Poisse Le Maroc aurait-il la poisse? En l'espace de quelques jours, des inondations d'une rare violence ont dévasté Mohammédia, des pluies diluviennes ont noyé la zone industrielle de Berrechid, un incendie a ravagé la seule raffinerie du pays, des pipelines ont pris feu et des bassins de traitement d'eaux usées se sont fissurés. C'est beaucoup en si peu de temps. Cela sans compter le nombre de personnes qui ont péri ou sont portées disparues.
Aujourd'hui, plus de dix jours après, les industriels et les populations se battent encore contre la boue avec leurs propres moyens et le peu dont disposent les autorités locales.
Les ZI qui, en principe, doivent être la fierté d'un pays et figurer parmi les éléments-clés de sa compétitivité, n'ont pas le minimum. Celle de Berrechid, où tout manque, de la voirie à l'éclairage en passant par la signalisation et l'assainissement, est considérée par les autorités locales comme exemplaire. C'est un comble! Les unités ont investi en toute confiance dans ces zones et payent chaque année des dizaines de millions de dirhams de taxes. En retour, elles exigent des vraies routes goudronnées, des vrais systèmes d'évacuation des eaux, des vraies canalisations… si bien sûr, ces élus n'y voient pas d'objection. C'est ainsi que l'on tue dans l'oeuf l'industrialisation et l'emploi. Et par ricochet l'investissement.
Le Maroc aurait-il finalement la poisse? Oui, pour avoir des routes mal faites. Oui, pour avoir des zones industrielles dénaturées, des infrastructures vétustes, des autorités complètement déconnectées... Le même scénario se répète, pour la deuxième fois, avec un peu plus de violence, entraînant des pertes de points dans sa croissance à chaque fois, des pertes de marchés, d'emplois... Le pays finira-t-il par le comprendre et sortir de son agaçante léthargie?
Finalement, ce n'est pas du tout une question de poisse, mais... |