Ahmed Boukhari dresse une liste de 123 anciens "tortionnaires" L'ancien agent marocain Ahmed Boukhari a établi une liste de 123 "tortionnaires" des années de plomb (1960-1980), indique lundi Al Ahdath Al Maghribia, sans toutefois publier leurs noms.
"La liste que j'ai établie, avec la conscience tranquille, en février 2004, compte 123 tortionnaires de différents grades et services, sachant que la liste réelle, complète et définitive doit comporter environ 200 noms", écrit notamment M. Boukhari dans ce nouveau témoignage.
L'ancien agent secret avait déjà fait, en 2001, des révélations explosives à la presse sur la disparition de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka à Paris en 1965.
M. Boukhari brosse un tableau noir des pratiques de la Brigade nationale de police judiciaire, affirmant que la torture était "largement dominante dans tous les services" de cette police à l'époque de la répression contre la gauche et l'extrême gauche marocaine.
Ce n'est qu'après "plusieurs années de réflexion et d'hésitation", assure Boukhari, qu'il a pris la décision d'établir cette liste des tortionaires, pour dénoncer des personnes qui ont par la suite "recouru à la politique pour se protéger".
M. Boukhari fait notamment allusion, sans nommer la personne visée, aux "provocations et déclarations mensongères d'un ex-tortionnaire de la police judiciaire, devenu aujourd'hui homme politique sans vergogne".
L'ancien agent secret affirme également vouloir aider l'instance "Equité et réconciliation", récemment mise en place pour enquêter sur les violations des droits de l'Homme perpétrées lors des années de plomb au Maroc.
Al Ahdath Al Maghribia, proche de l'Union socialiste des forces populaires (USFP, gouvernemental), ne reprend pas à son compte les affirmations de M. Boukhari tout en estimant qu'il ne faudrait pas "les prendre pour de simples allégations dénuées de tout fondement".
AFP |