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#1
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| Prenons hâtivement quelques exemples afin d’illustrer cette insertion des éléments-symboles (formes et contenus) dans le roman, cherchons également leurs significations culturelles : *L’âne / aghyul : Le protagoniste se métamorphose en âne au lieu d’un volatile (oiseau). Cette mutation répond parfaitement à l’état psychique de Lucius qui est doté d’un esprit volage et hédoniste. Seulement, pourquoi le choix de l’animal « âne » pour narrer une histoire partagée entre l’imaginaire et le réel ? La source reste la culture amazighe où cet animal symbolise à la fois la stupidité, mais aussi la malice (cf. à « azedjif n weghyur »), à l’encontre de l’oiseau qui symbolise la légèreté et la frivolité (cf. à « azedjif n wejdid ou n tejditt »). De là, cette métamorphose de Lucius présuppose la tendance à la maturité... Sur l’intelligence de l’âne, nous lirons un passage « culturellement amazigh » : « L’autre âne, devinant mon intention et me devançant, se mit tout à coup à feindre une extrême fatigue, se laissa tomber avec toute sa charge et resta étendu, comme mort ; ni les coups de bâton, ni les coups d’aiguillon, ni les tractions exercées en tous sens sur sa queue, ses oreilles, ses pattes pour le soulever ne parvinrent à en tirer un effort pour se mettre debout, jusqu’au moment où, lassés d’espérer en vain, les brigands, après avoir tenu conseil, décidèrent de ne pas retarder leur fuite (...) tirèrent l’épée et lui tranchèrent les jarrets, enfin, ils le tirèrent un peu à l’écart du sentier et le précipitèrent, respirant encore, du haut d’une pente (...) Alors, moi,, réfléchissant au triste sort de mon malheureux camarade, je décidai de renoncer aux ruses et aux fourberies et de servir mes maîtres en âne sans reproche » (p.94) Rappelons une série de proverbes/expressions amazighs qui se rapprochent de cette scène d’âne rétif : « Sekk aghyur, sekk imejjan-nnes. Yecca anect min yecca weghyur di tsawent. Ma ad ac arigh s udvar n weghyur ?! Yena-s weghyur : wenni day-i a yartan, ad yecc adan-inu. Ij ighars i weghyur, ij yazu-t. Yemmut weghyur deg uqemmum n yifri. Yeshundart weghyur, yiwedv rhimran i yighyar. Ar ad yesghuyy weghyur di rebhar. Itacem aghyur, itsedha tbarda. Tittawin n wgheyur deg arden. Sennej i wur, sadu wur, am tbarda x weghyur. » Ces citations montrent d’une part l’importance de cet animal au sein de la société amazighe, et d’autre part ses diverses significations allégoriques (quel’écrivain exploite dans la fiction). Bien que l’animal se présente sans parole, il narrera maints événements, décrira des scènes, expliquera des intrigues, élaborera des satires violentes, réfléchira profondément... De même, quoique l’âne représente l’instinct sexuel, il « réfractera » mieux l’image de l’homme qu’il a été auparavant. Cette métamorphose l’emmènerait à délaisser l’univers hédoniste, c’est-à-dire ce comportement quotidien guidé par la passion, à embrasser le raisonnement : ainsi les descriptions et les explications abondent dans le texte. Au fil de son raisonnement, notons que le lecteur découvre une étude sociale et culturelle de l’époque (II siècle). *Le hibou / muka : Le hibou, animal nocturne et désignant une personne solitaire, est considéré chez les Imazighen comme un présage du malheur, surtout de la mort. Il désigne également la laideur et la vieillesse. Nous lisons dans le roman d’Apulée : « Quel bel, quel aimable amoureux pour le plaisir d’une femme, qu’un hibou ! D’ailleurs, ne voyons-nous pas que l’on a grand soin de capturer ces oiseaux de nuit, lorsqu’ils ont pénétré dans une maison, et qu’on les cloue sur la porte, afin d’expier, par leur propre supplice, la catastrophe dont ils menacent les habitants par leur vol de mauvaise augure ? » (p.86) Citons deux expressions populaires en tamazight sur l’oiseau : « Yegga muka. » (pour dire de quelqu’un qu’il est solitaire.) Mara gherben-c ijdvddv arr rhvarr x muka. » Ici, nous remarquons que cet animal est depuis longtemps persécuté par les nord-africains. |
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#2
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| *Le puits / anu : Source de la vie, le puits désigne l’essence. Un puits plein d’eau représente le bonheur pour les paysans car il assure la survie. Synonyme également de l’absent, le puits est un lieu mystérieux où habitent les démons. De même, nous avons l’expression « Wdva deg wanu » pour dire « Se suicider » (cf. Les chansons populaires). Dans L’Ane d’or, nous lisons : « تelle tourna sa colère contre son propre sang : s’entourant d’une corde, elle attacha contre elle, avec ce même lien, le petit enfant qu’elle avait eu de son mari, quelque temps auparavant, et se jeta dans un puits très profond » (p.192) Cette forme de suicide, faisant partie du rituel amazigh, est souvent choisie par une femme trompée par son mari. Voilà l’occurrence du terme « anu » dans une expression figée : « -Yeggûrar yejja azru yewdva deg wanu. » Ici, il est synonyme de l’infini, de l’origine. *Le rêve / turjit : A chaque peuple correspond une philosophie « onirique », un mode de rêver (en tant que production), tout comme une manière de lire (en tant que réception). Nous lisons : « ne te laisse pas terrifier par les vaines images des songes. Car, non seulement l’on considère comme mensongères les images qui viennent pendant un sommeil de jour, mais encore les rêves nocturnes annoncent bien souvent le contraire de ce qu’ils représentent ; Ainsi, pleurer, être battue, parfois même être égorgée présagent gains et heureux profits ; au contraire, rire, s’emplir le ventre de bonbons et de douceurs ou s’unir à quelqu’un pour goûter le plaisir de la chair signifieront que la tristesse, la maladie, et autres maux vont vous tourmenter. » » (p.110) Là, nous avons également une explication amazighe des rêves : le négatif dans le rêve renvoie au positif dans le réel. Précisément, sur cette opposition réel / rêve, l’on dit : « Meolik aqzin war itarja itett trid, itiri yemmut. » Ceci est propre aux rêveurs qui croient aux récits *La référence identitaire : Dans le roman, le lecteur découvre un personnage nommé « Barbarus » dont les infidélités de sa femme sont narrées (p.211), identiques à celles que l’on raconte dans les contes amazighes. De même, le terme « barbare » est cité dans les paroles d’un berger près de sa femme blessée lors d’une fuite, attaqués par une tribu : « Pourquoi attaquez-vous si cruellement de malheureux voyageurs dans la peine ? Pourquoi les lapidez-vous ? Quel butin visez-vous ? Quel tort prétendez-vous venger ? Vous n’habitez pourtant pas des cavernes de bêtes féroces ou des rochers, comme des barbares, pour prendre plaisir à répandre le sang humain ? » (p.189) La notion de « barbare » (désignant également le « maure ») s’y trouve débattu, voire indirectement mise en question. Pour lire l'intégralité de l'article : http://www.afrique-du-nord.com/artic...id_article=568 |
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#3
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| mais apulée est berbere y a peut etre un lien a ca |
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