la Sakîna: mythe guerrier antique


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  #1  
Vieux 18/01/2004, 16h01
 
Date d'inscription: décembre 2003
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Par défaut la Sakîna: mythe guerrier antique

C’est le moyen par lequel Dieu s’engage envers ses serviteurs pour apporter son aide guerrière.
La sakîna est une arme voilée qui ne se laisse pas montrer avec beaucoup de clarté dans le Coran. Elle s’apparente à une expression particulière de l’éclat divin : une puissance hypnotique galvanisant les croyants et mortifiant l’ennemi.
Les Mésopotamiens avaient un terme semblable, le melammu, qui signifie approximativement splendeur divine. C’est un charisme dont les dieux, ou le dieu tutélaire, lustrent un roi, ou un ange, pour lui donner un éclat dévastateur ou bienfaisant.

Le melammu s'opère par placement, shakânu, en accadien.
Remarquez l'analogie de shakanû avec la racine arabe skn: habiter.

Un texte arabe chrétien, contemporain du Prophète, illustre bien la portée du terme sakîna.
Examinons des extraits du panégyrique de la résistance du Patriarche de Jérusalem, Zacharie, aux Perses, en 614.

« À ce moment, le Patriarche nous a réconforté. Puis, il a ouvert sa bouche sainte et il s’est vêtu de l’Esprit Saint (Rûh al-qudus).
[…]
Quant au prêtre (kiddis) de Dieu, le ruh de Dieu habitait (sakîna) en lui. Il ne s’est pas préoccupé (de l’ennemi) et il ne s’est pas alarmé en cette heure car ses yeux étaient dirigés vers le Ciel, et son cœur hurlait [le nom] de Jésus le Messie, et il regardait la Sainte Croix, et il recourait (ista âna) à elle comme si elle était un Ange."
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  #2  
Vieux 18/01/2004, 17h29
 
Date d'inscription: décembre 2003
Messages: 3 388
Par défaut la Sakîna

Le chroniqueur Al Azraqî rapporte qu’Abraham, lors de l’érection de la Kaaba, vit la sakîna « s’enrouler comme une vipère sur le sol de la terre et elle a dit : Oh! Abraham! Bâtis sur moi! » Et il bâtit sur elle. »
Le symbole de la vipère représentant la sakîna est une autre réminiscence mésopotamienne.
L’époque cassite vit l’éclosion de nombreuses stèles entourées de vipères sculptées sur la partie inférieure. C’était un élément rituel propre à la consécration des temples : les vipères représentant la sakîna qui enveloppe et sanctifie.

(Azrakî, Kitâb Akhbâr Makka)
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  #3  
Vieux 17/09/2004, 03h39
 
Date d'inscription: décembre 2003
Messages: 3 388
Par défaut la Sakîna

Les liens culturels entre arabes de la péninsules et mésopotamiens sont plus profonds qu'on le pense.
On connaît l'Arabie comme déversoir des peuples sémites (araméens du VIIIème siècle av. JC et arabes de l'Islam), mais elle a été aussi souvent envahie d'abord par Babylone puis par les Assyriens: Nabonide s'empara de Médine et de Tayma. Il fit de la deuxième sa capitale pendant quelques années.
Il était justement adorateur de Sin, dieu lunaire, aux propriétés guerrières semblables à celles du concept de sakîna.
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  #4  
Vieux 23/09/2004, 02h17
 
Date d'inscription: décembre 2003
Messages: 3 388
Par défaut Sîn, Ilat, Allah

Rappelons aussi que le Dieu-lune Sîn est correspondant au dieu Ouest-sémitique Il, divinité parèdre d'Ilat.
La divinité favorite de Nabonide est l'ancêtre d'Allah.
Une connaissance approxiamative de l'histoire fait croire que les Arabes de l'Antiquité remonterait qu'aux Nabatéens , Palmyréens et aux petites monarchies de l'Arabie heureuse. Rien n'est plus faux!
Ils sont une part fondamentale de l'Orient antique .
Ils ont peuplé le Croissant fertile dès le 4ème millénaire avant JC.
Dans ces perspectives, il est dans l'ordre logique et naturel des choses d'être convaincu que l'idéologie arabe peut être analysée , dans son évolution, par celles qui fleurissaient au Moyen-Orient.
Le terme arabe est mentionné pour la première fois en 853 avant JC dans une tablette assyrienne au sujet d'une guerre contre des rois de Syrie.
On voit , sur les bas-relief de Nimrod, les exploits de Tighlat-Phalassar(744-727) contre les Arabes.
Haza'el , roi des arabes fut envahi par l'Assyrien Sennachérib pour avoir prêté la main aux babyloniens révoltés.
Les annales du temps indique que l'Assyrie prit des dépouilles de ses offrandes à ses dieux. Les noms de ses divinitées déclinent en Dai , Nuhai , Ruldaiu, Aribillu et Ataquruma.
Des historiens insistent sur l'identité entre les Urbi des Babyloniens et les Scénites de l'Euphrate décrits par Strabon.
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  #5  
Vieux 23/09/2004, 02h29
 
Date d'inscription: décembre 2003
Messages: 3 388
Par défaut Caractère distinctif de la langue arabe

Le lien le plus significatif entre les arabes de l'époque de Mahomet et l'Antiquité mésopotamienne est la langue.
Plus encore que l'hébreux et le Syriaque , l'arabe hedjazien est proche des idiomes archaïques sémites-particulièrement l'Akkadien.
Tout l'arabe littéral est contenu dans les tablettes écrites avec des caractères cunéiformes: les dix formes verbales, la déclinaison du substantif, le duel et le pluriel.

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