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| mardi 29 avril 2008 Alain Gresh - Le Monde Diplomatique La presse arabe et israélienne revient longuement sur les révélations faites concernant des échanges de message entre le président Assad et le premier ministre Ehoud Olmert depuis avril 2007. ![]() Dans un entretien donné au quotidien de Qatar Al-Watan le 27 avril, le président syrien Bachar Al-Assad explique que le premier ministre turc Erdogan lui a transmis « l’accord d’Israël de se retirer du Golan en échange de la paix avec la Syrie ». Il ajoute : « La médiation entre Damas et Tel-Aviv s’est intensifiée après l’agression contre le Liban de l’été 2006 et après la victoire de la résistance. (...) Olmert a confirmé au premier ministre turc son accord de rendre le Golan. Nous avons reçu cette information la semaine dernière. Nous avons aussi entendu la déclaration d’Olmert qui affirmait : "nous savons ce que veut la Syrie et elle sait ce que nous voulons". » Il a ajouté que ces questions seraient discutées lors de la visite d’Erdogan à Damas samedi (hier), mais qu’il voulait être sûr qu’Israël était prêt à rendre les territoires syriens occupés. Le président syrien a précisé qu’Israël voulait des négociations directes, mais que pour l’instant il fallait passer par la médiation turque, pour trouver « un terrain commun qui constituera une base pour des négociations directes dans le futur ». Assad a aussi affirmé que « des négociations directes nécessitent un médiateur et, malheureusement, ce médiateur ne peut être que les Etats-Unis. C’est la réalité, mais l’actuelle administration n’a aucune vision et n’a pas de volonté d’appuyer le processus de paix ». Cette information sur les contacts entre la Syrie et Israël avait été divulguée le 23 avril par un site officieux syrien, Champress : « Des sources diplomatiques ont révélé à Champress que le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a informé Damas qu’il a reçu l’accord du premier ministre israélien Ehoud Olmert de se retirer totalement des hauteurs du Golan en échange d’une paix avec la Syrie. » Elle est maintenant confirmée de source israélienne, mais il est bien trop tôt pour savoir s’il existe une chance pour que ces négociations avancent réellement. J’avais rappelé, dans un précédent envoi, qu’à la fin des années 1990 la Syrie et Israël avaient été « au bord de la paix ». Les principaux points de contentieux avaient été réglés : sécurité, échange d’ambassades, eau, évacuation israélienne du Golan. Au dernier moment, Ehoud Barak, au grand étonnement des Etats-Unis était revenu sur son engagement d’un retrait total jusqu’aux lignes du 4 juin 1967 et demandait la reconnaissance de la frontière de 1923 (voir carte). Au-delà de ce contentieux, quel est l’intérêt des deux parties à relancer la négociation ? Pour la Syrie, il s’agit de sortir de son isolement dont témoigne les sanctions américaines, l’hostilité de la France et le refroidissement des relations avec l’Arabie saoudite. Pour Ehoud Olmert, il s’agit de montrer à l’opinion israélienne qu’il oeuvre pour la paix et aussi de faire pression sur les Palestiniens qui, en cas d’accord entre Israël et la Syrie, se trouveraient totalement isolés. ![]() Ces déclarations d’intention témoignent aussi de l’impuissance de l’administration Bush, qui ne cache pas son hostilité à de telles négociations syro-israéliennes. C’est sans doute une des dimensions (mais pas la seule) des "révélations" faites par l’administration sur la coopération nucléaire entre Damas et la Corée du Nord. Comme le rapporte le site du journal Le Monde le 25 avril, « Washington dénonce un axe nucléaire Pyongyang-Damas » (Corine Lesnes) « La Maison Blanche a diffusé un communiqué affirmant que jusqu’au bombardement israélien du 6 septembre 2007, le régime syrien "construisait un réacteur nucléaire dans le désert de l’est du pays, capable de produire du plutonium. Nous sommes convaincus, en nous fondant sur un ensemble d’informations, que la Corée du Nord a aidé aux activités nucléaires clandestines de la Syrie". Le texte appelle la Syrie à "faire la lumière" sur ses activités et rappelle l’ensemble des griefs américains à l’égard de Damas, notamment en ce qui concerne le Liban et le passage de combattants anti-américains vers l’Irak. » (...) On peut voir la vidéo projetée par la CIA aux parlementaires américains. « Selon les journalistes qui ont assisté au briefing, les responsables américains ont reconnu qu’aucun combustible n’a été trouvé sur place, ni d’usine de retraitement, mais ils se sont déclarés "convaincus" que les Syriens n’étaient plus qu’à "quelques mois, voire quelques semaines" de la mise en route. Après la destruction du site par l’aviation israélienne, une délégation de haut rang s’est rendue, selon eux, en Syrie pour évaluer les dégâts. » Dans son entretien au quotidien Al-Watan cité plus haut, Assad dément formellement et affirme que le site était bien un site militaire en construction, mais non utilisé (répondant à une question sur l’éventuelle implication de l’Arabie saoudite dans l’assassinat d’Imad Moughniyeh, il répond : « nous n’avons aucune preuve jusque-là sur l’implication d’un Etat. Nous poursuivons les investigations. » Les "révélations" américaines pourraient être liés non seulement à la volonté de voir échouer les contacts entre la Syrie et Israël, mais aussi à la Corée du Nord. Comme l’écrit Corinne Lesnes : « Certains observateurs pensent que la divulgation des "preuves" correspond à une tentative du vice-président américain, Dick Cheney, et des "faucons" de l’administration de saboter un accord qu’ils estiment trop complaisant envers Pyongyang. D’autres affirment que les parlementaires ont menacé de faire de l’obstruction s’ils n’étaient pas informés, apprenant que l’accord pourrait comporter un volet secret. » Sur le site de Juan Cole, Informed Comment, un expert en affaires nucléaires exprime ses doutes sur la version donnée par la CIA : « More on Syrian Reactor Bombing ; From an Informed Reader » (27 avril) http://www.info-palestine.net/articl...d_article=4244 .
