7ème art: Panorama du cinéma israélien


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Vieux 29/09/2008, 13h53
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Un article qui m'a paru intéréssant, à lire doucement et sans amalgame

Depuis quelques années, le cinéma israélien brille dans les festivals internationaux et accumule les récompenses. Imaginatif, critique et engagé, ce cinéma porte un regard sans concessions sur l’histoire de son pays et sur l’injustice subie par le peuple palestinien. Florilège des films israéliens les plus marquants de ces dernières années.


Valse avec Bachir

Révélation de la dernière édition du Festival de Cannes, ce film est un véritable objet cinématographique non identifié. Empruntant la forme d’un film d’animation, Valse avec Bachir est également un documentaire qui a nécessité une recherche historique et une série d’entretiens. Le procédé est complètement inédit dans l’histoire du cinéma. Valse avec Bachir revient sur le terrible massacre de Sabra et Chatila : le 16 et 17 septembre 1982, les phalangistes maronites, déterminés à venger l’assassinat de leur chef et président éphémère du Liban, Bachir Gemayel, investissent les camps de réfugiés palestiniens à Beyrouth, massacrent hommes, femmes et enfants, devant les yeux complices des soldats israéliens. Ari Folman, réalisateur de Valse avec Bachir, était à l’époque un jeune soldat du Tsahal au Liban. Le jeune troufion, devenu cinéaste après, a refoulé les images de ce massacre et tenté d’oublier cette partie de l’Histoire, sauf que cette dernière finit toujours par rattraper auteurs et témoins. Dans son film, Ari Folman essaie de reconstituer sa mémoire traumatisée, peuplée de cadavres et de fantômes de guerre. Le choix de l’animation a permis de représenter le monde des rêves qu’un film, dans sa forme classique, ne pourrait rendre. Les seules scènes tirées du monde réel, sont celles, insoutenables, du massacre de Sabra et Chatila. Valse avec Bachir est une œuvre hallucinée et onirique sur l’horreur, la folie meurtrière des hommes et sur la guerre qui les transforme en chiens détraqués. D’ailleurs, la première scène de ce film montre une meute de chiens enragés, qui traversent une ville pour se pointer devant le balcon d’un ancien soldat israélien. The dogs of war, chanson des Pink Floyd, résonne dans la tête à la vue de cette scène, quand ce ne sont pas des réminiscences de Voyage au bout de la nuit, de Céline, qui viennent nous rappeler que la guerre est l’œuvre de “chiens adorant leur rage”.

Les sept jours

Maurice Ohayon est mort, et les membres de sa famille doivent, selon un rite juif, vivre ensemble sept jours de deuil sous le même toit. Ils vont partager tout : la nourriture, l’espace pour dormir, mais aussi les incriminations des uns et des autres, les crises de nerfs et les déchirures familiales. Car on s’étripe toujours mieux en famille. Dans ce magnifique huis clos réalisé par Ronit et Shlomi Elkabetz, la famille est décrite dans sa splendeur et ses tares. Pleurant les larmes de leurs corps dans la première scène de ce film, pour la disparition de Maurice, le frère, le mari et le fils, les membres de cette famille d’origine marocaine se retrouvent après à régler leurs comptes, au sens pécuniaire comme au sens physique de l’expression. La demeure du défunt devient un champ de bataille, où des gifles volent et des noms d’oiseaux en dialecte marocain fusent de partout. La cupidité des uns, la faiblesse des autres, la rancune, l’envie, les sentiments enfuis, font irruption et altèrent cette période de deuil et de recueillement. Une gifle maternelle sur la joue du fils aîné indigne, incapable d’incarner l’autorité nécessaire, met fin à cette récréation chahuteuse d’adultes en manque de figure crainte et aimée. Sélectionné pour l’ouverture de la Semaine de la critique au Festival de Cannes 2008, Les sept jours est un film qui vient consacrer le talent de Ronit Elkabetz, devant comme derrière le caméra.


Beaufort

Ce n’est ni prétentieux ni excessif que de comparer Beaufort aux grands chefs-d’œuvre antimilitaristes, comme Les sentiers de la gloire de Kubrick, Apocalypse Now de Coppola ou La ligne rouge de Terence Malick. Ours d’argent au Festival de Berlin et nominé aux oscars du meilleur film étranger en 2007, Beaufort est un film d’une grande puissance psychologique sur la vie de soldats affrontés à une guerre dont ils ne saisissent pas l’utilité, ni le sens. Dans ce film, le réalisateur Joseph Sedar décrit les derniers jours de la présence israélienne au Liban en 2000, à travers la vie des membres d’une unité militaire israélienne à qui on a confié une mission aussi chaotique qu’inutile : maintenir la présence de l’armée israélienne sur un avant-poste situé dans les ruines de Beaufort, vieille forteresse bâtie par les Croisés. Ce film constitue une charge contre la guerre engagée au Liban au début des années 80, mais c’est également une œuvre sur l’attente et sur le temps figé par l’angoisse et le spectre rôdant de la mort. Les jeunes soldats doivent faire face à une situation absurde, où l’ennemi est invisible. Le retrait est annoncé, mais les ordres insistent à tenir bon. Les interminables tunnels qui traversent la forteresse accentuent l’impression de cloisonnement et de claustrophobie que dégage ce film, réalisé d’une main de maître (la tunnels de la fortresse rappellent furieusement ceux de Stalker, la merveille du réalisateur russe Tarkovski). Adapté du roman éponyme du journaliste et romancier Ron Lesham, Beaufort est une expérience cinématographique dont on ne sort pas comme on y a pénétré.

