Abdelkarim el Khattabi vs Allal el Fassi


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  #51  
Vieux 30/12/2002, 18h26
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Ca veut dire kwa ca :-?
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  #52  
Vieux 30/12/2002, 18h56
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bon brf !
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  #53  
Vieux 30/12/2002, 19h23
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Abdelkrim, une épopée d’or et de sang
par Zakya Daoud


Collection Les Colonnes d'Hercule
février 1999, 460 p., 22.71 euros

ISBN : 2840491443 - Préface de Bruno Étienne

Ce juriste, fils de notable, fut d’abord le premier journaliste marocain, avant de prendre les armes contre l’occupant espagnol. L’Espagne lui doit sa défaite militaire la plus cuisante : la bataille d’Anoual (juillet 1921) qui fit 15 à 20 000 victimes dans les rangs de l’armée espagnole. Pendant deux ans, il a tenu les montagnes du Rif et mis en place une véritable « république du Rif » (1921-1926) vécu comme un prélude à la libération de tout le Maroc. Un peu partout dans le monde des « révolutionnaires » ont eu les yeux tournés vers l’émir Adelkrim. Madrid est tenté d’abandonner la région aux rebelles, mais maréchal Lyautey demande son élimination. Paris craint la contagion anti-coloniale. La victoire de l’émir aurait changé le cours de l’histoire d’un pays colonisé depuis peu. La France et l’Espagne, ont dû se coaliser et aligner près de 500 000 hommes et 42 généraux (dont le général Pétain) et dix escadrilles aérienne pour en venir à bout. La France envoie l’émir vaincu à la Réunion pour un exil qui dure 21 ans. En 1946, il parvient à s’évader.
« En 1947, il rejoint Le Caire pour y diriger pendant quelques années le Bureau du Maghreb arabe, recevant dans sa résidence de Koubbeh Garden toutes sortes de personnalités avides de rencontrer cette légende vivante. Choyé par Abdel Nasser et par le Roi d'Arabie, il refuse obstinément de rentrer au Maroc tant que le dernier soldat étranger n'en est pas sorti et que l'Algérie voisine n'est pas libre. C'est en irréductible qu'il meurt en 1962 à l'âge de 80 ans et c'est de l'irréductible que l'histoire se souvient et a fait un mythe, voire un tabou encore vivace dans son pays d'origine, le Maroc. » (extrait d’un article de la Revue Quantara).

Nasser lui accorda des funérailles nationales. Au Maroc on préféra oublier celui qui incarner l’idée d’un Maroc républicain… En octobre 1999, le jeune roi Mohammed VI, lors de sa visite au nord du Maroc, a rencontré Saïd el Khattabi, le fils de l’émir Abdelkrim. Ce geste fut très symbolique quand on sait qu’Abdelkrim aurait, par sa légende, put être un rival sérieux du Sultan du Maroc… si la France lui avait permis de retrouver le pays dont il fut chassé à jamais en 1926.

Sur la Toile

Il y a 38 ans disparaissait Mohamed Ben Abdelkrim Khattabi : Le Maroc commémore l’anniversaire de la mort, le 6 février 1963, du vainqueur d’Anoual et du héros du Rif, Mohamed Ben Abdelkrim Khattabi.

Dans BiblioMonde

Le livre de Z. Daoud peut être complété par :

La Guerre du rif de Germain Ayache.

Les Temps noirs d'Abdelhak SerhaneUne évocation de l'épopée d'AbdelKrim à travers le regard de d'un adolescent.

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  #54  
Vieux 30/12/2002, 19h27
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Abdelkrim, héros marocain
Sans la mémoire de ses luttes, un peuple perd le sens de l'histoire. Ahmed Benani, professeur à l'Université de Lausanne, contera en deux soirées l'histoire des luttes du peuple marocain. Le 19 avril, il traitera de la période coloniale, et plus particulièrement du grand soulèvement du Rif, dirigé par le légendaire Abdelkrim.

