L'enfer a la maison


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Vieux 24/03/2004, 11h33
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Histoire d'une jeune marocaine ayant découvert l'enfer chez ses parents :

Je suis née à Rabat dans un quartier calme et fleuri. Un quartier où toutes les familles sont unies et se comportent comme de belles images de bonheur. Mes parents n'ont jamais été très riches, ni modestes d'ailleurs. Disons qu'ils ont toujours fait l'impossible pour qu'on ne manque de rien.

Nous sommes une famille de six enfants, trois garçons et trois filles. Je suis l'avant-dernière. Ce n'est pas vraiment une bonne place dans la lignée, comme si entre les grands et le tout dernier, l'on était invisible. C'était une famille moyenne, normale, traditionnelle où les parents doivent être obéis sans discussion, où les filles aident la mère à faire le ménage, où l'intimité sous toutes ses formes possibles n'existe pas. Une famille marocaine comme il y en a tant. Je n'ai pas de souvenir précis de ma toute petite enfance sauf celui-ci, peut-être, où dès l'âge de deux ans, je souffre d'un problème respiratoire. Mes parents pensent qu'il s'agit de l'asthme. Je suis élevée dans le calme avec col roulé pour ne pas prendre froid jusqu'à ce qu'un médecin me prenne en charge et me guérisse définitivement. Sinon, je joue avec mes poupées, je dessine, je ris comme n'importe quelle petite fille de mon âge. Tout a basculé à l'âge de quatre ans. Une nuit, le cauchemar a lieu avec le frère de l'amie intime de ma mère qui dormait à la maison. Sous prétexte qu'il n'y avait pas de place et que nous devions dormir ensemble, il en profite pour me violer. Je me souviens de la pénétration, de la douleur et du silence. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Le lendemain, j'en ai parlé à ma mère qui m'a immédiatement grondée. Qui a refusé totalement de voir la vérité en face. Pire. Je me souviens qu'elle me parlait méchamment avec des mots dont je ne comprenais pas le sens. Toute ma famille a été mise au courant et, en même temps, je ne devais plus jamais en parler.

Depuis ce jour-là, je me souviens que tout s'est resserré autour de moi. Ma mère ne cessait de me poursuivre en me disant : “Ne sors pas toute seule, ne rentre pas chez les voisins, ne joue pas loin de la maison, etc”. Avec le recul, je me dis que c'était bien de me protéger ainsi. Ça l'était moins de ne pas me donner d'explications. J'avais alors l'impression d'être un petit animal qui ne faisait que des bêtises, que l'on rabrouait sans cesse. Comme si j'avais commis l'irréparable faute. C'était une ambiance étrange car je sentais que j'avais fait une grosse bêtise, mais je ne savais pas laquelle. Personne ne m'en parlait et je n'en parlais pas. Et pourtant, “c'était là”… Les grands et les adultes ne s'occupaient plus de moi ; j'étais mise à l'écart.

À l'âge de six ans, “ça” a recommencé. Un matin très tôt pendant que tout le monde dormait encore, je me rendais aux toilettes ; une voix m'a alors appelée et m'a dit : “Viens ici, viens ici”. C'était un ami de mon père qui dormait chez nous, cette nuit-là. Cela me semblait bizarre puisqu'aucun adulte ne m'adressait plus la parole dans la maison. J'étais réticente à avancer vers lui et il m'a alors tirée par le bras, m'a bloquée sous lui et m'a violée. Je voulais crier, hurler, demander de l'aide à mes parents, mais j'avais peur, très peur de la réaction de ma mère. J'ai gardé le silence.

Mais depuis ce jour-là, je n'ai absolument plus salué quelconque invité de la maison. J'ai commencé à vivre de façon différente des autres enfants. À l'écart. Toujours en silence. J'avais quelques copines-filles, mais je fuyais comme la peste tous les garçons. Faut-il vous préciser que je n'avais aucune communication avec mon père. Ni moi, ni mes frères et sœurs. Il était une figure lointaine, à respecter et à obéir sans l'ombre d'une discussion. Près de lui, tout semblait comme “hchouma”. Lui raconter mes déboires était tout simplement inconcevable.

