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#1051
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| J’ai la sagesse d’un condamné à mort : Je ne possède rien et donc rien ne me possède J’ai écrit mon testament avec mon sang : «Fiez-vous à l’eau, vous, habitants de ma chanson» Je me suis endormi ensanglanté et couronné de mon lendemain J’ai rêvé que le cœur de la terre était plus grand que sa mappemonde, Plus limpide que son miroir et que ma potence Et je me suis épris d’un nuage blanc qui me prendrait Vers le haut Comme une huppe avec des ailes de vent. A l’aube L’appel de garde de nuit M’a tiré de mon rêve et de ma langue : «Tu vivras une autre mort Revois donc ton dernier testament L’heure de ton exécution a encore été reportée» «A quand ?» ai-je demandé «Attend, dit-il, tu mourras davantage J’ai dit : «Je ne possède rien et donc rien ne me possède» J’ai écrit mon testament avec mon sang «Fiez-vous à l’eau, vous, habitants de ma chanson». MAHMOUD DARWICH
__________________ Là où la diplomatie a échoué, il reste la femme. |
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#1052
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| Citation:
rita2 al andalous sinon en français y a aussi le pont mirabeau que j'aime bien |
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#1053
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| Instants Si je pouvais de nouveau vivre ma vie Dans la prochaine je ne commettrais plus d'erreurs Je serais plus bête que ce que j'ai été en fait je prendrais peu de choses au sérieux Je serais moins hygiénique, je courrais plus de risques, je voyagerais plus Je contemplerais plus de crépuscules, je grimperais plus de montagnes, Je nagerais dans plus de rivières, Je me rendrais dans plus d'endroits qui me sont inconnus Je mangerais plus de crèmes glacées et moins de fèves J'aurais plus de problèmes réels et moins d'imaginaires. J'ai été de ces personnes qui vivent sagement et pleinement chaque minute de leur vie Bien sûr que j'ai eu des moments de joie Mais si je pouvais revenir en arrière, J'essaierais de n'avoir seulement que de bons moments ne pas laisser passer le présent. J'étais de ceux qui ne se déplacent sans un thermomètre, un bol d'eau chaude, un parapluie, et un parachute. Si je pouvais revivre ma vie je recommencerais par me promener pieds nus dès les premiers jours du printemps et je continuerais jusqu'aux confins de l'automne... Je musarderais plus dans les ruelles, je contemplerais plus d'aurores et je jouerais avec plus d'enfants, si j'avais encore une fois la vie devant moi. Mais voyez-vous, j'ai 85 ans, et je sais que je suis en train de mourir... JOSE LUIS BORGES
__________________ Là où la diplomatie a échoué, il reste la femme. |
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#1054
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| ANDALUCES DE JAEN...EXTRAIT Le septième jour du troisième mois de l’année 19.. je poussai mon premier cri Allí… en tierra seca entre el olivo y el almendro Là-bas … quelque part où les hommes étaient bergers charbonniers ou journaliers où les femmes étaient mères et travaillaient la terre où les enfants noirauds aux vêtements rapiécés couraient pieds nus sur les cailloux brûlants et les chemins d’épines se nourrissant d’un oignon d’un quignon de pain et parfois de rien Là-bas … quelque part junto la ciudad de los gitanos où les pauvres étaient princes mais tous l’ignoraient... FEDERICO GARCIA LORCA
__________________ Là où la diplomatie a échoué, il reste la femme. |
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#1055
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| Ô AMI, Ô FATIGUE Après que le poème eut déchiré le vêtement des jours J'invitai le vent et lui montrai la voie Pour que ses doigts se fassent aiguilles Et qu'il couse l'espace avec les restes du temps. . ADONIS
__________________ Là où la diplomatie a échoué, il reste la femme. |
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#1056
