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| TEHERAN (AFP) - La police s'est employée samedi à étouffer dans l'oeuf toute fraternisation entre les étudiants et la rue en dispersant violemment plusieurs centaines de personnes devant l'université de Téhéran dans laquelle 3.000 étudiants scandaient des slogans hostiles au pouvoir. Les policiers iraniens ont arrêté au moins une dizaine de ces personnes auxquelles les étudiants, empêchés de sortir, lançaient de l'autre côté des grilles: "Peuple valeureux, viens nous rejoindre". Environ 3.000 étudiants s'étaient rassemblés en début d'après-midi dans l'enceinte de l'université à l'occasion de leur journée nationale commémorant la mort de trois des leurs, tués par la police du chah en 1953. Le 20 novembre les autorités avaient décidé d'interdire toute nouvelle manifestation devant le risque grandissant de violence et la tonalité de plus en plus politique que prenait la contestation étudiante, suscitée par la condamnation à mort de l'intellectuel et professeur d'université Hachem Aghajari pour blasphème. Samedi, les étudiants, autorisés à se rassembler mais seulement à l'intérieur de l'université, ont demandé la démission du chef de l'autorité judiciaire. Mais, comme lors des manifestations de novembre, les slogans ont aussi visé le Guide suprême Ali Khamenei et l'ancien président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, resté un personnage clé de l'Etat. Un texte avait été placardé pressant le président réformateur Mohammad Khatami de "baisser le frein à main" pour accélérer les réformes. "Mort aux talibans, de Kaboul à Téhéran", "talibans d'Iran, c'est bientôt votre tour", ont crié les étudiants brandissant des portraits de Hachem Aghajari et des trois victimes de 1953. Ils ont de nouveau réclamé la libération de tous les "prisonniers politiques" ainsi qu'un référendum sur l'avenir politique du pays. Les étudiants avaient mis en place un important service d'ordre, qui n'a pas empêché l'infiltration d'islamistes extrémistes. Les violences sont d'abord restées verbales. Mais la situation a dégénéré en milieu d'après-midi. Des étudiants ont commencé par échanger brièvement des projectiles avec des extrémistes postés à l'extérieur. Le bassidj étudiant, milice islamiste des universités qui était intervenue brutalement dans certaines manifestations en novembre, avait préalablement dénoncé comme "illégal" le rassemblement de ses camarades et mis en garde contre toute attaque qui serait proférée contre "les valeurs du régime islamique". La police, déployée en force, a fait installer des bus devant les grilles de l'université pour masquer aux passants la vue de l'intérieur. Le moteur mal réglé d'un bus, pot d'échappement tourné vers les vantaux, a été mis en marche pour tenir les étudiants à distance. Les étudiants ont alors pris pour cibles les vitres des véhicules. Plusieurs centaines de personnes, dont on ignorait si elles étaient venues par curiosité ou par adhésion à la cause étudiante, se sont réunies sur l'avenue Enghelab (Révolution), répondant par des gestes de sympathie aux appels des étudiants à les rejoindre. La police est finalement entrée en action pour les disperser à coups de matraques. Les films de photographes ont été confisqués. L'agence estudiantine ISNA a fait état de l'arrestation de l'un de ses photographes. Les étudiants avaient également annoncé plusieurs rassemblements en province, d'où aucune information n'est cependant parvenue dans un premier temps. Les organisations conservatrices étudiantes et le bassidj ont aussi appelé à des rassemblements qui devraient avoir lieu dimanche -------------------- Ce n'est que le début. 8-) |
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