
27/03/2008, 10h13
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La seule leçon que nous ayons apprise, c’est que nous n’apprenons jamais rien Cela fait cinq ans et nous n’avons toujours pas appris. A chaque anniversaire, les pas crissent sous nos pieds, les pierres sont toujours plus craquelées, le sable est toujours plus fin. Cinq années de catastrophe en Irak et je pense à Churchill, qui finit par appeler la Palestine un "désastre infernal".
Mais nous avons utilisé ces parallèles auparavant et ils se sont éloignés dans la brise du Tigre. L’Irak est inondé de sang. Pourtant, quel est l’état de notre remords ? Car nous aurons une enquête publique - mais pas encore ! Si seulement l’insuffisance était notre seul crime.
Aujourd’hui, nous sommes engagés dans un débat inutile. Qu’est-ce qui a foiré ? Comment se fait-il que le peuple - le Senatus Populusque Romanus [S.P.Q.R.] de notre monde moderne - ne se soit pas soulevé en rébellion lorsqu’on lui a menti sur les armes de destruction massive, sur les liens de Saddam avec Oussama ben Laden et le 11 septembre ? Comment avons-nous pu laisser cela arriver ? Et comment se fait-il que nous n’avions pas prévu les conséquences de la guerre ?
Downing Street nous dit maintenant que les Britanniques ont essayé d’amener les Américains à écouter. Vraiment, nous avons honnêtement essayé, avant d’avoir la certitude qu’il était absolument juste de s’embarquer dans cette guerre illégale. A présent, il y a une vaste littérature sur la débâcle de l’Irak et il y a des précédents pour la planification d’après-guerre - qui arrivera beaucoup plus tard - mais ce n’est pas le sujet. Notre situation difficile en Irak est d’une ampleur infiniment plus terrible.
Alors que les Américains sont arrivés en 2003 pour prendre d’assaut l’Irak, leurs missiles de croisière sifflant à travers les tempêtes de sable en direction d’une centaine de villes irakiennes, j’étais assis dans ma chambre crasseuse de l’Hôtel Palestine à Bagdad, incapable de dormir à cause du tonnerre des explosions et je fouillais dans les livres que j’avais apportés pour remplir les heures sombres et dangereuses. Guerre et Paix de Tolstoï m’a rappelé à quel point un conflit peut être décrit avec sensibilité, grâce et horreur - je recommande la Bataille de Borodine -, de même qu’un dossier de coupures de presse. Dans cette petite chemise, il y avait une longue déclamation de Pat Buchanan, écrite cinq mois auparavant et, encore aujourd’hui, je ressens sa puissance, sa prescience et son honnêteté historique absolue : "Avec notre "Régence MacArthur"[1] à Bagdad, la Pax Americana atteindra son apogée. Mais ensuite la marée se retirera, parce que l’effort dans lequel les Islamiques excellent est de chasser les puissances impériales par la terreur ou la guérilla.
"Ils ont chassé les Britanniques de Palestine et d’Aden, les Français d’Algérie, les Russes d’Afghanistan, les Américains de Somalie et de Beyrouth, les Israéliens du Liban. Nous nous sommes lancés sur la route de l’empire et, au-dessus de la prochaine colline, nous rencontrerons ceux qui étaient là avant nous. La seule leçon que nous apprenons de l’histoire est que nous n’apprenons pas de l’histoire."
Comme ces petits hommes qui nous ont entraînés facilement vers l’enfer, sans connaissance ou, du moins, sans intérêt pour l’histoire ! Aucun d’eux n’a lu sur l’insurrection irakienne de 1920 contre l’occupation britannique, ni sur la colonisation brusque et brutale de l’Irak par Churchill l’année suivante.
Sur nos radars historiques, pas même Crassus, le général romain le plus riche de tous, n’est apparu, lui qui a exigé un titre d’empereur après avoir conquit la Macédoine - "Mission Accomplie" - et qui s’est mis en route vindicativement pour détruire la Mésopotamie.[2] A un endroit dans le désert près de l’Euphrate, les Parthes - les ancêtres des insurgés irakiens actuels - ont annihilé les légions [romaines], coupé la tête de Crassus et l’ont envoyée à Rome remplie d’or. Aujourd’hui, ils enregistreraient sur vidéo sa décapitation. http://www.info-palestine.net/articl...d_article=4063 Citation: |
Le 17 juin 1940, Churchill a déclaré au peuple britannique : "Les nouvelles en provenance de France sont très mauvaises et je pleure les braves Français qui sont tombés dans ce terrible malheur". Pourquoi Blair ou Bush ne nous ont-ils pas dit que les nouvelles en provenance d’Irak étaient très mauvaises et qu’ils pleuraient les Irakiens - ne serait-ce que quelques larmes pendant une minute ? Parce qu’ils étaient les hommes qui avaient la témérité, la pure et simple impudence d’enfiler les habits de Churchill, des héros qui mettraient en scène une répétition de la Seconde Guerre Mondiale. La BBC a consciencieusement appelé les envahisseurs "les Alliés" - soit dit en passant, ils l’ont vraiment fait - et dépeint le régime de Saddam comme le Troisième Reich.
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Toute méchanceté a sa source dans la faiblesse.
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