__________________ Toute méchanceté a sa source dans la faiblesse. |
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| Syrie/Israël : Lueur d’espoir mercredi 30 avril 2008 Rania Adel - Al Ahram hebdo La médiation turque en cours entre Damas et Tel-Aviv, et dont l’enjeu est de taille, devrait mettre fin à un immobilisme qui dure depuis des années. Une pierre sera lancée dans l’eau stagnante. Rien de mieux ne pourra qualifier l’annonce d’une prochaine médiation turque entre la Syrie et Israël. En effet, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé samedi que son pays allait entamer une médiation entre ces deux Etats pour relancer des pourparlers de paix rompus il y a huit ans. M. Erdogan a fait cette annonce à l’issue d’une visite de cinq heures en Syrie où il a rencontré le président Bachar Al-Assad. « Il y a eu une demande de la Syrie et d’Israël pour ce type d’action, et la Turquie fera de son mieux à ce titre », a déclaré Recep Tayyip Erdogan à son retour en Turquie. « Cet effort débutera au niveau le plus bas, en cas de succès, si Dieu le veut, il s’achèvera à un niveau plus haut ». Le premier ministre turc a affirmé que cette initiative s’inscrivait dans la volonté plus large d’Ankara de contribuer à la paix au Proche-Orient. Selon M. Assad, les discussions syro-turques « ont traité des moyens d’activer le processus d’une paix juste et totale ». Il a salué l’initiative turque et affirmé que Damas coopérerait « à tout ce qui apportera la sécurité et la stabilité dans la région », selon des propos rapportés par l’agence de presse officielle syrienne. Les derniers développements suggèrent des progrès dans les négociations en coulisses entre Israël et la Syrie, malgré les tensions au sujet du Liban et d’une frappe aérienne israélienne en septembre contre ce que l’Etat hébreu présente comme un réacteur nucléaire syrien clandestin. Le président syrien Bachar Al-Assad a déclaré dimanche lors d’une réunion du parti Baass qu’un engagement d’Israël à évacuer entièrement le Golan était nécessaire à des pourparlers, mais que d’éventuelles négociations directes seraient publiques. « Le président a clairement fait comprendre que les efforts d’une tierce partie étaient bienvenus dans la mesure où il y avait accord sur un cadre et où Israël s’engageait à un retrait complet », selon une source proche du Comité central du Baass. De même, un membre du gouvernement syrien a déclaré à la chaîne Al-Jazeera que le premier ministre israélien Ehud Olmert a assuré à la Turquie que son pays était prêt à restituer le plateau du Golan à la Syrie en échange de la paix. Il a précisé que le message israélien avait été transmis au président Bachar Al-Assad par le premier ministre turc Tayyip Erdogan, ajoutant que son pays n’avait pas l’intention d’engager des discussions secrètes avec l’Etat hébreu. « Les Israéliens parlent beaucoup de paix, a-t-il dit. La position de Damas est que la Syrie est toujours favorable à une paix qui (garantisse) le rétablissement des droits complets (...). Nous négocions depuis dix ans pour le retour du Golan ». Le Golan syrien a été conquis par l’armée israélienne pendant la guerre des Six Jours de 1967, puis annexé par l’Etat hébreu en 1981, mesure qui n’a jamais été reconnue par la communauté internationale. Opposition israélienne Côté israélien, on a évoqué dimanche les possibles étapes de négociations de paix qui pourraient s’ouvrir entre Israël et la Syrie par l’entremise de la Turquie. Le premier ministre, Ehud Olmert, avait dit la semaine dernière au quotidien Yedioth Ahronoth qu’il travaillait à une « initiative importante » pour la paix avec Damas. De quoi susciter la colère du chef de l’opposition de droite en Israël, l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a accusé dimanche le premier ministre Ehud Olmert d’être disposé à retirer Israël de « tout le Golan », dans le cadre d’un accord avec la Syrie. Mais est-ce que la volonté des deux pays et de la partie tierce suffit-elle, à elle seule, à garantir le succès des négociations ? Pragmatiquement parlant, non. Les précédentes tentatives le confirment. Des pourparlers de paix israélo-syriens ont capoté en 2000 en raison d’un désaccord sur l’ampleur d’un retrait de Tsahal du Golan. Les tentatives de divers pays pour persuader les deux parties de les reprendre ont échoué du fait des conditions posées par chacune d’elles. Damas demande qu’Israël s’engage à se retirer complètement du Golan et souhaite que les Etats-Unis, principal allié de l’Etat hébreu, supervisent les négociations. De son côté, Israël tient à ce que les liens de la Syrie avec le Hezbollah libanais et le mouvement islamiste palestinien du Hamas soient inscrits au programme des discussions. L’Etat hébreu accuse la Syrie d’être la principale voie de ravitaillement du Hezbollah. Ces exigences israéliennes poussent au scepticisme les observateurs qui ont minimisé la portée des informations sur la disposition des Syriens aussi bien des Israéliens à remettre sur les rails leurs négociations .
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