Maria McGavigan

«Les enfants marocains vivant en Belgique ont l'impression qu'ils viennent d'un pays misérable», explique une intellectuelle arabe. «Ils n'en connaissent que les mauvais côtés: la pauvreté que leurs parents ont fui, la corruption, etc. De la richesse culturelle et historique du Maroc, ils ne savent rien.» On pourrait ajouter qu'ils ne savent rien non plus de son histoire révolutionnaire. C'est pourquoi le Centre International a invité le professeur Ahmed Benani. Car ce n'est pas dans les écoles belges (ou marocaines) que les jeunes apprennent comment les Marocains se sont battus contre le colonialisme espagnol et français.

Le «Protectorat» franco-espagnol sur le Maroc a été signé en 1912: le Nord et le Sud vont aux Espagnols, le reste aux Français. Sans oublier Tanger, qui reste dans le giron de l'Angleterre. Mais en réalité, les puissances coloniales ne contrôlent que les centres. C'est dans ce contexte que, dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale, surgit la révolte d'Abdelkrim.


L'indépendance, tout simplement

Après la grande bataille d'Anoual, où les troupes espagnoles sont anéanties par les Rifains en 1921, Abdelkrim, génie militaire malgré lui, ne peut plus reculer. Son héros est Kemal Ataturk, le nouveau leader turc, et son obsession de la modernité. Il se met à construire des routes à travers le Rif (région à majorité berbère bordant la Méditerrannée), à et y installe le téléphone. En 1923, il proclame «la République du Rif», véritable rupture avec l'autocratie et la féodalité, car même s'il se dit toujours prêt à accepter la tutelle du Sultan du Maroc, il lui reproche son manque de nationalisme. Pas un nationalisme berbère, mais anti-colonial. Abdelkrim n'est pas non plus ce que nous appellerions aujourd'hui un islamiste: «Le temps de la guerre sainte est dépassée, déclare-t-il. Nous ne sommes plus ni au Moyen Age ni aux temps des Croisades. Nous voulons simplement être indépendants.»

Abdelkrim prend rapidement des allures d'homme d'Etat, tirant habilement parti des rivalités entre impérialistes. Le jeune Parti Communiste Français mène campagne en sa faveur. Pour en venir à bout, il aura fallu les forces combinées des Espagnols et des Français lesquels, sous la direction du Maréchal Pétain, ont dû déployer de gros moyens pour le déloger.

Après 21 ans d'exil à la Réunion, Abdelkrim est autorisé à s'installer en Egypte, où il mourra en 1962. Lui rendre visite était un passage obligé pour les révolutionnaires du monde entier. Abdelkrim est resté en contact avec le leader communiste Ho Chi Minh, qui lui a demandé de lancer un appel à la désertion aux soldats maghrébins enrôlés dans l'armée française au Vietnam. C'est ainsi que beaucoup de soldats marocains ont rejoint les Vietminh.

Mao Zedong et Tito avouent eux-mêmes avoir beaucoup appris du leader marocain. En 1971, recevant une délégation palestinienne du Fatah, Mao déclare: «Vous êtes venus pour que je vous parle de la guerre populaire de libération alors que, dans votre histoire récente, il y a Abdelkrim, qui est une des principales sources desquelles j'ai appris ce qu'est la guerre populaire de libération.»

- Une première conférence du prof. Benani aura lieu, le 19 avril, à 20h, au Centre international, bd. Lemonnier 171 à Bruxelles (02/504.01.61 ou www.internationale.be).

Pour plus d'infos, voir aussi l'excellent livre de Zakya Daoud, Abdelkrim, une épopée d'or et de sang (Séguier, 1999, 460 p., 25,11€) sur lequel est basé cet article. Livre disponible à la Librairie internationale, en face du Centre.

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  #55  
Vieux 30/12/2002, 19h35
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Entre pragmatisme, réformisme et modernisme

Tahtah M.
Subtitle :
Le rôle politico-religieux des Khattabi dans le Rif (Maroc) jusqu'à 1926
Description:

