Ces minarets que l'on ne saurait voir


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  #1  
Vieux 04/02/2004, 14h01
 
Date d'inscription: février 2003
Messages: 2 384
Par défaut Ces minarets que l'on ne saurait voir

Certaines se construisent, d'autres ont beaucoup de mal à voir le jour. Le dossier des mosquées est un des enjeux des prochaines élections régionales.


Trottoirs, salles insalubres, garages à vélos : voilà ce qui sert souvent de lieu de prière aux musulmans de France. Si l'islam est la deuxième religion du pays, qui compte environ cinq millions d'adeptes, dont 30 % sont pratiquants (Ined), la place que la société française lui accorde paraît bien dérisoire. Des mosquées dignes de ce nom manquent cruellement. À Paris, chaque vendredi, la salle de prière de la rue Myrha (18e arondissement) et celle de la rue Jean-Pierre-Timbaud (11e) ne parviennent pas à contenir la marée de fidèles qui déborde sur la chaussée. Ces mêmes scènes, des musulmans réduits à se prosterner sur un tapis déroulé à même le trottoir, se répètent aussi à Grenoble, à Rennes et ailleurs. Outre l'humiliation, cette vision de l'islam envahissant les rues n'arrange en rien son image, déjà bien écornée.

Si au ministère de l'Intérieur également chargé des Cultes, on ne sait dire le nombre exact de grandes mosquées que compte l'Hexagone, on recenserait neuf mosquées architecturales et quelque mille cinq cents lieux de prière, soit proportionnellement quatre fois moins que de synagogues ou d'églises protestantes.

En outre, les mosquées sont dans la majorité des cas de simples locaux souvent exigus aménagés dans des foyers de travailleurs étrangers de type Sonacotra, des entrepôts désaffectés (rue de Tanger, dans le 19e arrondissement parisien), une ancienne fabrique de foie gras (à Strasbourg), la maison d'un particulier (à Taverny). Autrement dit, ces salles de prière improvisées n'ont rien à voir avec une mosquée telle qu'on l'imagine. Le plus souvent, seule une plaque discrète indique la fonction du lieu.

Si jusque dans les années 1980 les travailleurs immigrés se sont contentés de ce type d'aménagement, la nouvelle génération de musulmans, des citoyens français, souhaite sortir l'islam de l'obscurité des caves. Mais trop souvent, la demande de lieux décents, qui est une quête de dignité, est interprétée comme un rejet des valeurs françaises.

La République n'ayant qu'un goût modéré pour l'islam ostensible, les « vraies » mosquées, dotées de coupoles et d'un minaret (à but purement esthétique, puisqu'en France il n'est pas permis au muezzin d'appeler les fidèles à la prière), restent rares et problématiques, car visibles et coûteuses. Elles ne font l'unanimité ni des autorités françaises, ni, d'ailleurs, des musulmans, dont une partie préfère aux grands monuments symboliques des salles de proximité.

Les permis de construire de ces « mosquées cathédrales », délivrés par les mairies, ne sont octroyés qu'au compte-gouttes.

...

En dépit des entraves financières et des complications administratives, des projets de construction se multiplient. Poitiers aura bientôt son minaret. Rennes abritera sa deuxième mosquée. D'autres lieux de culte seront érigés dans plusieurs villes franciliennes, dont Bondy, Saint-Denis, Clichy, Taverny et Trappes.

La peur de l'islam, souvent assimilé au terrorisme, serait-elle en régression ? Rien n'est moins sûr, et certainement pas dans les villes où le Front national (parti d'extrême droite) est bien implanté. À cet égard, le cas de Marseille et de Strasbourg, toutes deux situées dans des régions ayant un faible pour les thèses de cette formation, est symptomatique. En effet, cela fait plus de dix ans que les musulmans marseillais et strasbourgeois attendent. « Les élus locaux sont très sensibles à l'opinion publique, qui n'est pas favorable à la visibilité de l'islam. Ils craignent la fuite de leurs propres électeurs vers l'extrême droite. Or, en France, on est toujours entre deux élections. Sans oublier les divisions entre les musulmans eux-mêmes », estime Soheib Bencheikh, le jeune mufti de Marseille.

