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| Le Maroc et l'Espagne se sont installés samedi dans une nouvelle crise diplomatique, après le refus réitéré de Rabat de retirer les militaires installés depuis jeudi sur l'îlot Leila (ou du Persil) malgré les injonctions de Madrid. La mise en place d'un "poste de surveillance" sur cet îlot rocheux proche de la côte méditerranéenne du Maroc est perçue par Madrid comme une "rupture unilatérale" d'un accord prévoyant que la petite île, située à quelques encablures de l'enclave espagnole de Ceuta, demeurerait démilitarisée. La Commission européenne a été plus catégorique en affirmant que la présence des Marocains sur ce rocher inhabité, d'une superficie de 13,5 hectares, constitue une "violation de l'intégrité territoriale espagnole". Ce "problème" risque d'avoir "des implications dommageables" sur les relations UE-Maroc, a-t-elle estimé. Le président de la Commission, Romano Prodi, a de son côté eu un entretien téléphonique avec le Premier ministre marocain, Abderrahmane Youssoufi, pour lui faire part de la "préoccupation européenne". Selon des sources proches de la Commission, le Maroc s'est engagé à éviter "toute dramatisation" et "à agir en vue d'une solution très rapide". L'initiative marocaine est intervenue au moment où le roi Mohammed VI préparait la célébration officielle de son mariage à Rabat. Aucune personnalité gouvernementale de Madrid ou membre de la famille royale espagnole n'a été aperçu sur les tribunes réservées aux invités. Le Maroc a réaffirmé samedi, par la voix du porte-parole du gouvernement Mohammed Achaâri, qu'il considère Leila comme étant "placée sous sa souveraineté" et que les patrouilleurs espagnols envoyés autour de l'îlot "violent la souveraineté marocaine". M. Achaâri, auquel l'agence marocaine MAP a le même jour donné un écho officiel, a assuré dans une interview à un quotidien madrilène que son pays a voulu utiliser l'îlot "pour lutter plus efficacement contre le trafic d'émigrants et le terrorisme". Si ce responsable marocain a tenu à assurer que l'Espagne demeure "un pays ami du Maroc", il n'a voulu donner aucun signal de révision de la position de son pays, appelant même l'Espagne à "retirer ses troupes des eaux territoriales du Maroc". Avant d'entreprendre d'éventuelles actions diplomatiques, juridiques, ou militaires, le gouvernement espagnol mise actuellement sur la diplomatie. Il espère recevoir rapidement une réponse officielle du gouvernement marocain à la note verbale dans laquelle il lui a demandé de "rétablir le statu quo actuel" sur l'île du Persil. Les autorités marocaines doivent comprendre que cet incident "est incompatible avec un traité d'amitié", a dit à la presse la nouvelle ministre espagnole des Affaires étrangères, Ana de Palacio. Parallèlement, Madrid a entrepris de renforcer au cours des dernières heures, les petites garnisons espagnoles permanentes, généralement de 30 à 50 hommes, installées sur quelques îles sous souveraineté espagnole, le long des côtes marocaines: les îles Chaffarines, le Penon de Al-Hoceima et le Penon de Velez de la Gomera. L'importance de ces renforts n'a pas été précisée. Le Maroc soutient que l'îlot Leila a été "libéré" en 1956, date de l'indépendance du pays et de la fin du protectorat espagnol sur sa partie nord. Depuis un an, les relations entre Rabat et Madrid passent par des crises successives en raison notamment du conflit sur le sort du Sahara occidental, les positions espagnoles étant jugées par le Maroc favorables aux thèses indépendantistes du Front Polisario. L'émigration clandestine, la pêche et la prospection pétrolière au large des îles Canaries sont d'autres sujets récurrents de discorde entre les deux voisins. |
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| Tags |
| colonisation, espagne, île persil, leila, maroc |
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