Ce livre présente une contribution à la compréhension de Muhammad b. Abd al-Karim al-Khattabi (Abdelkrim)(1882-1961), le leader du mouvement de résistance rifaine face à l'expansion espagnole au Maroc dans les années vingt (1920-1926). En dépit d'une littérature abondante consacrée au sujet, Abdelkrim demeura longtemps incompréhensible. Dans cette étude l'auteur traite, à base de documents et textes primaires, de la pensée d'Abdelkrim qui plaidait pour la renaissance de la culture islamique d'une part et admirait le progrès européen moderne sur le plan matériel d'autre part. L'auteur dépeint et analyse Abdelkrim comme étant un penseur réformiste, moderniste et pragmatique à la fois. Ces choix politiques d'Abdelkrim aboutirent au cours des années vingt à fonder le gouvernement Rifain controversé, une mixture d'émirat islamique et du système républicain européen. Cette voie choisie par Abdelkrim se proposait comme alternative islamique pour la crise de l'État islamique après la chute du Califat et la montée de la colonisation occidentale au début du siècle


Series : Orientalia Lovaniensia Analecta
Series number : 91

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  #56  
Vieux 31/12/2002, 11h44
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Bon bref ... :-D
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  #57  
Vieux 31/12/2002, 18h02
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Le Marocain...

Merci pour toutes ces infos mais pourrais tu nous apprendre quelque chose qu'on sait pas...

Qui plus est c'est pas le débat...

Malgré tout t dires sont vrais...


:-o


@+


Le Rifain


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  #58  
Vieux 31/12/2002, 18h08
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Azul...


Visiblement vous avez tous la flemme de lire cette intervieuw...


Donc je vais vous en montrer un extrait pour contrer paris-meknés à propos des agissements de Allal El Fassi...


L'extrait de l'intervieuw de Mahand Ameziane est le suivant:




-Vous êtes l’un des dirigeants de la révolte de 1958-1959. L’histoire officielle du Maroc ne dit rien à propos de ces événements. Parlez-nous un peu de votre relation personnelle avec Abdelkrim. Est-ce qu’il y avait ce qu’on peut appeler une continuité historique entre sa révolte des années vingt et celle que vous avez conduite en 1959-1958*?




Oui bien sûr, il y avait continuité. Je reprends donc à partir de mes premiers contacts avec Abdelkrim, des contacts indirects. À Tanger, il existait une bibliothèque à Oued Aherdan. Cette bibliothèque était gérée par un homme originaire du sud. On l’appelait Zizi. C’était un homme éduqué. Il était aussi connu par ses positions nationalistes. Les autorités françaises le tracassaient. D’où son refuge à Tanger. Je le visitais régulièrement. Un jour, je lui ai demandé des magazines et des journaux en provenance du Machreq (Orient). Le magazine al-Mosawir (égyptien) m’intéressait beaucoup. Il commença à rire: "*Al-Mosawir porte des bombes. Abdelkrim y publie ses articles. Il les met entre la première et la deuxième page et il me les envoie. Les douaniers n’ont jamais soupçonné quelque chose.*" Je lui ai demandé si les articles pénètrent dans les régions occupées. C’était le cas. Je lui ai demandé de me laisser ouvrir une autre agence de sa bibliothèque à Tétouan, zone sous contrôle espagnole.



Grâce à l’aide d’anciens amis, Mezyane et Zeryouh (ils étaient en contact avec les autorités espagnoles car ils faisaient partie des négociateurs entre l’Espagne et Abdelkrim en Égypte), j’ai réussi à m’installer à Tétouan à condition de ne pas rentrer au Rif. Je commençais donc à distribuer la littérature et les articles d’Abdelkrim. Un journaliste originaire de Mèknes, qui travaillait à la Radio de Tétouan, les diffusait lui aussi. Mon partenaire était Abdeslam Tawd. Il fut enlevé et assassiné plus tard. Lui aussi faisait partie des négociateurs entre l’Espagne et Abdelkrim en Égypte.



-Qui l’a tué*? Les Espagnols*?

Non, non. Le parti de l’Istiqlal l’a enlevé. Il a été torturé par Torres, Allal Al-Fassi et Mehdi Ben Barka. Ils le torturaient tout en s’amusant de son corps. Il criait terriblement et les insultait. Ceci m’a été raconté par une autre personne enlevée, originaire de Tétouan et qu’ils avaient libérée. Dans le même centre de torture, il y avait aussi d’autres prisonniers dont on n’a jamais plus entendu parler. Ils ont disparu définitivement. Parmi eux figure le nom de Haddou Aqchich, un ancien combattant originaire du Rif. Ils assistaient tous aux sessions de tortures. Ils exprimaient beaucoup de joie à torturer les prisonniers*: Abdelkhaleq Torres, Allal Al-Fassi et Banouna... Parfois Mehdi Ben Barka était présent.



