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| REUTERS | 28.04.2008 | 07:13 Par Emmanuel Jarry PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy entame ce lundi une visite d'Etat en Tunisie où il parlera coopération nucléaire civile, Union pour la Méditerranée mais aussi droits de l'Homme. Le président français, accompagné par son épouse Carla et sept ministres, complètera ainsi sa tournée du Maghreb, où il a déjà effectué une visite d'Etat au Maroc et en Algérie. De ces trois pays intimement liés à la France par le passé colonial français, c'est la Tunisie le plus petit (10 millions d'habitants). Mais "c'est sans doute avec la Tunisie que nos relations sont les plus apaisées", dit-on à l'Elysée. Dans une interview au quotidien tunisien Ach-Chourouk, publiée dimanche, Nicolas Sarkozy réfute l'idée que la France soit en train de renoncer à sa politique arabe et à sa politique africaine, un "refrain que l'on entend depuis des années." Soulignant qu'il s'agit de son sixième déplacement au Maghreb, il explique cette perception par le fait que la France veut "prendre les changements en considération", tenir compte des évolutions et s'appuyer sur des projets concrets. "C'est cela, une politique arabe, cela s'appuie sur des projets concrets, modernes, qui ont un impact sur la vie quotidienne des populations", dit-il en citant par exemple le projet de création de l'Université Dauphine Tunis. "En Afrique également, notre attachement au continent africain n'a varié ni d'intensité, ni de profondeur mais plutôt de méthode: nous travaillons avec l'Afrique telle qu'elle est, au-delà des clivages linguistiques souvent artificiels ou des clichés qui veulent en faire un continent tragique", ajoute le président français. La France et la Tunisie parapheront lundi soir, entre un premier entretien de Nicolas Sarkozy avec le président Zine el Abidine Ben Ali et un dîner d'Etat, un accord cadre de partenariat dans le nucléaire civil. Cet accord, similaire à ceux que la France a paraphés avec la Libye, le Maroc et l'Algérie, ouvrira notamment la voie à la formation d'ingénieurs. L'Elysée espère aussi voir aboutir d'ici lundi soir des discussions la vente d'une vingtaine d'avions Airbus à Tunis Air et la fourniture par le groupe Alstom, pour 300 millions d'euros, d'équipements pour une centrale thermique. L'Agence française du développement signera pour sa part avec la Tunisie sept conventions de financement pour une valeur totale de 140 millions d'euros dans les domaines de l'énergie, du développement durable et du développement urbain. Des accords seront également signés sur la gestion concertée de l'immigration et la lutte contre l'immigration clandestine - domaines dans lesquels les Tunisiens attendent une clarification de la position française - le tourisme, la sécurité civile, etc. La coopération dans la lutte contre la menace terroriste, notamment d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui a enlevé en février deux touristes autrichiens en Tunisie, figure aussi au menu des entretiens du président français. Nicolas Sarkozy évoquera les relations économiques entre les deux pays mardi, devant 500 entrepreneurs français et tunisiens. La France, où vit une communauté tunisienne de 600.000 âmes dont 10.000 étudiants, est le premier partenaire économique de la Tunisie et son premier pourvoyeur d'aides. DROITS DE L'HOMME La France souhaite que le secrétariat de la future Union pour la Méditerranée, initiative d'origine française reprise par l'Union européenne pour renforcer la coopération entre les deux rives du bassin méditerranéen, ait son siège sur la rive sud. La Tunisie est citée comme un candidat possible, ce qui fait grincer les dents des défenseurs des droits de l'Homme. "Le régime va utiliser cette visite comme un signe de soutien. Nous espérons que Nicolas Sarkozy ne va pas tomber dans le panneau et se répandre en louanges", a déclaré à Reuters Moncef Marzouki, opposant en exil en France. "Ce serait la pire des choses pour les démocrates et les opposants", a ajouté l'ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, qui espère que le président français demandera notamment la libération d'un journaliste emprisonné après avoir dénoncé la corruption, Salim Bokhdir. L'organisation Transparency International place la Tunisie au 61e rang, sur 180 pays, dans son indice de perception de la corruption. Le pouvoir tunisien est régulièrement accusé d'attenter aux libertés fondamentales et de réprimer toute contestation sous couvert de combattre le terrorisme et l'extrémisme islamique. Amnesty International et Human Rights Watch font état de cas de mauvais traitements et même de torture. "S'agissant des droits de l'Homme, naturellement le président de la République en dira un mot public, d'abord parce que nous estimons juste de souligner les acquis réels de deux générations d'indépendance de la Tunisie", notamment en matière de statut de la femme, déclare l'entourage de Nicolas Sarkozy. L'Elysée fait valoir qu'un "dialogue confiant et franc" peut s'avérer "plus productif que des proclamations publiques" qui ont "le don de provoquer une crispation" et cite en exemple la libération de l'avocat Mohammed Abbou, en juillet 2007, après une visite de travail de Nicolas Sarkozy à Tunis.