Les Citronniers

Prix du public au Festival de Berlin 2008, Les citronniers est un film au goût acide voire amer. L’agrume qui symbolise la douceur de vivre méditerranéenne devient synonyme d’amertume et d’existence prématurément arrachée par des mains avides et injustes. Dans ce film, la majestueuse et polymorphe Hyam Abbas incarne le rôle de Salma, veuve palestinienne qui consacre sa vie à une plantation de citronniers, située sur une zone qui sépare Israël des Territoires occupés. L’histoire de Salma et sa mémoire sont indéfectiblement mêlées à ce verger, que parents et aïeuls ont irrigué de leur sueur. Mais cette vie sera bousculée quand Salma va devoir subir un voisin un peu particulier : le ministre de la Défense israélien. Ce dernier est venu installer ses pénates en face du verger et ordonne d’abattre les citronniers de Salma pour des raisons de sécurité. Mais la veuve palestinienne n’est pas du genre à céder face à l’usurpateur, tout puissant ministre soit-il. Elle porte l’affaire devant la plus haute instance judiciaire israélienne, et gagne à sa cause une précieuse alliée : la propre épouse du ministre. Mais comme le rappelle l’avocat de Salma, le happy-end des films américain n’est pas de rigueur dans cette partie du monde. Eran Riklis, réalisateur du film, tisse une jolie et triste fable sur l’ivresse du pouvoir et l’autisme à l’égard des souffrances et des revendications justes et légitimes des plus faibles.


La visite de la fanfare


Le début de ce film donne le ton de ce qui va suivre dans cette comédie : les membres d’une fanfare de la police égyptienne, perdus sur une route israélienne, demandent le chemin du centre culturel arabe de la ville de Petah-tekvah où ils doivent se produire. La patronne du café de la bourgade où ils ont atterri par erreur leur répond : “Ici, il n’y a pas de centre arabe, ni de culture, ni d’arabes, ni d’Israéliens, rien”, et un jeune paumé attablé au café renchérit : “Ici, c’est jahanam”. Sauf que l’enfer annoncé se transformera en un lieu où arabes et Israéliens surmontent leurs a priori, leurs jugements préconçus, pour découvrir des choses qu’ils pourraient avoir et vivre en commun, en l’occurrence l’amour de l’art et de la musique. La visite de la fanfare a eu un succès populaire dans les pays où il a été projeté, sans oublier les brassées de fleurs lancées par les critiques, comme en témoignent le Prix de la critique internationale et le Prix de la jeunesse décrochés au Festival de Cannes 2007. Le succès de ce film repose énormément sur l’excellente prestation de la star israélienne, Ronit Elkabetz, drôle et touchante dans son rôle de Dina, dont la vie sentimentale est à l’image de sa bourgade : vide et délabrée.

Dernière modification par travelers ; 29/09/2008 à 13h56.
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Vieux 29/09/2008, 13h57
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Suite et fin

Désengagement

Amos Gitaï est l’icône incontestable d’un cinéma israélien critique et engagé. Aimé par les uns et honni par d’autres, ses films ne laissent pas indifférent. Dans son dernier film, Désengagement, Gitaï revient sur l’évacuation des colons israéliens de la bande de Gaza en 2005. Un moment de déchirement pour les Israéliens, partagés entre deux camps : ceux qui estiment que cette démarche est nécessaire et juste, et ceux qui considérent que c’est une trahison à Israël. Amos Gitaï adhère dans son film à la première thèse, et va jusqu’à filmer un Palestinien commentant le départ des colons en récitant le fameux poème de Mahmoud Darwich, Passants parmi des paroles passagères.
L’actrice française Juliette Binoche incarne dans ce film le rôle d’Ana, descendante d’une famille de la bourgeoisie provinciale française, qui part à la recherche de sa fille vivant dans une colonie israélienne à Gaza. Ana retrouve sa fille pendant que l’opération d’évacuation des colons battait son plein. En suivant les péripéties de cette quête individuelle, Amos Gitai excelle dans un exercice qu’il affectionne particulièrement : décrire la société israélienne et les clivages qui la traversent à travers les destins d’individus, où la grande Histoire est illustrée par de petites histoires.

