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#1342
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Peux tu nous le mettre en ligne !!!!!
__________________ N'ayez pas peur du bonheur...ça n'existe pas ! |
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#1343
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| LES PAS Tes pas, enfants de mon silence, Saintement, lentement placés, Vers le lit de ma vigilance Procèdent muets et glacés. Personne pure, ombre divine, Qu'ils sont doux, tes pas retenus ! Dieux !… tous les dons que je devine Viennent à moi sur ces pieds nus ! Si, de tes lèvres avancées, Tu prépares pour l'apaiser, A l'habitant de mes pensées La nourriture d'un baiser, Ne hâte pas cet acte tendre, Douceur d'être et de n'être pas, Car j'ai vécu de vous attendre, Et mon cœur n'était que vos pas. Paul Valéry
__________________ N'ayez pas peur du bonheur...ça n'existe pas ! |
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#1344
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| CHARMES Par la surprise saisie, Une bouche qui buvait Au sein de la Poésie En sépare son duvet : — Ô ma mère Intelligence, De qui la douceur coulait Quelle est cette négligence Qui laisse tarir son lait ? À peine sur ta poitrine, Accablé de blancs liens, Me berçait l’onde marine De ton cœur chargé de biens ; À peine, dans ton ciel sombre, Abattu sur ta beauté, Je sentais, à boire l’ombre, M’envahir une clarté ! Dieu perdu dans son essence, Et délicieusement Docile à la connaissance Du suprême apaisement, Je touchais à la nuit pure, Je ne savais plus mourir, Car un fleuve sans coupure Me semblait me parcourir... Dis, par quelle crainte vaine, Par quelle ombre de dépit, Cette merveilleuse veine À mes lèvres se rompit ? Ô rigueur, tu m’es un signe Qu’à mon âme je déplus ! Le silence au vol de cygne Entre nous ne règne plus ! Immortelle, ta paupière Me refuse mes trésors, Et la chair s’est faite pierre Qui fut tendre sous mon corps ! Des cieux même tu me sèvres, Par quel injuste retour ? Que seras-tu sans mes lèvres ? Que serai-je sans amour ? Mais la Source suspendue Lui répond sans dureté : — Si fort vous m’avez mordue Que mon cœur s’est arrêté ! Paul Valéry
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#1345
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| Déjà ! Hé quoi ?... Déjà ?... Amour léger comme tu passes ! A peine avons nous eu le temps de les croiser Que mutuellement nos mains se désenlacent. Je songe à la bonté que n'a plus le baiser. Un jour partira donc ta main apprivoisée! Tes yeux ne seront plus les yeux dont on s'approche. D'autres auront ton cœur et ta tête posée. Je ne serai plus là pour t'en faire reproche. Quoi? sans moi, quelque part, ton front continuera ! Ton geste volera, ton rire aura sonné, Le mal et les chagrins renaîtront sous tes pas; Je ne serai plus là pour te le pardonner. Sera-t-il donc possible au jour qui nous éclaire, A la nuit qui nous berce, à l'aube qui nous rit, De ne continuer leur aumône éphémère, Sans que tu sois du jour, de l'aube, de la nuit? Sera-t-il donc possible, hélas, qu'on te ravisse, Chaleur de mon repos qui ne me viens que d'elle! Tandis que, loin de moi, son sang avec délice Continuera son bruit à sa tempe fidèle. La voilà donc finie alors la course folle? Et tu n'appuieras plus jamais, sur ma poitrine, Ton front inconsolé à mon cœur qui console, Rosine, ma Rosine, ah! Rosine, Rosine! Voici venir, rampant vers moi comme une mer, Le silence, le grand silence sans pardon. Il a gagné mon seuil, il va gagner ma chair. D'un cœur inanimé, hélas, que fera-t-on? Eh bien, respire ailleurs, visage évanoui! J'accepte. A ce signal séparons nous ensemble... Me voici seul; l'hiver là... c'est bien...Nuit. Froid. Solitude... Amour léger comme tu trembles ! Henri Bataille
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#1346