Dans la capitale alsacienne, le projet de grande mosquée, initié par l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann, a d'abord été gelé par son successeur Fabienne Keller (UDF) et Robert Grossmann (RPR), président de la communauté urbaine, avant qu'ils ne finissent pas donner leur aval. Seulement, en novembre dernier, un courrier de la mairie a jeté le trouble. Dans une missive adressée aux administrateurs de ce futur lieu de culte, les deux élus s'offusquaient du développement de la délinquance alors que l'existence même du projet de la grande mosquée aurait dû, selon eux, affaiblir ce phénomène ! De même, ils exigeaient que les imams prêchent en français et non en arabe. Desiderata mal venu à Strasbourg, où l'allemand et l'alsacien, ainsi que le yiddish et l'hébreu sont respectivement utilisés dans les temples protestants et les synagogues. Du fait d'un statut particulier en vigueur en Alsace depuis 1801, la région finance la construction d'un édifice religieux à hauteur de 30 %. Le but de la mairie est-il d'éviter que cette disposition dont bénéficient toutes les religions monothéistes ne s'applique à l'islam ?

À Marseille, si l'on en croit Salah Bariki, responsable du dossier à la mairie, ce sont les dissensions entre les différentes associations musulmanes qui expliquent l'absence d'une vraie mosquée. « Le maire est d'accord sur le principe de la construction d'une grande et belle mosquée » affirme-t-il. Le jour même, Miriam Salah Eddine, adjointe au maire de Marseille, n'a pas souhaité exprimer son avis en raison de l'approche des élections régionales, en mars 2004. Preuve que les désaccords existent aussi au sein de la municipalité...


Fadwa Miadi
L'Intelligent
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  #2  
Vieux 04/02/2004, 15h07
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Salam, Bonjour,

Citation:
De même, ils exigeaient que les imams prêchent en français et non en arabe. Desiderata mal venu à Strasbourg, où l'allemand et l'alsacien, ainsi que le yiddish et l'hébreu sont respectivement utilisés dans les temples protestants et les synagogues. Du fait d'un statut particulier en vigueur en Alsace depuis 1801, la région finance la construction d'un édifice religieux à hauteur de 30 %. Le but de la mairie est-il d'éviter que cette disposition dont bénéficient toutes les religions monothéistes ne s'applique à l'islam ?
C'est la maire (une femme) de strasbourg qui s'insurgeait sur la délinquance des quartiers strasbourgeois, elle déclarait que les imams n'étaient pas compétent et qu'ils ne remplissaient pas leurs devoirs en faisant baissé la délinquance.

Pour être imam dans une banlieu il faut un BEP flic condition sinequanon, sinon pas de mosquée.

Merci madame le maire pour vos idées surtout n'hésité pas a faire part de vos coup de folie, je connais un très bon psy. qui se feras une joie de vous recevoir.

salam
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  #3  
Vieux 04/02/2004, 15h14
 
Date d'inscription: décembre 2003
Messages: 57
Par défaut Ces minarets que l'on ne saurait voir



Citation:
De même, ils exigeaient que les imams prêchent en français et non en arabe. Desiderata mal venu à Strasbourg, où l'allemand et l'alsacien, ainsi que le yiddish et l'hébreu sont respectivement utilisés dans les temples protestants et les synagogues. Du fait d'un statut particulier en vigueur en Alsace depuis 1801, la région finance la construction d'un édifice religieux à hauteur de 30 %. Le but de la mairie est-il d'éviter que cette disposition dont bénéficient toutes les religions monothéistes ne s'applique à l'islam ?
La maire a déclaré lors de la fête du ramadan 2002 (j'étais présent vu que je suis Strasbourgeois) que si les musulmans voulaient une mosquée alors qu'ils arrêtent de bruler les voitures lors de la Saint Sylvestre ...


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