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| Tunisair commande 16 Airbus AP | 29.04.2008 | 12:37 La compagnie tunisienne Tunisair a signé une lettre confirmant sa décision de retenir l'offre d'Airbus et d'acquérir trois A350-800, trois A330-200 et dix A320, dans le cadre d'un vaste programme de modernisation et d'expansion de sa flotte, annonce Airbus, mardi. Avec cette transaction, Tunisair est la troisième compagnie africaine à commander le tout nouvel A350-XWB, précise Airbus dans un communiqué. Tunisair exploite d'ores et déjà 12 A320, quatre A319 (dont deux à rayon d'action accru), et trois A300-600. Avec plus de 6 100 appareils commandés, dont plus de 3.400 ont été livrés à plus de 270 clients et utilisateurs dans le monde, la famille A320 est la famille des monocouloirs best-seller de tous les temps. La famille A320 comprend quatre appareils (A318, A319, A320 et A321) qui partagent le même poste de pilotage et disposent de la même section de cabine et des mêmes systèmes. AP
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| Pour Sarkozy, l'Europe a "l'intelligence", les Tunisiens ont "la main d'œuvre" NOUVELOBS.COM | 30.04.2008 | 09:09 ![]() Devant 500 patrons français et tunisiens, au deuxième jour de sa visite d'Etat, le président français a déclaré : "Vous avez une main d'oeuvre qui ne demande qu'à être formée, nous avons beaucoup d'intelligence et beaucoup de formation (...), ce n'est pas les uns contre les autres, c'est les uns avec les autres". Il a été très applaudi. ![]() Nicolas Sarkozy et Zine el Abidine ben Ali (Reuters) Le président français Nicolas Sarkozy a défendu, mardi 29 avril, au deuxième jour de sa visite d'Etat en Tunisie, son Union pour la Méditerranée entre l'Europe et les pays du Sud, alors que sa bonne note décernée au régime tunisien sur les droits de l'Homme suscite la polémique. S'exprimant devant 500 patrons français et tunisiens, Nicolas Sarkozy a défendu son projet de nouveau partenariat entre les deux rives de la Méditerranée, qui doit être officiellement lancé le 13 juillet, assurant qu'il doit permettre la création d'un "pôle gagnant-gagnant qui concurrencera l'Asie". "Il n'y a pas un bon avenir pour l'Europe si l'Afrique en général, et l'Afrique du Nord en particulier, ne connaît pas le développement (...), nous pouvons créer un modèle qui triomphera dans le monde entier", a-t-il estimé. "En Asie, ils ont su, entre les pays riverains, s'intégrer et se compléter. Et le drame de la Méditerranée, il est dans un chemin inverse où l'on s'oppose et on s'exclut", a-t-il ajouté. "Vous avez une main d'oeuvre qui ne demande qu'à être formée, nous avons beaucoup d'intelligence et beaucoup de formation (...), ce n'est pas les uns contre les autres, c'est les uns avec les autres. C'est ça le partenariat", a insisté le président français sous les applaudissements. "Des polémiques qui m'importent bien peu" A titre d'exemple, Nicolas Sarkozy a cité l'accord conclu dans la nuit de lundi à mardi entre la compagnie nationale Tunisair et Airbus qui prévoit, outre la livraison de 19 avions (10 A320, 3 A330 et 3 A350, ainsi que 2 A320 et 1 A350 en options) l'installation en Tunisie d'une usine aéronautique qui emploiera à terme, selon lui, "près de 2.000 personnes". Rejetant "des polémiques qui m'importent bien peu", le président français a ainsi une nouvelle fois justifié la signature lundi d'un accord de coopération en matière d'énergie nucléaire civile. "L'énergie nucléaire, c'est l'énergie du futur (...) la France vous dit que sa technologie, qui est une des plus sûres du monde, une des meilleures du monde, elle est décidée à la mettre au service du développement de vos économies (...), l'Europe ne connaîtra pas la stabilité si vous ne connaissez pas le développement, voilà pourquoi il faut s'unir", a-t-il plaidé. "Reconnaître la réalité" Le texte paraphé par