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| UN MOT QUI TOMBE Il m'arrive de parler avec le bruit des fleurs, le murmure des arbres, le crissement des insectes, le feulement des bêtes. Un mot qui tombe peut rouler dans les pierres et faire une montagne. Un autre qui s'envole peut dévorer le vent ou laisser dans les nids des œufs de métaphores. Tous les hommes d'avant moi, tous les hommes d'après, habitent ma parole, du premier feu de bois aux tables des bistros. Je prends leurs mots pour en faire des roses, des nuages, des pierres que l'on frotte. J'en attends l'étincelle au milieu de la nuit. J'apprends le goût des fruits et le chant des oiseaux. J'apprends le nom des fleurs pour charmer les abeilles. Je ne veux plus qu'on demande le prix. Ne tuez plus tout ce qui donne à vivre. Demandez l'impossible, il tient la vie debout. Un essaim s'est posé sur un cadavre d'arbre. C'est la vie qui bourdonne dans ce qui fut sa mort. Où se trouvait la sève, le miel prend le relais. Peu importe la couleur de l'encre, c'est le sang des blessures que mes phrases traduisent. Je ne sais pas la route. J'appartiens aux phrases qui m'écrivent, me raturent et m'éclairent. Je vais de lèvre en lèvre, de la tête à mes doigts, prenant le pouls du cœur et le rythme du monde. Je monte par les mots. Ils me font une échelle dans le trou de mon corps. Ils disent le soleil sans cacher le nuage. On peut tout faire avec les vingt-six lettres, pourquoi en faire des mensonges ? Il faut apprendre à vivre pour apprendre à mourir. À peine suis-je un homme ? Je regarde un nuage et je suis le nuage. Je bois et je deviens la source. J'aime et je deviens meilleur.... JEAN-MARC LAFRENIERE
__________________ Là où la diplomatie a échoué, il reste la femme. |
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#1057
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| jolie poèmes
__________________ Si dans ton cœur, il y a un doute, laisse-le donc partir |
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#1058
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| LE PLUS ET LE MOINS Des hommes pleurent, des hommes ont peur demain il fera faim Mon chien s’interroge sur le poids du plus, sur le poids du moins Strasbourg, un quartier brûle des hommes pleurent les dignitaires regardent ailleurs À croire que certaines urgences ont le poids du moins Une villa corse visitée par des indésirables le pouvoir s’émeut À croire que certaines violences ont le poids du plus Mon chien s’interroge sur le poids du plus, sur le poids du moins Des assassins de futur condamnent 3000 foyers à la précarisation l’économie réclame ses chômeurs ses exclus des hommes se suicident et la bourse chante À croire que certaines violences sont innocentes Un patron dort à l’usine et la violence est majeure À croire que seules certaines violences sont coupables Mon chien s’interroge sur le poids du plus, sur le poids du moins Mon chien a compris Le pouvoir vaut son content de droit Mon chien ne s’interroge plus le poids du plus et le poids du moins s’indexent à la bourse Mais l’été arrive Il serait temps de se taire Il conviendrait de ne plus japper. . JEAN-MICHEL SANANES
__________________ Là où la diplomatie a échoué, il reste la femme. |
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#1059
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| HOMMES DE MON PAYS Dans nos montagnes il y a des hommes, ce sont des amis de la nuit; leurs yeux brillent du noir des chèvres, leurs gestes raides comme la pluie. Ils ont pour maître l'olivier, simple vieillard aux bras croisés. Eux, leurs mains sont de chardons, leurs poitrines sanctuaires, "le ciel tourne autour de leurs fronts, comme un insecte lourd à la chaude saison". Dans nos montagnes il y a des hommes, qui ressemblent au tonnerre, et savent que le monde est gros comme une pomme. NADIA TUENI
__________________ Là où la diplomatie a échoué, il reste la femme. |
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#1060
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| J'AI RETENU LA VIE Pour que dure l'instant sous le poids des mémoires j'ai retenu la nuit plus doucement qu'une main de femme plus longuement sans oublier contre des murs vivants sur un étroit chemin utile comme un arbre Pour que le don de Mort recouvre les eaux sûres J'ai retenu la mer loin des cathédrales dont elle se glorifie loin de ces araignées qui tissent encore des vagues pour attirer la plage et des rochers tordus où s'en ira la vie j'ai retenu la vie j'ai retenu la mer Pour que reste le cri des oiseaux de l'orage ceux qui n'ont plus rien dit depuis la grande attente ceux qui prient chaque fois pour les morts en puissance et détiennent la tour d'où soufflent tous les vents j'ai retenu la mer la nuit est moins féroce qui permet au soleil un temps de revenir. NADIA TUENI (juin et les mécréants,1968)
__________________ Là où la diplomatie a échoué, il reste la femme. |
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