Commentaire de l'auteur

Billet. Regrettable boycott

Tandis que le jeune cinéma israélien recueille l’estime critique et l’admiration des spectateurs dans le monde, le public marocain est privé d’accéder à ce cinéma émergent à cause d’un boycott regrettable, voire absurde. Sous prétexte de refuser toute normalisation avec l’Etat hébreu, les défenseurs de ce boycott s’opposent à toute sélection de films israéliens dans les festivals de cinéma organisés au Maroc. On imagine déjà les cris d’orfraie qu’une programmation d’un film israélien dans les salles marocaines ou sur les chaînes nationales pourrait déchaîner. Cette attitude est complètement aberrante et contreproductive. Elle sanctionne d’abord le public marocain en l’empêchant d’accéder à un cinéma d’une grande qualité artistique, qui permet aussi d’acquérir une vision plus nuancée de la société israélienne et des clivages culturels et politiques qui la traversent. Elle sanctionne également ces cinéastes israéliens engagés et très critiques à l’égard de la politique de leur gouvernement. Des réalisateurs comme Amos Gitai, Avi Mograbi, Eran Riklis, Etyan Fox et d’autres, n’ont eu de cesse depuis des années de dénoncer l’injustice subie par le peuple palestinien à travers leurs films. Les charges les plus acerbes contre la politique de la colonisation, l’humiliation des Palestiniens par les militaires israéliens, les guerres inutiles menées contre le Liban, ont été formulées dans les œuvres de ces cinéastes. Opposer une fin de non recevoir à ce cinéma critique et pamphlétaire serait un énorme service rendu aux détracteurs de ces artistes. Les tenants du boycott des œuvres artistiques israéliennes doivent s’inspirer plutôt de l’initiative intelligente et courageuse de l’intellectuel palestinien Edward Saïd et le maestro israélien Daniel Barenboïm. Ces deux hommes ont crée un orchestre symphonique composé de jeunes instrumentistes israéliens et arabes qui jouent depuis des années ensemble. Cet orchestre s’est produit à Ramallah en 2005, et Daniel Barenboïm a demandé et reçu la nationalité palestinienne. Nos boycotteurs marocains seraient-ils donc plus palestiniens que les Palestiniens eux-mêmes ?




Telquel

Dernière modification par nancy3ajram ; 29/09/2008 à 17h26.
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Vieux 29/09/2008, 13h59
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http://www.telquel-online.com/338/images/cinema.pdf
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  #4  
Vieux 29/09/2008, 17h22
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Tiens je parlais justement de "Valse avec Bachir" sur le topic films, quelle coincidence!!!

Parmi ce florilège je salue particluièrement "La visite de la fanfare", mon coup de coeur perso. Je regrette aussi de ne pas avoir pu voir "les sept jours".
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Vieux 29/09/2008, 17h25
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tous ces films, nos amis cinephiles en ont parlé dans le topic cinema...

j'en ai vu aucun
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  #6  
Vieux 29/09/2008, 17h28
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Citation:
Envoyé par Zaza Voir le message
tous ces films, nos amis cinephiles en ont parlé dans le topic cinema...

j'en ai vu aucun : (
Mon avis sur un que j'ai regardé hier

http://www.bladi.net/forum/4838172-post3163.html

Je suis tenté de profiter de la situation pour te dite "mouti bessem" mais je ne vais pas le faire mais avoue que ça serait justice, pour le nombre de tortures que tu m'infliges
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  #7  
Vieux 29/09/2008, 17h36
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Citation:
Envoyé par ilioucha Voir le message
Mon avis sur un que j'ai regardé hier

http://www.bladi.net/forum/4838172-post3163.html

Je suis tenté de profiter de la situation pour te dite "mouti bessem" mais je ne vais pas le faire , mais avoue que ça serait justice, pour le nombre de tortures que tu m'infliges
mdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr
j'allais t'en affliger une autre, mais b9iti fiya alors je dis rien !!

besaha w raha le film, je regarderai le lien tout a lheure,
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  #8  
Vieux 29/09/2008, 18h30
Avatar de ilioucha
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Par défaut Re : 7ème art: Panorama du cinéma israélien

Voici la valse utilisée pour la terrible danse de la mort avec Bachir, une des plus belles de Chopin (la BO de Valse avec Bachir est magnifique)

http://fr.youtube.com/watch?v=ukndMAyinDA
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  #9  
Vieux 29/09/2008, 20h24
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Par défaut Re : 7ème art: Panorama du cinéma israélien

Citation:
Envoyé par Zaza Voir le message
tous ces films, nos amis cinephiles en ont parlé dans le topic cinema...

j'en ai vu aucun
3la kaddaba

j'ai vu "7 jours" à paris, comment j'ai pu l'oublier alors que j'ai payé 9 euros l'entrée

pour quelqun qui paie 15 dh au bled, ça fait cher la place !!!!

le film, j'ai adoré !!!!!!! j'ai adoré l'accent

dites, ne risque t on pas quelques coups de fouet parcequ'on regarde des films israeliens, et pire qu'on ecrit des articles dessus ???????????????
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  #10  
Vieux 30/09/2008, 08h02
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Par défaut Re : 7ème art: Panorama du cinéma israélien

Citation:
Envoyé par Zaza Voir le message
dites, ne risque t on pas quelques coups de fouet parcequ'on regarde des films israeliens, et pire qu'on ecrit des articles dessus ???????????????
On est un forum libre qui respecte la charte de l'ONU et des droits de l'homme,

Nile TV diffuse on hébreux alors le boycott culturel comme l'a dit notre journaliste pour reprendre ces mots est regrettable
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