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#1
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| Jamil Cheaib est à la tête d'un empire alimentaire de 100 M$ Dansereau, Suzanne Pendant que nous nous régalons d'une dorade royale nappée d'une sauce au tahini accompagnée de la meilleure salade fattouche que j'aie jamais mangée, il me raconte son histoire. Au début, il s'appelait Jamil. Il vivait dans le petit village de Damour, au Liban, où son père avait un supermarché. En 1976, la guerre a détruit son village, le supermarché n'a pas survécu. Sa famille - ils étaient six garçons, trois filles - s'est réfugiée dans une église. Son père ne voulait pas séparer ses enfants. Il était en colère et inquiet quand Jamil est parti pour le Canada, seul, à 20 ans, avec 700 $ en poche. Vingt-huit ans plus tard, Jamil est devenu Jimmy et il possède un empire alimentaire à Montréal dépassant les 100 M$. M. Cheaib est le propriétaire fondateur des supermarchés Adonis ainsi que de Phoenicia Products, l'un des plus importants distributeurs, importateurs et exportateurs de produits alimentaires moyen-orientaux en Amérique du Nord, propriétaire des marques Cedar et Phoenicia. Les deux compagnies font travailler 800 personnes. Petite épicerie deviendra grande Le succès d'Adonis - qui célèbre son 25e anniversaire - et de Phoenicia est digne des histoires du petit train va loin. M. Cheaib a travaillé trois ans avant de faire venir son frère Élie du Liban et de se lancer en affaires avec son ami George Ghorayeb, avec 8 000 $. La petite épicerie libanaise qu'était alors Adonis, avec des ventes hebdomadaires de 2 000 $, est déménagée et a été agrandie trois fois avant de s'établir, en 2002, dans un édifice de 28 000 pi2 construit au coût de 9 M$ sur la rue Sauvé. Et déjà, ce magasin-phare est si achalandé que M. Cheaib regrette de ne pas avoir fait construire plus grand. En 2004, Adonis poursuit son expansion : l'agrandissement du magasin dans l'Ouest de Montréal (un projet de 7 M$ d'une superficie de 29 000 pi2) sera terminé en juillet. L'agrandissement du magasin de Laval commencera vers la fin de l'année. Et pour 2005, Adonis se cherchera un emplacement pour établir un quatrième magasin, cette fois à Longueuil. De son côté, la division d'import-export et de distribution d'aliments moyen-orientaux a connu une croissance fulgurante en 15 ans, qui se répercute sur ses fournisseurs. "Il est honnête, fiable et ponctuel", dit Santo Fata, propriétaire de Saber Foods, un fournisseur. "M. Cheaib nous a fait confiance", dit Abdel Magid, dont la jeune entreprise, Zinda, produit du couscous. Située à Montréal, Zinda croît de 25 % par année depuis trois ans. Elle dessert aujourd'hui une bonne partie du marché local du couscous, jadis importé. Elle s'apprête à exporter au Maroc. Quelle ironie : Jamil Cheaib arrive ici en 1976 pour apporter la cuisine moyen-orientale au pays et voilà qu'il fait fabriquer ici des produits qu'il exporte là-bas ! Des liens tissés serrés Cet homme timide et sérieux qui m'accompagne pour le lunch parle peu, mais sa satisfaction d'avoir réussi est évidente. Nous sommes dans le restaurant de l'un de ses frères, situé tout à côté de chez Adonis. La boulangerie qui alimente Adonis appartient à un autre membre de la famille. Sa soeur dirige le magasin. Toute sa famille vit ici et il adore Montréal. "Cette ville m'a tout donné : le succès et la réunion de ma famille", dit-il. "J'aime les Canadiens parce qu'ils sont honnêtes et serviables. C'est 10 fois plus facile de traiter avec eux qu'avec des fournisseurs étrangers." Et lui ? Après 28 ans, il se définit comme un "bon croisement entre un Libanais et Canadien", à la fois "gambler et porté sur les chiffres". Pour ce qui est de l'avenir, une expansion aux États-Unis, où les produits de Phoenicia sont déjà distribués, serait envisageable. Mais Jamil Cheaib hésite. "Je ne veux pas disperser la famille", dit-il. Tiens, tiens, c'est ce que son père craignait il y a 28 ans. Quand je le lui fait remarquer, il sourit. suzanne.dansereau@transcontine ntal.ca La vie selon... Le plaisir, c'est : faire plaisir à ceux qu'il aime. Son resto libanais préféré : Daou, dans le quartier italien à Montréal. Sa façon de décrocher : aller à la chasse à la perdrix. Un rêve : finir ses jours avec la même femme. Son plus grand défi : arrêter de fumer. Un petit velours : l'an dernier, il a été récompensé par la Reine pour sa contribution au rayonnement de sa communauté. Ses principes de gestion : "Toujours être honnête et juste. Ça paie, au bout du compte. Ne vends pas ce que tu ne mangerais pas." Les Affaires Entreprendre, samedi 7 février 2004 |
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#2
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| oui la justice et la bonne gestion font payés |
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