L'Afrique du Sud, une suprématie toute relative L'Afrique du Sud, une suprématie toute relative
L'hégémonie économique de l'Afrique du Sud est en recul sur le continent. C'est le constat que tire « African Business », à partir d'un classement des deux cents plus grandes entreprises africaines. En dépit des succès, affirme le mensuel publié à Londres, l'avance de l'Afrique du Sud s'est érodée sur les douze derniers mois. En 2006 et 2007, il y avait 38 groupes sud-africains dans le Top 50. En 2008, on n'en compte plus que 28.
Certes, l'Afrique du Sud caracole toujours en tête du classement. Elle enregistre même en 2008 son meilleur taux de croissance depuis plusieurs décennies, notamment grâce à ses géants miniers, qui affichent cette année des bénéfices record. Ils ont en particulier profité de la demande mondiale, et chinoise, de matières premières.
Mais ce quasi-monopole sud-africain sur le continent est remis en question. D'après le magazine, cette baisse est relative. Elle est due au renforcement de la présence économique des nouvelles puissances africaines. L'immense fossé qui séparait l'Afrique du Sud du reste du continent tend à rétrécir, à mesure que de nouveaux prétendants, comme le Maroc, l'Egypte ou le Nigeria, tirent leur épingle du jeu. On trouve aujourd'hui trois entreprises non sud-africaines dans le classement des dix premiers groupes africains, contre une seule l'année dernière. « Les principaux acteurs concernés par le classement sont les banques, les opérateurs téléphoniques et les entreprises du BTP. Ils mettent en évidence la croissance de la finance et des télécoms dans les économies africaines, en particulier chez les plus libérales, dans le nord de l'Afrique. »
Le journal illustre ces orientations du développement économique par un contre-exemple : comptant parmi les grands pays possesseurs de ressources naturelles, l'Algérie et l'Angola ont échoué à faire profiter les autres secteurs de cette manne. Par contraste, les succès du Nigeria, qui a réformé en grande pompe son système bancaire, et de l'île Maurice démontrent, selon « African Business », que les réformes passent avant tout par un développement responsable. Un objectif très lointain pour la Côte d'Ivoire, le Kenya et évidemment le Zimbabwe. |