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| Aveu dans le silence Dans l’orage secret, dans le désordre extrême Je n’ose m’avouer à moi-même que j’aime ! Cela m’est trop cruel, trop terrible… Mais j’aime ! Pourquoi je l’aime ainsi ? L’éclat de ses cheveux… Sa bouche… Son regard !… Ce qu’elle veut, je veux. Je ne vis que de la clarté de ses cheveux… Et je ne vis que du rayon de ce sourire Qui m’attendrit, et que j’appelle et je désire… O miracle de ce miraculeux sourire !… Sa robe a des plis doux qui chantent… Et ses yeux Gris-verts ont un regard presque… miraculeux… J’adore ses cheveux et son front et ses yeux… Elle ne saura point, jamais, combien je l’aime Cependant ! Car jamais ma jalousie extrême Ne lui laissera voir, jamais, combien je l’aime ! Renée Vivien
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#1347
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Pour Annie ( extrait ) (...) Ah ! et que jamais on ne dise - sottement - que ma chambre est obscure, ni étroit mon lit ; car homme n'a jamais dormi dans un lit différent - et, pour dormir, vous aurez juste à sommeiller dans un tel lit. Mon esprit à la Tantale ici se repose agréablement, oubliant ou ne regrettant jamais ses roses - ses vieilles agitations de myrtes et de roses : Car voici que, tout en gisant dans sa quiétude, il imagine une odeur plus sainte, alentour, de violettes - une odeur de romarin, entremêlé avec les violettes - avec de la rue et les belles violettes puritaines. Il gît ainsi, heureusement, baigné - par maint songe de la constance et de la beauté d'Annie - noyé dans un bain des tresses d'Annie. Tendrement elle m'embrassa : affectueusement me caressa, et je tombai alors doucement pour dormir sur son sein - dormir profondément à cause des cieux de son sein. A l'extinction de la lumière, elle me couvrit chaudement et elle pria les anges de me garder de tout mal - la reine des anges de me parer de tout mal. (...) Edgar Allan Poe
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#1348
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| Femme en flamme flamme de femme mer des anges femme de ton corps d’âme arrose le corps des mots de la coupe de tes seins nourris la soif de la pensée de tes lèvres accouche les non-dits du poème nu ta source avale et rejette la vie femme femme ôte la couverture de la vie entre dans le cœur du corps tendre danses-y la valse à tant de temps signe du sexe la table des signes femme femme bois le sang pour sang charrie l’aura vagabonde enlise ton doux venin à chaque mot offre le souffle de ton corps à l’écriture respire l’encens des sens femme déjeuner sur l’herbe promenade en barque ivresse de mystère femme en flamme Charles Baurin
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#1349
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Les nuages, mon cher S'en sont allés voiler Mon ciel déjà austère Et déjà ombragé Ils aiment à pleuvoir Sur mon sol infertile Semé de désespoir Arrosé de fragile Ce vieux soleil, mon cher S'en est allé jouer A celui qui se perd D'où l'on ne peut briller Il aime à se cacher Loin de ma terre pieuse Et pour le retrouver Faut-il donc que je creuse Faut-il donc que je creuse Pour trouver ta lumière Ou m'enfoncer poreuse Dans ma peine d'enfer Faut-il donc que je creuse Pour trouver ton image Ou m'enfoncer peureuse Dans l'étreinte de l'âge Douce rosée, mon cher S'en est allée cueillir Aux racines d'Ether sanglots de repentir Elle aime à arroser De sa fébrile empreinte Ce qu'on ne peut glaner Des ébats qui m'éreintent Et l'arbre mort, mon cher S'en est allé finir En cercueil de misère Où je m'en vais dormir Il aimera bercer De son écorce rèche Mon corps inanimé Ma poitrine enfin sèche Ma poitrine enfin sèche D'avoir quitté la vie D'avoir largué qui prêche A pleurer d'infini Ma poitrine enfin sèche Après longue coulée En un amour où flèche de cupidon m'a tuée Les vents du soir, mon cher S'en sont allés frapper Sur les quais de ma chair où tu t'étais ancré Ils aiment à vieillir Chaque fois un peu plus L'horizon qui soupire de n'être que perdu Mes pétales, mon cher S'en sont allés répandre Cette odeur de naguère de quand on était tendres Ils aiment à sourire En souvenir du temps Où s'aimer à mourir Nous le faisions vivants Nous le faisions vivants Depuis s'en sont allés Les nuages, les vents, Le soleil, la rosée Nous le faisions vivants Avant qu'on ne se quitte Et que tout en dedans Je m'écroule aussi vite...
__________________ "Seul ce que j'ai perdu m'appartient à jamais." Rachel |
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