Les immigrés accordent plus d'importance au travail que les Français Deux tiers des actifs occupant un emploi en France jugent que le travail est important mais moins que leur vie familiale, personnelle ou sociale, selon une étude de la direction des Statistiques du ministère du Travail (Dares) publiée récemment. En revanche, plus d'un quart le trouve plus ou autant important.
Seuls 3,6% de la population interrogée jugent le travail «plus important que tout le reste», et à l'inverse, 5,4% estiment qu'il «n'a que peu d'importance».
L'importance accordée au travail croît avec l'âge: si parmi les actifs occupés, moins de 2% des 18-25 ans estiment que le travail est «plus important que tout le reste», les plus de 60 ans sont presque 10% à le penser.
Autre constat, les immigrés accordent plus d'importance au travail que les Français non directement issus de l'immigration: en premier lieu, les immigrés européens (hors UE) et les Turcs puis les immigrés de l'UE et ceux en provenance du Maghreb.
C'est la catégorie socioprofessionnelle et non le revenu ou le niveau d'études qui est, toutes choses égales par ailleurs, déterminante dans le jugement des personnes interrogées.
Les artisans/commerçants sont ceux qui accordent le plus d'importance au travail, suivis par les cadres/professions libérales et les agriculteurs. Arrivent ensuite, mais dans une proportion moindre, les ouvriers, les professions intermédiaires et les employés. «Plus encore que le statut ou la catégorie socioprofessionnelle, ce qui importe est le fait d'exercer un métier où la dimension d'expression et de création est très forte (professions du spectacle ou professions artistiques). Ou encore un métier où les considérations patrimoniales ou l'autonomie sont déterminantes (professions libérales, artisans, agriculteurs...)», souligne l'étude.
En outre, vivre en couple, d'une part, et avoir des enfants, d'autre part, va systématiquement de pair avec une moindre importance accordée au travail.
Le fait d'avoir des enfants diminue l'importance attachée au travail pour les deux sexes, mais dans des proportions différentes. Les femmes qui, sans enfant, accordent au travail autant d'importance que les hommes sans enfant, deviennent, étant mères, celles qui en accordent le moins.
Afp / l'économiste |