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| [img align=left]http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_589/ph_589/kifkif.jpg[/img]Kif Kif fait un tabac en Allemagne. Composé de jeunes d’origines diverses, dont des marocains, son dernier album, "Moulana", symbolise la parole redonnée aux sans-voix, les émigrés. “Le musicien peut vous interpréter le rythme qui régit tout espace. Il ne peut cependant vous donner ni l’ouïe qui capte le rythme ni la voix qui fait écho". Karim Semar fait référence à Khalil Jabran, qu’il cite souvent. Pour le compositeur du groupe Kif Kif, ce poète libanais exprime parfaitement sa vision du monde et une sensibilité sans cesse renouvelée. Ce groupe, qui fait un tabac en Allemagne au sein de la communauté arabe et maghrébine, est né d’une amitié entre plusieurs personnes de nationalités différentes et d’horizon divers. Installés à Francfort, les jeunes lurons se sont mis à plusieurs pour réfléchir à un projet musical. Kif Kif exprime dans l’esprit du groupe une notion d’universalité, d’égalité des cultures, des couleurs, des langues et des religions. Colère Comme ils aiment à le rappeler, le groupe est également une vision critique des sociétés contemporaines, un sorte de cri contre le soleil froid de l’injustice, de l’intolérance, de l’arrogance et de la corruption. Leur dernier CD, “Moulana", exprime d’ailleurs à merveille cette colère à peine rentrée, ce cri sourd qui vient du fond du cœur. “Le temps perdu, Baqchich, Inchallah Society, El Bala Wal fas", ce sont des ballades guidées dans le vécu quotidien marocain, la parole redonnée aux sans-voix, à ceux qu’on n’entend jamais, à ceux qui n’ont pas droit à la parole. Les paroles sont sans violence, juste dites dans le langage le plus simple, le plus accessible. Le Sultan de l’Amour est une réadaptation d’un succès de la chanteuse populaire Hajja Hamadaouia.. Essouira ,Ville mystique, patrie des artistes, est également présente dans cet album par deux chanson gnaouies. Sur la pochette de l’album, on voit un mystérieux et énigmattique personnage, debout face à l’océan, sur les remparts de la Skala d’Essaouira. Une prestation où le son du oud, aux sonorités d'une grande richesse, se mêle aux percussions gnaouies avec ces lancinantes litanies qui sont le propre des musiques africaines. Le guenbri, instrument à cordes en intestins de chèvre, avec une caisse de résonance carrée faite en peau de chèvre, donne à cette musique un parfum de nostalgie inégalé. Les deux chansons sont un enchantement pour l'auditeur, qui découvre toute la saveur des musiques du sud. Dans une sorte d’hommage à cette petite ville, agréable à vivre, et qui couve en son sein une forte communauté artistique. Il y a également une reprise du Métèque, de Goerge Moustaki, interprétée par Karim Semar avec une sensibilité neuve accentuée par l’introduction des complaintes plaintives de la mandoline. On ne comprend pas très bien la présence d’une chanson française dans le lot, mais l’auteur a son explication. Pour lui, il s’agit d’abord d’un hommage à un personnage qu’il connaît bien, qu’il a souvent côtoyé et c’est aussi une façon d’exprimer cette universalité pour laquelle il entend militer. “Avec sa gueule de métèque, de juif errant et de pâtre grec" il espère recommencer à rêver. A rêver d’un monde plus juste, d’une communauté d’intérêts qui ne soient pas uniquement matériels. Il est venu à la musique d’une façon naturelle, il a grandi au sein d'une famille de mélomanes, dans un quartier populaire où les fêtes sont omniprésentes. Pour Semar, toutes les musiques et les influences peuvent subir une relecture, pour insuffler un vent de modernité et une poussée de liberté, sans s'éloigner pour autant de l'esprit. Amoureux de la poésie symbolique, il n'aime pas influencer le public, il espère que sa parole trouve auprès de ce dernier sa propre lecture. Une manière de repenser sa propre identité culturelle tout en étant ouvert aux autres sons de cloche. Le groupe utilise le chant comme forme d'expression. L'amour impossible, la jeunesse, les quartiers populaires, son pays... bref, des thèmes communs à tous les artistes. Le personnage n’aime pourtant pas trop qu’on parle de lui. Il considère que ce groupe appartient avant tout à ceux qui prennent la peine de l’écouter. Abdellatif El Azizi pour Maroc Hebdo |
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