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Le métissage a toujours été prôné par nos politiques comme le meilleur des remèdes face au racisme, avec pour finalité, la volonté de bâtir une société épurée de ce sentiment responsable de tant de maux. Ce thème de la France métissée a même été utilisé par les gaucho-occidentalistes face à l’atlantiste Sarkozy qui découvrait les vertus d’une rhétorique barrésienne. Ils furent aidés dans cette besogne par la frange occidentale du rap qui a dénaturé son message originel révolutionnaire. Il ne s’agit nullement à travers un tel post de stigmatiser les unions mixtes dépourvues de tous clichés exotiques liés à l’imagerie coloniale. Je prends pour exemple le cas de l’écrivain afro-américain Chester Himes qui incarnera avec le militant antillais de l’indépendance algérienne, Frantz Fanon, un amour enfin débarrassé de toutes scories colonialistes, particulièrement dévalorisantes pour l’homme noir et ceci à une époque où cela était particulièrement difficile. L’objectif est de s’attarder quelques peu sur les non dits des appels récurrents au métissage auquel nous exhortent les tenants de l’idéologie dominante en mettant en évidence ses fondements historiques, dont la mécanique a magnifiquement été explicitée par Frantz Fanon dans son ouvrage « Peaux noires et masquées blancs ». La première forme moderne de métissage a eu pour origine le viol massif des femmes amérindiennes par les conquistadores. Ils n’étaient pas seulement animés par cette « maudite faim de l’or » mais aussi par cette « maudite faim du sexe ». La colonisation européenne va accumuler les viols non moins que les meurtres. D’ailleurs, Tzevan Todorov, dans un de ses ouvrages portant sur la conquête de l’Amérique, fait référence aux statuts de la femme indienne que les colons espagnols s’échangent en guise de marchandise, et dont les viols sont contés à travers les missives afin d’exalter un certain imaginaire érotique. La seconde forme de métissage, qui date approximativement de la même époque, concerne les femmes africaines dont le viol commencera dans les esclaveries situées sur tous les pourtours de la côte africaine. Les viols collectifs dont elles seront victimes se poursuivront à bord des négriers les déportant vers les plantations du nouveau monde. L’écrivain Alex Halley décrira magnifiquement dans son ouvrage « Racines », la façon dont les marins se disputaient les femmes noires, similaire à un combat de chiens enragés. Durant toute la période esclavagiste et jusqu à’ très récemment, la femme noire sera victime de la violence sexuelle de l’ethnocratie coloniale. Considérée comme simple objet de plaisir, elle n’avait pour vocation que de satisfaire les appétits sexuels de tout ethnocrate ayant un quelconque lien avec l’institution esclavagiste, du grand propriétaire au petit régisseur. Le fait, que la femme noire soit uniquement confinée, à un rôle d’assouvissement des plaisirs, ne sera pas sans conséquence sur l’imaginaire lui étant relatif et qui malheureusement perdure jusqu’à aujourd’hui, imprégnant les mentalités de nos sociétés. La conséquence de ce métissage fruit du viol, fut l’émergence de plusieurs catégories « raciales » caractérisant les sociétés du Nouveau Monde. Cela fut d’autant plus prégnant dans les sociétés où l’esclavage était de rigueur, car existait une certaine « mosaïque » de couleur, avec les mulâtres, les quarterons, les chabins…. Mais ce qu’il est important de souligner est que l’ethnocratie coloniale justifia ces viols, occasionnant le métissage, par le motif que cela réduiraient les tares des « races » dites « inférieures » à l’instar de l’homme politique libéral colombien Pedro Fermin de Vargas qui formulait en ces termes la « politique sur les barbares » : |
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#2
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"Pour étendre notre agriculture, il serait nécessaire d'hispaniser nos Indiens. leur oisiveté, leur sottise et leur indifférence envers les tâches normales laissent penser qu'ils sont issus d'une race dégénérée qui se degrade à mesure qu'elle s'éloigne de ses origines [...] Il serait fort souhaitable que les Indiens s'éteignissent par métissage avec les blancs, en les libérant du tribut et d'autres charges et en leur accordant la propriété privé de la terre." J-H Griffin dans son ouvrage « Dans la peau d’un Noir », retranscrira sa conversation avec un automobiliste blanc du Deep South « passionnée » de femme noire. « Il me dit à quel point les filles de couleurs étaient convoitées par les hommes blancs de la région. Lui-même en employait beaucoup, à la fois chez lui comme domestiques et dans ses affaires. _Et je vous garantis que pas une n’a touché son salaire avant que je ne sois passé dessus. […] _Qu’est ce que vous pensé de cela ? _Sûrement, il doit y en avoir qui refusent, insinuai-je avec circonspection. _Pas si elles veulent manger ou nourrir leurs gosses, ricana t’il. Si elles ne marchent pas, je ne les embauche pas. […] _Vous trouvez cela affreux. N’est ce pas ? Demanda t’il. Je savais que j’aurais dû rire et répondre : « Mains non c’est tout à fait naturel », ou une quelconque remarque désarmante afin de ne pas le contrarier. _Ne trouvez-vous pas ? Insista t-il d’un ton amène. _Je pense que oui. _Mais que diable, tout le monde en fait autant Ne le savez-vous pas ? _Non, monsieur. _Eh bien, ils le font bougrement. Nous pensons vous faire une faveur en mettant un peu de sang blanc dans vos gosses. » Frantz Fanon pour parler de ce phénomène évoquait cette volonté de « blanchir la race ». Ainsi, tel est le postulat de cette invitation au métissage prônée par les occidentalistes racialo-progresistes, pour qui le métissage est signe non seulement de progrès vers une modernité sans nom, mais « permet » à l’homme du sud de se débarrasser des « tares » inhérentes à sa civilisation d’origine. Le même Frantz Fanon analysa la subtilité du discours du métissage qui diffère selon les sexes. Pour la femme « brune » le discours sera émancipateur. Elle sera invitée à se libérer du carcan de sa société originelle qui ne cherche qu’à la détruire en tant que femme, seul un occidental saura la respecter. Pour l’homme « brun », il s’agit de l’initier, par ce moyen, à la civilisation à laquelle il fut étranger, le meilleur des guides sera une femme. L’objectif non avoué d’un tel discours est tout simplement le ralliement à l’occidentalisme. source : http://www.mejliss.com/showthread.php?t=306870 Dernière modification par Suffete ; 17/05/2008 à 09h12. |
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