-Pourquoi le Parti de l’Istiqlal les torturait-il? Quels étaient ses objectifs?

Ils torturaient tous ceux qui étaient en contact avec Abdelkrim. Abdeslam Tawd publiait sur la première page de son journal Le Maroc Libre des articles d’Abdelkrim. Il avertissait aussi ses lecteurs des écrits du journal Al-Ouma de Torres. Abdelkrim a soutenu l’Armée de libération dès ses débuts. Il était l’un des fondateurs. En même temps, le Parti de l’Istiqlal militait contre la lutte armée, contre l’Armée de libération nationale. Abdeslam Tawd avait séjourné au Rif. On l’a vu. Il m’a visité. Il était un responsable de l’Armée de libération.



-Revenons à Tétouan et à la bibliothèque. Quelle était la nature des publications qu’Abdelkrim envoyait au Maroc?

Je distribuais donc ces écrits parmi les nationalistes. Le présentateur de Meknès les diffusait à la radio. J’ai commencé à correspondre avec Abdelkrim par l’intermédiaire de Zizi. Celui-ci voyageait au Caire et au Liban. Il était très actif. Mais, j’ai quitté aussitôt Tétouan. Mon père venait de mourir. J’étais obligé de rentrer au Rif. Les autorités espagnoles m’ont permit d’y séjourner. Un mois après mon arrivée au Rif, Zizi me recommanda d’écrire à Abdelkrim par l’intermédiaire d’un de nos hommes qui séjournait à Malaga en Espagne. Ce dernier m’a indiqué une autre personne à Boualma, près de Larba Taourirt, mon village natal dans la province d’Alhoceima. J’étais surpris d’apprendre que notre contact avec Abdelkrim passait par cet homme. Il était un commerçant simple jamais mêlé aux affaires politiques. Mais c’est lui qui me révéla le lieu du séjour d’un neveu d’Abdelkrim à Malaga. Je suis donc rentré en contact avec ce réseau clandestin tout en acceptant mes responsabilités. Les gens parlaient encore d’Abdelkrim dans les marchés. Des rumeurs circulaient que son frère était de retour au pays. Il serait à bord d’un navire chargé d’armes.
Défilé de l'ALN à Nador vers 1955

Un jour, notre homme de Boualma est venu me voir. Il me révéla des plans d’attaque que nos combattants allaient mener, le vendredi suivant, contre des positions françaises à Gzenaya. Ils envisageaient aussi des attaques contre les kidnappeurs de certains dirigeants de l’Armée de libération nationale. Il craignait que les Espagnols découvrent leurs plans. Il estimait que leurs combattants allaient enlever le Résident général à Gzenaya. Notre tâche fut d’enlever son homologue espagnol. Nous-mêmes, nous avons renoncé à l’enlèvement du Résident espagnol car celui-ci n’était pas à son domicile habituel. En plus, il faisait mauvais temps. Notre attaque n’a pas eu lieu.



L’homme de Boualma m’avait aussi confié qu’il possédait des armes. Des Rifains les lui avaient passées après leur participation à la guerre civile en Espagne. Ces Rifains n’étaient ni adhérents de l’Armée de libération ni adhérents des partis politiques. Seul leur amour de la patrie les avait poussés à nous aider. Abdelkrim aussi nous incitait à acheter plus d’armes. Ce qui était impossible. Partout on découvrait des collaborateurs. De même, les Espagnols nous observaient partout. Certains combattants de Boualma ont été arrêtés. L’achat des armes était quasiment impossible.



Le jour de l’enlèvement du Résident français est venu. Le commando était composé des hommes originaires des Ayt Waryaghel et de Gzenaya. Les postes qu’ils devaient attaquer étaient*: Bord, Aknoul et Tizi Ousli. Pour ne pas attirer l’attention des autorités sur ma participation à ces attaques, j’avais décidé d’embaucher quelques maçons, histoire de construire un domicile sur un terrain que je possédais à Larba Taourirt.



