDRES ET WASHINGTON
Le Foreign office britannique a fait part de ses inquiétudes, soulignant qu'elle considérait l'initiative comme "peu opportune, particulièrement quand les Israéliens et les Palestiniens devraient se concentrer sur l'application de la feuille de route, qui implique un gel de toutes les activités de colonisation". "La Grande-Bretagne considère que les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens sont illégales au vu du droit international", a rappelé le communiqué de la diplomatie britannique. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lui aussi exprimé "sa préoccupation".
Après avoir dans un premier temps refusé de commenter cette décision, les Etats-Unis ont également jugé "inopportune" la démarche de l'Etat hébreu, et appelé Israéliens et Palestiniens à "ne pas se lancer dans des activités susceptibles de préjuger de l'issue de négociations". La secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, devait rencontrer son homologue israélienne, Tzipi Livni, lundi, et a téléphoné a deux reprises à Ehoud Barak, ministre de la défense israélien, pour évoquer cette question.
Dimanche, le gouvernement israélien a approuvé la construction de 750 logements dans la colonie de Givat Ze'ev, située à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Jérusalem. Peuplée de 11 000 habitants, cette colonie de Cisjordanie est proche de Ramallah. Ce projet, décidé en 1999, avait été gelé lors de la seconde Intifada, en septembre 2000, et répondrait "au développement démographique de Jérusalem", selon les autorités israéliennes.
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