Paris et Tunis, identique à d'autres déjà signés avec le Maroc, l'Algérie ou la Libye, suscite les critiques des ONG écologistes et de plusieurs partenaires européens de la France, qui estiment qu'il augmente les risques de prolifération nucléaire militaire. Plus encore que l'accord sur le nucléaire civil, c'est le satisfecit attribué lundi soir par Nicolas Sarkozy au président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sur le terrain des droits de l'Homme qui a suscité la polémique, aussi bien en France qu'en Tunisie. "L'espace des libertés progresse" en Tunisie, avait-il jugé devant son hôte, assurant ne pas vouloir s'ériger "en donneur de leçons". "Il ne s'agit pas de donner des leçons mais de reconnaître la réalité. Je vois que le président Sarkozy ne s'intéresse pas à la réalité de ce pays", a déclaré à l'AFP Khadija Cherif, militante des droits de l'Homme et présidente d'une ONG féministe. "Sa priorité c'est le commerce, mais il devrait savoir que le développement ne peut pas être qu'économique", a-t-elle ajouté. "Malheureusement sur le terrain, nous n'avons pas remarqué de progrès notables, c'est peut-être même le contraire", a regretté le président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, Me Mokhtar Trifi. Yade annule un rendez-vous La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade, qui accompagnait Nicolas Sarkozy, a reçu dans l'après-midi Me Trifi, mais a annulé un rendez-vous prévu avec l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), sa présidente Khadija Cherif. La France a signé mardi avec Tunis quatre conventions de crédits d'un montant de 138 millions d'euros pour l'agriculture, l'habitat et l'énergie. Nicolas Sarkozy devait rencontrer mardi soir la communauté française. Son épouse, Carla, a visité de son côté, mardi après-midi, un centre d'enfants orphelins à Gammarth, dans la banlieue chic de Tunis. (avec AFP)
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| Citation: NOUVELOBS.COM | 30.04.2008 | 18:12 Répondant aux critiques du socialiste Pierre Moscovici sur les déclarations du chef de l'Etat à Tunis, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes juge qu'il ne faut pas "caricaturer la situation d'un pays ami de la France". La Tunisie n'est pas la Corée du Nord", a affirmé mercredi 30 avril le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, à l'Assemblée nationale. "La Tunisie n'est pas la Corée du Nord, c'est caricaturer la situation d'un pays ami de la France", a lancé Jean-Pierre Jouyet lors de la séance des questions au gouvernement, en l'absence du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui accompagnait Nicolas Sarkozy à Tunis. Le député PS Pierre Moscovici avait précédemment vivement dénoncé les propos du président, pour qui "l'espace des libertés" progresse en Tunisie. Il a accusé Nicolas Sarkozy de "trahison des démocrates tunisiens" et de "complaisance" face "aux violations quotidiennes des droits de l'Homme en Tunisie et dans le monde". C'est ce que disait "mot pour mot" Hubert Védrine "Nous n'avons jamais caché que la France souhaitait qu'une évolution politique accompagne maintenant les succès du développement économique et social, les progrès sur le statut de la femme ou la tolérance religieuse", a répondu Jean-Pierre Jouyet. "Cette ouverture, c'est aux Tunisiens eux-mêmes d'en fixer le rythme, le contenu, les modalités, mais elle est aujourd'hui indispensable et possible", a-t-il ajouté, en assurant que c'est ce que disait "mot pour mot" l'ex-ministre socialiste des Affaires étrangères, Hubert Védrine. "Ce n'est pas en stigmatisant, en s'érigeant en donneurs de leçon que l'on fait avancer les choses", a-t-il encore dit. Nicolas Sarkozy a achevé mercredi une visite d'Etat en Tunisie, qui a suscité un tollé chez les défenseurs des droits de l'Homme.
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