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Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, devait présenter, mercredi 19 mars, au Vatican, la lettre de démission de ses fonctions, atteint par la limite d'âge. Son coadjuteur depuis deux ans, Mgr Fouad Twal, d'origine jordanienne, lui succédera. Mgr Sabbah aura été le premier Palestinien nommé à cette fonction en 1987. Croyez-vous toujours à un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens ? Il faut trouver un accord pour donner à chacun tout ce qui lui est dû. Israël veut la sécurité et la paix, les Palestiniens veulent leur indépendance et leur sécurité. Pour des raisons idéologiques et politiques, il y a toujours des oppositions, une peur de la paix qui, pour moi, reste le principal obstacle. En Israël, la paix est considérée comme un risque. Ce pays estime que ce n'est pas le moment de le prendre, car cela l'exposera en permettant aux Palestiniens de devenir plus forts et de développer leurs moyens de résister. C'est la raison pour laquelle les Israéliens ont peur de la paix. Mais la peur ne peut pas permettre, ni à une personne ni à un peuple, de vivre sa vie pleinement. Seule la paix va apporter la véritable et totale sécurité. Si on continue dans la violence, il y aura toujours des réactions d'un côté et de l'autre. Le pouvoir politique a un choix clair. Si ce n'est pas la paix, c'est l'extrémisme qui va continuer de monter et l'insécurité qui va augmenter. Je sais que faire le choix de la paix peut être un risque pour la vie personnelle du dirigeant qui s'engagera dans cette voie. Mais si vraiment un chef politique est là pour servir le peuple et non pas pour garder son siège, il doit accepter ce risque de donner sa vie pour son peuple. De quel côté doit venir le courage ? Des deux à la fois, mais la décision majeure est entre les mains des Israéliens. Si les Israéliens disaient un jour nous sommes décidés à faire la paix, la paix se ferait. Les Palestiniens sont prêts et tout le monde arabe est prêt à normaliser toutes les relations avec l'Etat d'Israël. N'y a-t-il pas de volonté politique de faire la paix chez les Israéliens ? Elle n'est pas encore là. Ils doivent se jeter dans l'inconnu, ce qui, pour eux, présente un risque, celui d'augmenter l'insécurité. Alors que c'est leur unique salut. Le Hamas, en ne voulant pas reconnaître Israël, est-il un autre obstacle ? Le Hamas existe, le Hezbollah existe. Ils représentent une menace. Ce qui fait exister le Hezbollah et ce qui fait monter le Hamas, c'est cette situation de guerre qui crée des injustices, la pauvreté et la misère. Tant que cette situation se perpétuera, le Hamas existera. Faut-il parler au Hamas ? L'Union européenne, la communauté internationale doivent parler avec une seule Autorité palestinienne et accepter que celle-ci opère sa réconciliation avec le Hamas et non pas la boycotter dès que le Hamas entre dans un gouvernement palestinien. Il s'agit de reconnaître à l'Autorité palestinienne la possibilité de renouer une alliance parce que la paix ne peut pas se faire seulement avec une partie du peuple palestinien. Il faut que les deux groupes se réunissent et deviennent une seule réalité palestinienne pour que la communauté internationale et Israël fassent des accords de paix. Tant que le Hamas fait l'objet d'un boycottage, on est dans une impasse. Je demande donc à la communauté internationale de laisser les Palestiniens tranquilles et de leur permettre de se regrouper et d'agir ensemble. Il reste environ 150 000 chrétiens en Terre sainte, comment pensez-vous arrêter cette hémorragie ? Le fait d'être de moins en moins nombreux ici est une conséquence de faits historiques. C'est aujourd'hui l'instabilité politique, l'économie déclinante, le manque de sécurité et les incursions israéliennes quotidiennes. Tout cela exacerbe les relations entre musulmans et chrétiens. Mais l'émigration a commencé depuis longtemps, dès la période ottomane. Ils sont maintenant des centaines de milliers en Amérique latine. Etre peu nombreux sur cette Terre sainte fait partie d'une vocation pour la bonne raison que Jésus, qui y est venu il y a deux mille ans, n'a pas été accepté et reconnu. L'émigration ne m'inquiète pas. Il y aura toujours des témoins de Jésus sur sa terre. Un petit nombre, mais qui sera suffisant pour témoigner. Nos chiffres sont de 50 000 en territoire palestinien, en Israël dans les 130 000 et en Jordanie 200 000, c'est-à-dire près de 400 000. Un chiffre qui est à peu près stable depuis une quarantaine d'années. Propos recueillis par Michel Bôle-Richard http://www.lemonde.fr/proche-orient/...4933_3218.html |
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Tout est dit! ................... |
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