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#1
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| Le " débat " sur la question du foulard est à l'image des vagues : il procède par flux et reflux… A peine le " débat " passé (est-il vraiment passé d'ailleurs ?) en France républicaine et jacobine, voici qu'il nous revient avec force dans notre petite Belgique francophone. Ces derniers jours, deux sénateurs, Alain Destexhe (MR) et Anne-Marie Lizin (PS), suivis d'une série de personnalités politiques (et non des moindres), ont émis l'hypothèse de produire une réglementation sur la question du port du voile musulman dans les écoles, les hôpitaux, … On sait pourtant combien cette question est sensible dans le débat politique comme au sein des établissements, combien elle peut provoquer de discussions passionnées et d'oppositions tranchées. Pourquoi tant de passion sur cette " question " précise, plus par exemple que sur la condition des femmes en général ? Et plus, surtout, que la question cruciale de la discrimination, et de ses effets ravageurs sur les jeunes issus de l'immigration, en ce compris les jeunes filles qui portent le foulard ? N'est-ce pas une façon de déplacer le problème (ou de voiler une autre réalité) ? Pourquoi ne pas également s'interroger autrement ? Pourquoi en effet le foulard ne serait-il pas une réaction symptomatique de la société belge - produit par (ou en conséquence ?…) des jeunes belges - à une situation tout aussi belge : la discrimination et plus largement l'exclusion, le rejet matériel et social d'une partie de sa propre jeunesse. Se référer, comme on le fait constamment, à la situation spécifique de la condition de la femme au Maroc ou en Iran est tout à fait hors-sujet. Le foulard n'a pas la même signification dans des contextes différents. Et rapporter le foulard tel que nous le connaissons en Belgique au foulard dans les pays musulmans, c'est bien encore une fois voir ces jeunes filles d'abord et surtout comme des éternelles étrangères. Il est presque lassant de rappeler que les discriminations, dont sont victimes les jeunes d'origine " étrangère ", les mettent dans une situation de souffrance sociale et psychologique insupportable. Cette société, à bien des égards, a littéralement construit une génération qui a pris acte de l'échec de la revendication d'égalité. Renvoyée perpétuellement à sa propre " différence ", elle a pris le parti de revendiquer cette même différence, à marquer sa spécificité quitte à en exagérer considérablement ses traits. Cette génération a investi cette différence par (et pour) elle-même : tant qu'à être " différents ", alors le seul choix qui leur reste est de définir soi-même en quoi cette différence consiste : c'est, notamment, ici que le foulard prend un sens. Le foulard comme signe distinctif doit également se concevoir comme une expression de refus, de " rébellion " à cette société qui produit du rejet et de la discrimination. Condamner les expressions de cette " rébellion " et les réprimer, c'est accentuer le ressentiment légitime des ces jeunes vis-à-vis de la société. Cette " lutte " effrénée contre le port du foulard se pare des oripeaux du grand principe de l' " égalité ", alors que précisément pour cette jeunesse stigmatisée, l'égalité n'est qu'un concept creux et désuet, qui prétend une chose et en fait une autre. Quel effet cela peut-il avoir sur ces jeunes qui savent et expérimentent tous les jours que, non et encore non, les chances ne sont pas égales ? Cette perception ne fait que confirmer leur perception de la société belge comme hypocrite en sus d'être raciste. Notre société a créé - et consolidée - un problème majeur sur des années. Elle ne peut pas le résoudre par un coup de baguette magique (comprenez : par une réglementation !). Elle ne peut que commencer à lutter contre la discrimination, et d'abord, accepter et reconnaître ouvertement qu'elle la pratique insidieusement et/ou volontairement. Ensuite, prendre la mesure exacte du problème et mener par tous les moyens une lutte efficace contre les toutes les discriminations. Notre société ne peut faire l'économie d'une vraie remise en question, elle doit plus que jamais réinsérer une partie conséquente et toujours plus nombreuse de sa propre jeunesse qu'elle a exclue… En ce sens la question du foulard ne doit en aucune manière voiler la situation dramatique du quotidien de nombreux jeunes… un quotidien - hélas ! - parsemé de discriminations… Moustapha Budchich - Membre du MRAX |
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#2
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| de toutes façons même sans voile ,il y a de la discrimination contre les personnes typées aux prénoms sonnant comme les milles et une nuits , sauf que là c'est pas exotique mais effrayant |
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