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#1381
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Notre mort, c'est nos noces avec l'éternité. Quel est son secret ? "Dieu est Un" Le soleil se divise en passant par les ouvertures de la maison ; quand ces ouvertures sont fermées, la multiplicité disparaît. Cette multiplicité existe dans les grappes : elle ne se trouve plus dans le suc qui sourd du raisin. Pour celui qui est vivant dans la lumière de Dieu, la mort de cette âme charnelle est un bienfait. A son sujet, ne dis ni mal, ni bien, car il est passé au-delà et du bien et du mal. Attache tes regards sur Dieu, et ne parle pas de ce qui est invisible, afin que dans ton regard Il mette un autre regard. C'est la vision des yeux corporels qui constitue cette vision pour laquelle n'existe aucune chose invisible et secrète. Mais quand le regard est tourné vers la lumière de Dieu sous une telle lumière, quelle chose pourrait demeurer cachée ? Bien que toutes les lumières émanent de la lumière divine, ne nomme pas toutes ces lumières "lumière de Dieu" c'est lumière éternelle qui est la lumière de Dieu ; la lumière éphémère est l'attribut du corps et de la chair. C'est la lumière infernale qui luit dans les yeux des créatures, sauf pour celles dont c'est Dieu même qui oignit les yeux de kohl. Son feu est devenu lumière pour Son ami, Abraham ; les yeux de l'intelligence sont ignorants comme ceux de l'âne. O Dieu qui confère le don de la vision! L'oiseau de la vision s'envole vers Toi avec les ailes du désir" Rûmi
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#1382
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| Les voies de l’amour Il existe bien des chemins de recherche, mais la recherche est toujours la même. Ne vois-tu pas que les chemins qui conduisent à La Mecque sont divers, l’un venant de Byzance, l’autre de Syrie, et d’autres encore passant par la terre ou la mer ? Par conséquent, la distance de ces chemins à parcourir est chaque fois différente ; mais, lorsqu’ils aboutissent, les controverses, les discussions et les divergences de vues disparaissent, car les cœurs s’unissent… Cet élan du cœur n’est ni la foi, ni l’infidélité, mais l’amour. Rûmi
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#1383
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Tous mes amis me blâment, parce que je l’aime ; Mais aucun ne l’a vue, et, pour cette raison, Aucun ne veut me pardonner... Puissent, ô Leyla, tous ceux qui me condamnent voir ton charmant visage ! Leur extase alors serait mon excuse, et, de même que les femmes d’Egypte à la vue de Joseph, Ils ne seraient plus maîtres de leurs mouvements." Majnûn et Laylâ
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#1384
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Que de jours de plaisir j’ai passés, et de nuits, Aux côtés d’une amie pure comme une image. Le soir, pour son conjoint, son visage reluit Comme une lampe à huile aux doux reflets volages. Des braises serties de racines de bois vert Parent son col ardent de perles altières Qu’ont attisées le vent de l’est et l’aquilon Pour celui qui revient d’un périple trop long. Son sourire éclatant, ses douces mains coquettes Ravissent mon regard, me font perdre la tête. Elle sort parfumée et balance, divine, Ses hanches épanouies et sa taille féline Et deux tendres monticules de sable, ronds, Aptes à réjouir deux enfants et leurs bonds. Et lorsque son conjoint veut la déshabiller Elle acquiesce avec grâce et sans se récrier. Un jour, j’ai songé à la chaleur de son feu ; D’Adhri‘ât à Yathrib, il y avait mille lieues*. D’un regard enflammé j’ai contemplé le ciel Et me suis retrouvé en pensée auprès d’elle. Les étoiles semblaient m’inviter au voyage Leur lueur m’indiquait clairement le passage Telles ces lampes que les moines font briller Tout le long du chemin pour les caravaniers. Petit à petit, comme une bulle s’élève Je m’élevai vers elle à l’heure où les gens rêvent... IMRU' AL-QAYS “LE ROI ERRANT”
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#1385
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A Majnoun un chamelier dit un jour : « Dans ce désert pourquoi en vain cours-tu ? Si c’est Leyli que tu aimes Moi, sais-tu, je l’ai vu avec un autre amant Les boucles de sa chevelure sont en d’autres mains Tu erres dans le désert ainsi en vain. » Entendant ces paroles, Majnoun s’écria Et en réponse, ce quatrain lui chanta : « L’arbre sans fruit est un signe parmi les signes De lui dépend le remède au mal de Majnoun Entre l’amant et l’Aimée il y a un secret Que pourrait en savoir un pauvre chamelier ? » Extrait de Majnun et Layla
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#1386