C’est par un représentant des autorités locales que j’ai appris l’attaque présumée: "*Abdelkrim est derrière cette attaque, n’est-ce pas*?*" m’a-t-il demandé. Il essayait de m’arracher plus d’information. Fâché par mon silence complet, il déclara*en espagnol: "*C’est Abdelkrim lui-même qui vient de revendiquer cette attaque.*"



Je suis revenu pour voir les combattants. J’ai appris qu’ils avaient attaqué Bord. Mais le capitaine s’était échappé par une voie souterraine sous son domicile. Après son évasion, il était revenu par avion pour les bombarder mais en vain. L’attaque contre Tizi Ousli fut aussi un succès. Ils ont tué un nombre indéfini de soldats. Nos combattants enfermés dans les prisons françaises furent tous libérés. L’attaque d’Aknoul n’a pas eu lieu à cause de la longue distance. Certains combattants prisonniers à Tizi Ousli furent aussi libérés, mais nos combattants les avaient transmis vers un lieu secret pour des raisons que j’ignore.



Certains prisonniers libérés étaient accompagnés de leurs familles. Les autorités espagnoles les ont empêchés de rentrer au Rif. En même temps, les canons français les attaquaient. J’ai pris soin de tous les prisonniers et de leur famille. J’ai demandé hospitalité aux Ayt Arous et aux Ayt Marzka. Ce que j’ai reçu. Les Espagnols n’ont pas réagi. Plus tard, des détachements de l’armée espagnole sont venus de Nador et de Melilla. L’armée était partout. La nuit, ma maison fut un refuge à toutes sortes de combattants. Il y avait surtout ceux qui ont fait la guerre d’Abdelkrim. On me demanda de leur donner les armes. Le lundi suivant, le jour de marché à Ayt Bouayache, je me suis trouvé au milieu d’une grande foule qui me demandait les armes. Tout le monde parlait de la guerre. Ils voulaient combattre à n’importe quel prix. Je me rappelle de cet homme décidé, un seul fusil à la main. Il a choisi une dizaine d’hommes et ils ont pris le chemin pour Gzenaya. Plus tard, on a distribué les armes. C’est ainsi que l’Armée de libération est née. C’était une armée issue du peuple. Elle n’a rien à avoir avec le Parti de l’Istiqlal. La lutte armée contre la présence coloniale est un travail du peuple, pas des partis politiques.



-Abdelkrim militait pour la libération du Maroc. Le Parti de l’Istiqlal faisait de même. Quelles étaient donc les causes de cette rivalité*?

Le Parti de l’Istiqlal était reconnu par les Français. Par ailleurs, tous les autres partis politiques marocains n’ont jamais mentionné la résistance armée à l’occupation du pays. Au contraire, ils se contentaient d’organiser des commissions municipales à Fès et à Tétouan. Dans leur littérature officielle, dans tous les communiqués qu’ils ont distribués entre 1928 et 1948, aucun ne signalait le nom d’Abdelkrim. Pour eux, c’était un homme qui n’existait pas. En 1928, les combattants d’Abdelkrim étaient toujours dans la montagne les armes à la main. Abdelkrim fut exilé en 1926. Les partis ne l’avaient jamais mentionné. Ils n’entretenaient aucune relation avec lui. Ce sont eux qui l’ont fait descendre au Caire – et je dis bien ils l’ont fait descendre de force – car ils craignaient qu’il se réfugie en France ou en Espagne d’où il pouvait mieux organiser la Résistance. Ils l’ont trahi, les lâches*!




Voilà voilà !!!


@+


Le Rifain
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  #59  
Vieux 01/01/2003, 15h52
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Rifain !
Peus-tu indiquer la source concernant L'extrait de l'intervieuw de Mahand Ameziane
Merci
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  #60  
Vieux 01/01/2003, 18h27
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Salam cousin...

C'est avec joie que je vais t'indiquer la source de cette superbe intervieuw qui s'y trouve en entière...


En fait c'est l'extrait d'un livre...

Mais sur le site: www.mondeberbere.com, tu pourras la trouver...


Voici le lien:

http://www.mondeberbere.com/histoire/rif/amezyane.htm



Si je peux encore t'aider, n'hésites pas...


@+



Le Rifain



;-)
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