En cours élémentaire, j'ai trouvé mon refuge dans l'école. Dans mes cahiers, mes enseignants et mes copines. Je travaillais sérieusement et cela me réussissait sur le plan des résultats scolaires. Je sentais au fond de moi que je devais m'accrocher à cette branche de l'école afin de ne jamais en être expulsée. C'était le seul univers dans lequel je me sentais à l'aise. j'aimerais vous dire que mon histoire s'arrête ici, que les années se sont déroulées sans drame et que, finalement, la vie l'a emporté sur des débuts difficiles. Mais le pire semble infini. Mon frère aîné a profité de mon silence pour me harceler sexuellement et cela, durant des années. Notre maison n'était pas grande et nous, enfants, dormions tous dans une même pièce. Cette promiscuité lui a grandement facilité les choses. Aujourd'hui, je sais qu'il a pris le relais en toute impunité et en toute sécurité. À ses yeux comme ceux de ma famille, je devais déjà lui apparaître comme une petite fille perdue, un objet dont on pouvait se servir comme un mouchoir jetable.

En commençant à grandir, j'ai commencé à comprendre que ce qui se passait n'était pas normal. Je me sentais seule et sans protection au cœur de ma famille. Être obligée de revenir, chaque soir, dans cette maison était une hantise. La venue de la nuit nécessitait toute une organisation de ruse pour esquiver mon frère. Je changeais de place avec l'un de mes frères ou sœur, je faisais semblant d'être malade, je travaillais mes devoirs plus qu'il ne le fallait, etc. Mais certains soirs, ma mère me plaçait près de lui lorsqu'il y avait des invités et que la place manquait. J'avais l'impression qu'elle le faisait exprès. Je suis persuadée qu'elle le faisait exprès.

Ce n'est pas possible d'agir ainsi systématiquement. Je ne comprends pas que ma mère n'ait jamais cherché à me protéger des contacts avec les hommes dans l'intérieur de la maison. Jamais. En revanche, elle est devenue une vraie policière sur mes allers et venues à l'extérieur comme si j'étais une débauchée. Alors que la débauche, c'était sous son toit et qu'elle a toujours fait comme si de rien n'était.

Quand j'ai eu dix ans, mon frère a trouvé un travail dans une autre ville. Toute la famille pleurait car il allait nous quitter pour s'installer seul. Moi, je cachais ma joie, cette grande joie, ce soulagement intense devant ce départ inespéré. Le cauchemar allait prendre fin et je ne ressentais que cela. Cependant, les années qui ont suivi n'ont pas été si simples. Ma mère, avec qui je n'avais toujours pas parlé des viols de ces années précédentes, me rappelait le viol, le premier, celui de ma petite enfance pour m'humilier. Je me sentais prisonnière de mon passé. Déshonorée, sale, j'avais honte de moi. Je me sentais enfermée dans mon silence. Il ne me venait même pas l'idée d'en parler à personne. C'est moi qui étais une moins que rien et le monde entier m'aurait davantage exclue s'il savait. L'inceste est dur à vivre partout dans le monde, mais c'est encore pire chez nous puisqu'on entend dire que cela n'existe pas dans notre culture. L'inceste, c'est pour les autres. Toujours.

Mon adolescence a été celle d'une jeune fille timide, coincée, terrorisée par le simple fait qu'un garçon m'adresse la parole. J'avais cette impression qu'il allait deviner ce que j'avais subi et qu'il en profiterait pour se jeter sur moi. J'ai grandi cahin-caha en obtenant des diplômes qui m'ont permis de décrocher un poste de fonctionnaire à La Santé Publique. Aujourd'hui, j'ai 31 ans et je n'ai jamais eu de relation avec un garçon. Même pas amicale. Je suis toujours sur mes gardes avec eux. A chaque fois que l'un d'entre eux tente de m'approcher, je l'attaque férocement dès les premières minutes.