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| Extrait de Majnun et Layla Le soir se drape d'un voile bleu au pas silencieux des musulmanes, S'accroche aux fleurs nacrées du jasmin … Et ces fragrances divines, posées à mon coeur me rapprochent de Toi Lorsque l'horizon s'énorgueillit de mauve et d'orangé Entraînant vers demain mes pensées languissantes. Ainsi va mon coeur, ainsi va le monde, Au rythme de l'amour, du désamour. L'humanité s'étreint, se déchire, vit et meurt. Tu es cette étoile solitaire descendue sur mon âme mélancolique, Larme d'humilité, à l'éclat sincère et si beau. Dis-moi Amour, de quoi demain sera-t'il fait, Si l'ombre d'argent à nos cheveux fera la caresse plus douce, Le corps fatigué répondra du même désir, Nos coeurs s'endormiront toujours l'un contre l'autre Si le je t'aime s'illuminera encore au baiser de sucre ? Les dernières lueurs jouent d'arabesques au minaret flamboyant Et je reste là, plantée à l'amour, Vêtue de chaque mot de ma prière, Face à l'océan d'encre jettant rageusement ses paquets d'embruns au visage, Comme pour me rappeler que je ne suis que de passage, Infime devant cette immensité, infime sous la voûte céleste Prête à engloutir, à effacer de ce monde. Le sable m'offre sa couche de grains, m'épouse, J'observe aux cieux, cette étoile solitaire qui a pris mon coeur, Brillant d'un éclat modeste, mais combien rassurant, Tu es celui auquel je pense, celui qui accompagne ma destinée. Le vent apporte le parfum des jasmins jusqu'au rivage désert, La lune dessine sa face ronde cernée de brumes diaphanes …
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#1387
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| La Mort Des Pauvres. Par Par Charle Baudelaire (1821-1867) C'est la mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ; C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre, Et nous donne le coeur de marcher jusqu'au soir ; A travers la tempête, et la neige, et le givre, C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ; C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre, Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir ; C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques Le sommeil et le don des rêves extatiques, Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ; C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique, C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique, C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus
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#1388
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| Khalil Gibran La mort Puis Almitra parla, disant : Nous voudrions vous interroger au sujet de la Mort. Et il répondit : Vous voudriez connaître les secrets de la mort. Mais comment le trouverez-vous sinon en cherchant au cœur même de la vie ? Le hibou dont les yeux perçant la nuit sont aveugles le jour, ne peut révéler le mystère de la lumière. Et si vous voulez vraiment apercevoir l'esprit de la mort, ouvrez grand votre cœur dans le corps de la vie. Car la vie et la mort sont une, de même que le fleuve et l'océan sont un. Dans les profondeurs de vos espoirs et de vos désirs, réside votre silencieuse connaissance de l'au-delà ; Et comme des graines rêvant sous la neige, votre cœur rêve du printemps. Ayez confiance dans les rêves, car en eux est cachée la porte de l'éternité. Votre peur de la mort n'est autre que le frémissement du berger, alors qu'il se tient devant le roi dont la main va se poser sur lui pour l'honorer. Le berger n'est-il pas ravi, malgré son tremblement, de porter la marque du roi ? Pourtant, n'est-il pas plus conscient encore de son tremblement ? Car qu'est-ce que mourir, si ce n'est être debout, nu, face au vent et fondre dans le soleil ? Et qu'est-ce que cesser de respirer sinon libérer le souffle de ses marées tempétueuses, afin qu'il s'élève et se dilate et recherche Dieu sans entraves ? C'est seulement quand vous aurez bu à la rivière du silence que vous chanterez vraiment. Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez votre ascension. Et quand la terre réclamera vos membres, alors vous danserez vraiment.
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#1389
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| mon passage preferé du "Prophète": Lorsque vous êtes joyeux, sondez votre coeur, et vous découvrirez que ce qui vous donne de la joie n'est autre que ce qui causait votre tristesse. Lorsque vous êtes triste, examinez de nouveau votre coeur. Vous verrez qu'en vérité vous pleurez sur ce qui fit vos délices. Certains parmi vous disent : La joie est plus grande que la tristesse", et d'autres disent: "Non, c'est la tristesse qui est la plus grande. Moi je vous dit qu'elles sont inséparables. Elles viennent ensemble, et si l'une est assise avec vous, à votre table, rappelez-vous que l'autre est endormie sur votre lit.
__________________ "Le plaisir peut s'appuyer sur l'illusion, mais le bonheur repose sur la réalité" |
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#1390
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