Narjis Rerhaye condamnée pour avoir qualifié de "tortionnaire" un ancien policier


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Par défaut Narjis Rerhaye condamnée pour avoir qualifié de "tortionnaire" un ancien policier

Une journaliste marocaine a été condamnée jeudi à verser un dirham symbolique pour diffamation envers un ancien commissaire de police qu'elle avait qualifié de "tortionnaire" lors des "années de plomb" sous le règne de Hassan II (1961-1999). La cour d'appel de Casablanca a en outre condamné Mme Narjis Rerhaye à 1.000 dirhams (90 euros) d'amende.

"Je renonce à me pourvoir en cassation car cela ne servirait à rien", a-t-elle déclaré à l'agence Associated Press; "la justice a choisi d'enterrer la vérité". "Si les tortionnaires persistent et signent et sont blanchis à jamais par la justice, de quelle vérité parlons-nous ?", s'est interrogée la journaliste.

"Je renonce à me pourvoir en cassation car cela ne servirait à rien", a-t-elle déclaré à l'agence Associated Press; "la justice a choisi d'enterrer la vérité". "Si les tortionnaires persistent et signent et sont blanchis à jamais par la justice, de quelle vérité parlons-nous ?", s'est interrogée la journaliste.

Un précédent pourvoi en cassation avait invalidé un premier arrêt de la cour d'appel qui avait débouté en 2000 l'ancien policier, M. Mahmoud Archane, de ses poursuites contre la journaliste.

Narjis Rerhaye l'avait qualifié de "tortionnaire" dans un article publié en 1999 dans le quotidien "Al Bayane", organe francophone du Parti du progrès et du socialisme (PPS, ex-communiste).

Ancien fonctionnaire au commissariat de Derb Moulay Cherif à Casablanca, où plusieurs dizaines d'opposants furent torturés pendant "les années de plomb", Mahmoud Archane s'est reconverti dans la vie politique depuis sa retraite en 1984. Proche de l'ancien ministre de l'Intérieur et homme fort du régime de Hassan II, Driss Basri, Mahmoud Archane a créé en 1996 le Mouvement démocrate social (MDS), un parti de "centre-droit" dont il est l'un des élus à la chambre des Conseillers (chambre haute du Parlement marocain).

L'ex-policier fait partie d'une liste d'une trentaine de personnalités accusées notamment en 2001 par l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH) d'avoir personnellement participé à des arrestations arbitraires et des actes de torture.

La condamnation de Narjis Rerhaye intervient alors que les autorités marocaines tentent de tourner définitivement la douloureuse page des années de plomb. A l'initiative du roi Mohammed VI, le Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH) a engagé un processus d'indemnisation financière des victimes de l'arbitraire d'Etat.

Les autorités refusent en revanche de céder aux organisations de défense des droits de l'homme, dont l'AMDH qui réclament des poursuites judiciaires contre les anciens tortionnaires. Dans ce contexte, le roi Mohammed VI a installé le 7 janvier une commission "Equité et Réconciliation" chargée de "rétablir les victimes dans leur dignité" et de "réconcilier les Marocains avec leur histoire".

Selon ses statuts, cette commission, dirigée par l'ancien opposant Driss Benzekri, voit en revanche son rôle limité à "un règlement extra-judiciaire" et ne peut rechercher "des responsabilités individuelles ou collectives".

AP
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