Les poulets américains chlorés sont les bienvenus dans l'Union. C'est en tout cas ce qu'annonce la Commission européenne. Pour tenter d'amadouer des états membres qui ne veulent pas de ces poulets américains, la Commission annonce que ce retour se fera sous certaines conditions très strictes.
Ces poulets sont à la fin de la chaîne d'abattage plongés dans un bain de plusieurs substances, comme le chlore par exemple, pour tuer les bactéries. Les analyses scientifiques existantes ne montrent pas de danger pour la santé humaine mais certains s'interrogent. Ce traitement pourrait augmenter la résistance de certaines bactéries aux antibiotiques.
Mais ce qui choque surtout les Européens, c'est la différence d'approche entre les Américains, qui assurent l'hygiène du produit à la fin de la chaîne d'abattage et les Européens qui eux sont obligés de respecter des normes strictes à chaque étape, de l'étable à la table selon la formule consacrée. Des normes strictes qui représentent du travail, des investissements, du temps. La semaine dernière 21 ministres de l'agriculture sur 27 ont expliqué que pour eux, ces poulets chlorés étaient en contradiction totale avec les principes européens.
La Commission veut calmer le jeu, cette levée d'embargo si elle intervient devra respecter plusieurs conditions: la liste des produits autorisés sera limitée, le temps de trempage du poulet sera limité lui aussi, il faudra rincer la volaille à l'eau potable après le trempage et puis surtout les poulets seront clairement étiquetés pour que les consommateurs puissent choisir. Mais jusque quand? Un ministre de l'Agriculture estimait la semaine dernière que si les poulets américains revenaient, alors, l'Europe devrait assouplir ses normes d'hygiène, revenir en arrière et permettre aux éleveurs européens de travailler aux mêmes conditions que les Américains.
Les états membres, les députés, les consommateurs, les agriculteurs ,e veulent en arriver là : ils se disent prêts à lutter purement et simplement contre le projet de la Commission.
http://www.rtbf.be/info/international/ARTICLE_187677