Cette année, quelque chose a changé doucement. J'ai remarqué quelqu'un. Il a l'air gentil et doux. De loin. Il m'a fait comprendre par personnes interposées qu'il souhaitait demander ma main à mes parents. Au fond de moi, j'ai peur qu'il ne s'agisse d'une ruse pour profiter de moi. Et même si tel n'est pas le cas, me regardera-t-il de la même manière si je lui raconte ce qui m'est arrivé ? C'est impossible, n'est-ce pas ? Sans oublier le fait que je ne suis plus vierge. Bien sûr, j'ai souvent pensé à consulter un gynécologue ou un psychiatre. Mais c'est tellement plus facile à dire qu'à faire. Je ne m'imagine pas prononcer les paroles de mon histoire. Les écrire ici me soulage car il me suffit de savoir qu'il y a plusieurs personnes qui vont partager mon histoire. Aujourd'hui, je me pose souvent des questions qui reviennent en boucle : est-ce que je peux vivre en paix si je me marie à l'homme que j'ai aimé ? Est-ce que ma famille oubliera un jour que j'ai été violée ? Est-ce que je pourrai vivre normalement une vie de couple ? Est-ce que je pourrais fonder une famille ? Est-ce que j'oublierai tout ce cauchemar ? Je me sens tellement démunie.
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  #2  
Vieux 24/03/2004, 11h52
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C'est ton histoire ??????

Allah i 'awnek ma soeur.

:-( :-( :-(
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  #3  
Vieux 24/03/2004, 11h58
Avatar de jamilla
jam
 
Date d'inscription: mai 2003
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c dur ce ki t arrivé
inch'allah ke du bonheur pour la suite :-)
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  #4  
Vieux 24/03/2004, 12h01
Avatar de Arganita
 
Date d'inscription: décembre 2003
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:rose: amour & joie pr Demain
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  #5  
Vieux 24/03/2004, 12h01
Avatar de dayda
 
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enfer de vrai!!! :cry:

c est une sad story je sais pas si elle est vrai ou non mais j espere k elle n est pas! un enfant violé dès son jeune age c est dûr de vivre avec surtout ke sa famille ne lui porte pas d aide!
maintenant k elle est grande je crois vaut mieux voir un psychologue et parler à l homme ki l a choisit de tout pour batir sa vie à nouveau loins des cauchemars de son enfance...
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  #6  
Vieux 24/03/2004, 12h22
 
Date d'inscription: février 2004
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franchement mysteriouus du fond du coeur ke cette histoire n'est pas réelle...sionon ke te dirai je ...je partage ta haine pour le monde entier, je partage ta souffrance, je partage ton dégoût d'une culture ke fais de ce désastre un tabou et je compatis très fortement...
chère soeur mnt ke t'as muri ke t'as une situation "stable" moi ce ke je conseille c de parler à ta mère comme ça tu soulageras ton sentiment de culpabilité mme si ça ne sert à rien mais je suis sur ke tu portes lourdement ce fardeau...ach ghadi ngoullik allah yakhoud al7a9e de ces inhumains et de ce tt ce ki t'ont fait subir..vis ta vie et cherches le bonheur car tu le mérites...vraiment :-)
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  #7  
Vieux 24/03/2004, 12h26
Avatar de Mysteriouss
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Date d'inscription: août 2003
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:-o :-o :-o Excusez moi les mis, ce n'est pas une hostoire qui m'est arrivé Allah Ister (d'abord je suis un Mec, pour info), c'est une histoire qui m'a choqué sur un autre site et que je vous fait partagé!!!!!

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  #8  
Vieux 24/03/2004, 12h31
 
Date d'inscription: février 2004
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iwa al 7amdou lillah 3la slamtek...ou khellitini assa7ebi tneche3are ou kan3awed :-D non sérieux ça me fait vraimenet de la peine et tantalbou men 3ande allah assetera ou khelasse
hada makane
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  #9  
Vieux 24/03/2004, 12h32
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Désolé khoya :roll: :roll: :roll: :roll:
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  #10  
Vieux 24/03/2004, 12h33
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Date d'inscription: juin 2003
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meskina :cry: :cry: :cry: :cry:
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